31.05.2011

* SUMATRA (Indonésie)

SUMATRA (Indonésie), impitoyablement vert

 

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En patrouille

Sur les traces d’une créature mystérieuse et discrète : le rhinocéros de Sumatra, poilu et bicorne qui, comme son voisin le rhinocéros de Java, a préféré l’inextricable et luxuriante forêt tropicale aux savanes africaines ou indiennes.

Si les premières descriptions des rhinocéros datent du XVIe siècle, il fallut attendre la toute fin du XVIIIe pour que le monde occidental fasse la connaissance du plus petit d’entre eux, le rhinocéros de Sumatra, le plus proche cousin du rhinocéros laineux préhistorique.

Après une première nuit à la belle étoile, telles des taupes, dix kilomètres de marche intensive sous une chaleur écrasante. Aucune trace de rhino, juste le chant des siamangs et une armée de sangsues, pompes à globules.

 

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Au cœur de la jungle

Après quelques kilomètres, voici les premières traces. Ces empreintes mènent à une petite baignoire creusée dans la terre boueuse où les rhino aiment patauger durant les plus chaudes heures de la journée. Tout autour, dans les crottoirs, des scarabées éponymes se roulent des petites billes de matière fécale en guise de garde-manger pour leur future progéniture. Le rhino est plutôt solitaire, à l’exception de la période des parades et des chaleurs de ces dames. En remontant le fleuve, niché dans une petite enclave du parc national, voici le sanctuaire des rhinocéros de Sumatra. Dans la nature, il ne subsiste que 100 à 250 rhinocéros de Sumatra sur l’île du même nom et 125 à 150 individus répartis entre Bornéo et la péninsule malaise. Ce dernier ne se reproduit pas, ou si peu, en captivité et la diversité génétique interindividuelle est si faible que son avenir est compromis sans d’importantes mesures de protection.

 

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le tigre de Sumatra

 

Chaque matin, les rhinos engloutissent littéralement leur repas fait de fruits, de lianes et de branches feuillues sélectionnées avec soin parmi les 100 à 150 espèces de plantes. Ils sont très agiles et peuvent courir très vite, même en forêt tropicale. Leurs cornes ainsi que le cartilage coriace recouvrant tête et museau fonctionnent comme un bélier et ils peuvent ainsi aisément se frayer un chemin à grande vitesse dans la végétation sans se blesser, façonnant tout un réseau de tunnels chlorophylliens dans le sous-bois.

Plongée en chlorophylle profonde

Voici la chaîne montagneuse des Barisan, qui ourle toute la côte ouest de Sumatra de son relief accidenté. Dans ces 356.800 hectares de forêt tropicale ombrophile encore intacte ou presque, vit la plus grande population de rhinocéros sauvages de l’île. La déforestation n’a pas encore atteint le cœur de la zone qui, du fait du relief, est trop difficilement accessible aux camions et autres bulldozers. Des diptérocarpes, aux racines contreforts éléphantesques forment les piliers de cet édifice végétal.

 

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diptérocarpes

 

Ces forêts regorgent de merveilles et de bizarreries. Bien moins médiatiques que la forêt amazonienne, elles n’en sont pas moins étonnantes et fascinantes. Et la vision rare de deux rafflésies renforce cette certitude ! Lovées dans la courbe d’une liane de Tetrastigma qu’elles parasitent sans complexe, les deux énormes corolles couleur rouge sang s’exposent. La Rafflesia arnoldii détient le record de la plus grosse fleur du monde et ne vit qu’ici, à Sumatra, dont les forêts abritent également six autres espèces de cet étrange végétal. Point de feuilles ni de tiges pour cette excentrique, mais juste un amas filandreux fixé sur la liane qui, au terme de deux années environ, va former une pustule brun rouge qui ne s’épanouira qu’au bout d’une vingtaine de mois.

Sur une ceinture de feu

Sur des minuscules sentiers serpentant dans les hautes herbes, on aperçoit des serpentins de fumée. Et là, au milieu des champs et des rizières, émergeant soudain d’un nuage de vapeur, un paysage féerique. Une immense terrasse de silice, ponctuée de bassins d’eau bouillonnante et de mini-geysers. C’est un véritable arc-en-ciel de couleurs, du rouge sang au jaune soufré en passant par le vert oxydé et l’orange cuivré. Ces marmites bouillonnantes et autres eaux brûlantes témoignent de l’intense activité volcanique de Sumatra.

Rencontre avec les grands singes roux

Après cette escale au centre de la chaîne des Barisan, voici le parc national de Gunung Leuser.

 

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Gunung Leuser

 

En forme de papillon ouvrant ses ailes sur les deux provinces du nord de l’île, il abrite au sein de ses 10.000 km2, une biodiversité surprenante.

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la chaîne des Barisan

L’un des hôtes de ces forêts n’est autre que l’orang-outan de Sumatra, érigé, depuis peu, en espèce à part entière par les scientifiques. Il diffère notamment de ses cousins de Bornéo par un pelage façon dreadlock, plus roux, plus dense et long, un visage plus allongé et une allure globalement plus gracile.  Les ressources dans un périmètre donné sont trop faibles pour que se regroupent ces grands singes de 40 à 80 kilos, essentiellement frugivores.

 

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rizière

 

Un joyau en péril

C’est l’avenir de ces dernières forêts tropicales. L’empreinte destructrice de l’homme se fait sentir. Monocultures de palmier à huile, d’hévéa, exploitation illégale de bois, construction de routes scindant les parcs nationaux et petits fragments isolés, trafic de faune … Rien n’est épargné, et c’est un véritable cancer qui ronge les dernières sylves ombrophiles de Sumatra et de l’Indonésie de manière générale.

Près de 75 % de la couverture forestière du pays a déjà été perdue, rasée, brûlée, sacrifiée, assassinée ! Ce fut d’abord l’exploitation du bois et l’industrie de contreplaqué, gérée par une véritable mafia qui s’attaqua aux forêts du pays puis aux parcs nationaux lorsque les essences précieuses vinrent à manquer ailleurs.

On ajoutera l’industrie de la pâte à papier et celle de l’huile de palme.

 

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Sumatra est la plus grande île d’Indonésie et compte parmi les cinq plus grandes du monde, sa capitale est Medan. L’île est riche en matières premières telles que le pétrole, le gaz, l’étain et le charbon et l’on y trouve des plantations de café, thé, caoutchouc et palmiers à huile.

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Medan City

 

25.05.2011

* LE CHARME DES MEDINAS (Tunisie)

Pendant les mois d’hiver, si les plages de Tunisie sont quasi désertes, les médinas, elles, bruissent de vie et d’authenticité.

 

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la Médina à Tunis

 

La température affiche un agréable 15°C, mais les habitants de Tunis, la capitale de la Tunisie sont bien emmitouflés. Sur la large avenue Habib Bourguiba, en plein centre, on n’imagine pas être en Afrique du Nord. Les élégants bâtiments modernes ou coloniaux abritent des hôtels, des bars avec terrasse, des cinémas ou des théâtres. On y trouve aussi une église, la cathédrale Saint-Vincent de Paul. Car il y a aussi des Tunisiens chrétiens, même s’il s’agit d’une minorité.

Au bout de l’artère, l’ancienne porte, vestige des remparts de Tunis, marque l’entrée de la médina. En Afrique du Nord, elle désigne le cœur même de la cité, l’endroit où s’élèvent les plus beaux bâtiments historiques. C’est là aussi que se cache le souk, l’énorme marché traditionnel et son labyrinthe de ruelles.

 

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Les Arabes ont bâti leurs médinas de manière à ce que les ennemis éventuels s’y égarent. La plupart des échoppes se serrent autour de la grande mosquée El Zitouna. Les échoppes multicolores des parfumeurs, des marchands d’étoffes, des orfèvres et des maroquiniers sont un véritable enchantement pour les sens.

 

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mosquée El Zitouna à Tunis

 

Une restauration de grande envergure

Depuis 1979, la médina de Tunis est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. Des travaux de restauration sont en cours depuis plus de vingt ans. La médina a été longtemps à l’abandon et ses habitants la quittaient en masse.

Cap au sud

Si la médina de Tunis est une des plus belles du monde, celle d’Hammamet est également très belle. Elle s’étend sur une langue de terre où se dresse un fort qui domine la mer. Plus au sud, Sousse, la ville blanche, est une autre destination bien connue des amateurs de soleil et de plages. La médina s’adresse à l’évidence plus aux touristes qu’aux locaux mais on peut y goûter la vie locale dans tout son charme exubérant.

 

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 médina d'Hammamet

Kairouan, première ville sainte du Maghreb fondée au VIIe siècle, est située à l’intérieur du pays, ce qui lui a permis de préserver son atmosphère arabe. La casbah de la ville, cernée d’enceintes abrite désormais un hôtel de luxe. La mosquée, la plus grande de Tunisie, est digne d’un conte des mille et une nuits.

 

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Kairouan

 

Un village d’artistes

Sidi Bou Saïd, le village le plus pittoresque de Tunisie, s’élève sur une colline au-dessus de la mer. Avec ses maisons aux murs immaculés et aux portes bleu vif, il attire les artistes du monde entier. Non loin de là, se dressent les ruines de Carthage. Il ne subsiste qu’un amphithéâtre romain et les anciens thermes, mais avec un peu d’imagination, on se représente sans peine Hannibal et ses troupes prendre d’assaut cette baie éblouissante, bien déterminés à donner une leçon aux Romains …

 

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Sidi Bou Saïd

 

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le bleu tunisien

 

 

 

22.05.2011

* ETHIOPIE, terre brûlée

Perchée à 2000 mètres d’altitude, Mekele est la capitale de la région du Tigray.

Le territoire afar couvre plus de 150.000 km2, du nord de l’Ethiopie au centre de l’Erythrée, jusqu’à Djibouti à l’est.

 

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Mekele

 

Au cœur du désert de Danakil, le volcan Erta Ale fait bouillonner ses flots de lave et les montagnes de soufre du Dallol offrent les paysages les plus diaboliques de la planète. Cette région d’Afrique orientale est façonnée par la géothermie.

C’est d’abord une fantastique lueur rouge qui embrase la nuit sans lune à plusieurs kilomètres à la ronde. Ce sont ensuite des relents de soufre, poussés par les tourbillons de vent chaud, qui irritent les yeux et la gorge. On avance prudemment, à la frontale, sur d’anciennes coulées de lave qui cèdent parfois sous nos pas. Les crêtes dentelées de la caldeira du volcan se découpent sur des parois rouge sang. Une centaine de mètres plus bas, c’est le ressac de l’Enfer qui vient battre les falaises en Technicolor… Le souffle coupé, on contemple le spectacle dantesque du lac de lave en fusion de l’Erta Ale. Des bulles géantes de magma à 1200°C explosent, projetant des fontaines de lave à plusieurs mètres de hauteur.

 

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le volcan Erta

 

Aiguille, cônes et émanations toxiques

Le volcan bouclier de l’Erta Ale, ou « la montagne qui fume » en langue afar, culmine à 613 mètres d’altitude et s’étire sur plus de 50 km au cœur de la dépression Danakil. C’est l’un des volcans les plus difficiles d’accès sur la planète. Cette région, oubliée du monde, située à 130 mètres au-dessous du niveau de la mer, fascine les géologues et les vulcanologues. L’Erta Ale est l’un des seuls lacs de lave permanents au monde, avec celui du Nyiragongo en République démocratique du Congo, le mont Erebus en Antarctique, le Villarica au Chili et le Kilauea à Hawaii.

Né d’un point chaud, zone fixe de remontée de magma profond, l’Erta Ale se trouve à la jonction de trois rifts, là où les deux rides océaniques qui forment la mer Rouge et le golfe d’Aden rencontrent le rift continental est-africain. Pris en étau entre ces gigantesques mâchoires, le territoire afar craque de toutes parts. C’est l’un des rares endroits au monde où l’on peut étudier la formation d’un plancher océanique qui s’épanche d’un à deux centimètres par an. D’ici quelques millions d’années, les géologues prévoient que les eaux de la mer Rouge envahiront le désert de Danakil.

 

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la région du Tigray

 

Seconde étape du voyage, à la poursuite des origines du monde …

Emergeant au cœur des étendues éblouissantes du lac de sel cristallisé de Kraoum, à la frontière de l’Erythrée, le Dallol ou « montagne du diable » offre les paysages les plus diaboliques de la planète, en perpétuelle mutation sous l’effet des forces telluriques. Dans cet ancien cratère, l’eau issue des hauts plateaux éthiopiens, le sel, le soufre, le gypse, les oxydes de fer se mêlent pour cristalliser, en un patchwork de couleurs violentes et d’odeurs irritantes. Des milliers de cônes dressent leurs silhouettes surréalistes. Des vasques aux margelles jaune vif ou rouges enchâssent des eaux de saumure vert émeraude, descendant en gradins. Des jets de vapeur s’échappent de minuscules cheminées. De petits geysers jaillissent dans le silence du désert. Dans ce labyrinthe hallucinant, on découvre les cadavres momifiés d’oiseaux ou même d’un fennec, asphyxié par les émanations.

Retour sur le lac salé de Karoum ou Asalé. Depuis des centaines d’années, les hommes s’aventurent dans ces immensités hostiles pour exploiter le sel laissé par les anciens océans, seul trésor du peuple afar. Seuls êtres humains capables de vivre dans un désert si hostile, les Afars restent prudemment à l’écart du Dallol et des volcans. On raconte qu’ils ne s’approchent pas du sommet de l’Erta Ale car des esprits juchés sur des chevaux volants le protègent !

En août 2007, une éruption sur le flanc nord de l’Erta Ale aurait fait plusieurs victimes, tué des centaines de chameaux et forcé des centaines d’Afars à quitter leurs villages situés au pied du volcan.

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le lac Karoum

 

18.05.2011

* LE DESERT DES GEANTS (Mexique)

La Basse-Californie est constituée d’une péninsule longue de plus de 1300 km de long, cramponnée aux Etats-Unis. Située en bordure de deux plaques tectoniques et à cheval sur la faille de San Andreas, c’est une péninsule à la dérive. La plaque Pacifique, sur laquelle elle est installée, s’éloigne lentement de sa voisine américaine. De ces mouvements sont nés une longue chaîne montagneuse, faisant office d’épine dorsale ourlant la côte est, ainsi que divers volcans comme celui des Trois Vierges.

Non, le monde entier n’est pas un cactus, mais le désert de Vizcaino, l’un des moins arrosés de la planète, si. Un désert étonnant, plein de vie.

 

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Basse-Californie

Un climat rude des habitants doux

La découverte du désert de Vizcaino, en plein cœur de la péninsule en dérive de Basse-Californie, a été une divine surprise, c’est un monde perdu fait d’épines et de géants.

Forêt de cardons, de cactus immenses, une pente sableuse s’enfonçait dans ce paysage et soudain, au détour d’une colline, une petite maison est apparue, un ranch et y habitant, des « cow-boys » de la Basse-Californie, les vaqueros.

Tout, ici, est pétri de paradoxes : à la rudesse du climat s’opposent une sérénité et une douceur humaines sans pareilles et le désert, réputé austère, rime curieusement avec diversité et exubérance, bien loin des paysages dénudés que l’on imagine. Et pourtant, il y a très peu de pluie, moins de 150 millimètres annuels, concentrés sur quelques mois orageux, et les températures tutoient régulièrement le chiffre 50.

 

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Vizcaino

 

Si le désert de Vizcaino appartient au grand ensemble du Sonora, réparti entre deux pays, le sud des Etats-Unis et l’ouest mexicain, il se distingue néanmoins des autres régions par une puissante influence océanique qui vient compenser les températures torrides. Des brumes et brouillards abreuvent une flore foisonnante, dont les plus emblématiques représentants portent le nom de cactus. Cierges, raquettes, boules, rampants ou en touffes, l’isolement de la péninsule de Baja California, une île en devenir, a joué en faveur de l’évolution d’une grande diversité spécifique, couplée à un fort taux d’endémisme : 30 % des plantes ne vivent qu’ici, dont un grand nombre de cactus.

La promesse de l’aube

Dans un paysage baigné de brume, quelques gouttes de rosée se cramponnent aux épines translucides des cactus barbus. Au printemps, lorsque le mercure affiche encore des ambitions modestes, la confection de fromage est quotidienne. Ici vivent une centaine de vaches et quatre taureaux, en totale liberté au sein des 4000 hectares du ranch. L’électricité n’a pas encore traversé les vastes étendues de désert, ni le téléphone et seule une radio sert de lien entre les différents ranchs.

 

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la Péninsule de Baja California

 

Odeurs, sons et images

Le décor est planté, la séance peut commencer. C’est l’entrée en scène du soleil, tout de jaune vêtu, un costume qu’il délaissera deux heures plus tard au profit d’une parure blanche et aveuglante. La première sensation est olfactive. Une symphonie de fragrances se distille dans l’air : odeurs boisées, sucrées et aromatiques. Puis c’est au tour de la faune, dans une cacophonie de cris et de chants, d’entrer en scène et dans nos oreilles. Les oiseaux qui profitent de ce moment pour clamer, du haut des cardons sentinelles, les limites de leurs territoires.

Partout çà vrombit, çà bourdonne. Les abeilles et colibris s’activent, mais au passage leur tête se poudre d’or en frôlant les étamines et ils redistribueront quelques grains de pollen en visitant la fleur suivante.

Le vent, désormais devenu brûlant, s’est chargé des odeurs d’herbes sèches et d’huiles aromatiques exsudées par les fruits violacés des gommiers, de petits arbres tortueux aux troncs succulents, boursouflés par des centaines de litres d’eau.

Survivre dans le désert de la soif

Le vaquero peut attraper une vache les yeux fermés ou presque et, encore plus impressionnant, en pleine course, sur son cheval lancé au galop, tout en zigzaguant entre les cactus.

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Le soleil est désormais proche du zénith et, au pied des cactus géants, droits comme des « i », faisant office de « cardons solaires » les ombres se sont réduites à un mince coup de pinceau à la base du tronc boursouflé. Heureusement, le long des lits de cours d’eau saisonniers poussent des palos verdes, des arbres menus encore couverts de fleurs dorées et des buissons de mesquite, sous lesquels la faune peut s’abriter du soleil cuisant. Plus un seul être vivant ne bouge, à l’image de ces bovins avachis dans la moindre parcelle ombragée.

 

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mesquite

 

Soudain, un mouvement. Comme une flèche, un géocoucou traverse le paysage. Redoutable prédateur, l’oiseau cousin du coucou, parasite européen, est en chasse et gare aux lézards, crotales, jeunes crolins et petits mammifères imprudents ! les choses sont plus compliquées du côté des plantes car le soleil est à la fois un allié indispensable, les approvisionnant en énergie nécessaire à leur croissance, mais également leur pire ennemi car responsable de l’évaporation de l’eau, un autre élément essentiel à leur survie.

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géocoucou

Certains, comme les cardons, formés à 90 % d’eau, peuvent, lorsqu’ils atteignent un âge vénérable et une taille dépassant les 10 mètres, contenir plusieurs tonnes du précieux liquide. Leur structure interne, constituée de côtes rigides en bois indépendantes, fait office d’accordéon et se déplie ou se contracte au gré des pluies.

 

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organ pipe

Le désert s’éveille

Alors que le soleil prend plaisir à paresser en équilibre sur le fil tendu de l’horizon, les étoiles, pressées, commencent à ponctuer le ciel de mille petits éclats. Au sommet des cardons, on peut apercevoir les fleurs entrouvrir leurs pétales ivoire, exhibant, telles de belles impudiques, leurs étamines et pistils.

Des chauves-souris ont décidé de visiter les lieux et commencent à piquer du nez dans les corolles sucrées. Elles sont des maillons essentiels dans le cycle de vie du grand cardon. Lors de leur migration printanière, elles font un arrêt dans le désert de Vizcaino pour se gaver de nectar et, au retour, elles se nourriront des fruits. C’est ainsi que les glossophages, amatrices des fruits du cardon et d’autres cactus comme les organ pipes ou cactus colonnaires, en plus de remplir le rôle de messager de Cupidon, participent à la dispersion des graines.

 

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glossophage

 

Ce grand jeu floral est néanmoins éphémère et chaque fleur ne vivra qu’une petite douzaine d’heures pour laisser place, la nuit suivante, à l’une de ses voisines.

Les cactus barbus, cactus cierges et cactus hérissons ne sont pas en reste et sortent aussi le grand jeu pour séduire les pollinisateurs nocturnes.

Tarentules, scorpions, renards, rats des steppes ou rats kangourous pointent le nez hors de leurs terriers et abris; au détour d’un cardon, deux billes étincelantes nous scrutent. Un coyote. Plus loin, dans le canyon rocheux, ce sont des traces de renard véloce, mais un bruit combien caractéristique nous fait sursauter d’effroi. Un serpent à sonnette. C’est certainement l’un des plus redoutables prédateurs du désert. Le rat des steppes a entendu l’avertissement lancé par ces écailles en anneaux. Il a stoppé net son ménage devant sa maison faite de débris de cactus et s’est engouffré dans cet édifice imposant, construit par ses soins, qu’il a doté de plusieurs sorties de secours.

La lune s’est désormais conviée dans un ciel étoilé d’une beauté époustouflante et poudre les silhouettes des boojums et cardons d’une auréole de lumière blafarde. Les contours d’un hibou juché au sommet de l’un de ces géants se dessinent et sont accompagnés par les glapissements et aboiements aigus d’une famille de coyotes.

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hibou strié

 

05:10 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mexique, désert |  Facebook |

12.05.2011

L'ILE DE GOZO (Malte) - Mon voyage en 2003

GOZO, le cœur vert de Malte

 

A six km de l’île principale de l’archipel maltais, Gozo dévoile un charme tout à fait différent de sa grande sœur. Moins clinquantes, plus pittoresques, ses collines cachent petits villages et domaines agricoles, alors que ses baies sont de véritables paradis pour les plongeurs.

Cette île toute proche contraste en effet, mais la transition se fait en douceur au rythme du ferry qui quitte la presqu’île de Marfa, au nord de Malte. Il faudra 25 minutes pour traverser le bras de mer qui sépare les deux îles. Nous passons au long du troisième bout de terre national. Comino impressionne par son aridité et son aspect désertique. La tour Santa Marija qui la domine renseigne d’une antique présence humaine. Au détour de Cominotto (le rocher détaché de Comino), on devine le Blue Lagoon, minuscule plage de sable mais une eau turquoise merveilleuse où viennent tremper leurs pieds quelques vacanciers.

 

Malte, Gozo

 

Une capitale au sommet

Le petit port de Mgarr est bien visible. C’est le seul accès possible pour les bateaux abordant Gozo. La Tunisie n’est pas loin.  En témoigne le maltais, la langue officielle de l’archipel, dérivé lointain du phénicien. Cultures arabes et italiennes ont fait le reste. Gozo est le nom anglais de l’île. La petite localité portuaire descend d’une colline dominée par deux édifices religieux. La capitale de l’île Victoria, mais pour les gens d’ici elle restera toujours Rabat. La Citadelle domine le paysage, l’imposante structure fortifiée est posée sur le point culminant de l’île. Ancienne cité médiévale, Rabat connaît une deuxième vie avec l’arrivée des chevaliers sur l’ordre de Saint-Jean arrivés sur l’archipel en 1530. Le paysage ressemble à une mosaïque de minuscules parcelles agricoles. Vignes, tomates, oliviers, carrés d’herbe, les couleurs et les textures changent à chaque terrain de quelques mètres carrés.

 

Malte, Gozo

 

Le grenier Maltais

Les cultures s’étendent sur les flancs de la colline. Ici les terres coûtent cher. Il y a très peu d’espace pour relativement beaucoup de personnes. Le fermier inspecte ses oliviers. L’huile que les producteurs en retirent est une des fiertés de Gozo. Avec les fromages de chèvre au poivre et au vin rouge et une succulente pâte sucrée de tomate, elle constitue la base de la cuisine purement méditerranéenne de Malte, très proche de la cuisine italienne. (Nous sommes juste au sud de la Sicile)

 

Malte, Gozo

 

Au gré des millénaires

Que ce soit sur terre ou sous la mer, quand on visite Gozo, on comprend ce qui a retenu Ulysse pendant sept ans. Si la cavité rocheuse est exempte de toute qualité spectaculaire, le promontoire où elle se situe offre une magnifique vue sur Ramla Bay. La plage au sable rouge s’étend autour d’une potelle au blanc étincelant, nouveau témoignage du culte catholique ultra-présent mais qui n’en constitue pas moins l’ultime et sublime image de notre périple au sein du cœur sauvage et typique de Malte.

 

Malte, Gozo

 

13:48 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : malte, gozo |  Facebook |

09.05.2011

* LE PEROU (deuxième partie)

2e partie

Ampoule géante

Il pleut depuis deux jours. Une de ces pluies fines qui vous transperce et vous glace. Dans cette petite vallée nichée à près de 4.400 mètres d’altitude, entourée de pics enneigés et de glaciers, les nuages amazoniens s’accrochent aux sommets, s’y cramponnent, puis épuisés, se répandent en neige et en pluie.

Le Huandoy et ses 6.356 mètres, endolori sous la neige et la glace, lové dans sa couronne de nuages, s’est soudain illuminé, embrasé, comme si une ampoule géante avait été allumée en son sein. Partout la végétation, coussins de valériane, mousses et broméliacées, est cristallisée, emmaillotée dans une fine pellicule glacée, brillant sous la lumière naissance. Les Andes ont rempli leur rôle d’essoreuse de nuages.

 

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le Huandoy

 

Tandis que l’astre solaire assoit sa présence au cœur d’un ciel azuré, les avalanches se succèdent. Dans un bruit assourdissant, des pans de ces glaciers archives sont arrachés par la chaleur radiante de l’étoile en fusion et tombent avec fracas.

D’un monde dominé par la chlorophylle, nous voici au cœur du minéral, entourés de bleus et de blancs. La surface du glacier crisse. Chaque cristal foulé nous conte, dans un crépitement, l’histoire de l’arbre qui l’a vu naître et du nuage qui l’a acheminé jusqu’ici. Du cristal glacé jusqu’au lagon et sa grotte bleutée, de crevasse en crevasse, petit à petit, la glace retourne en eau et l’eau, en Amazonie.

Chorégraphie de colibris

Lovées au pied de la cordillère blanche, juste en dessous de la ligne de neige, s’étendent de vastes prairies, ou punas, d’ichu, touffes d’herbes ondulant sous le vent et formant de magnifiques tableaux abstraits et changeants. Dans ces punas encaissées entre les hauts sommets immaculés, le règne des graminées s’accompagne de sa faune herbivore associée : oies, viscaches et cerfs de Virginie. Suit son lot de prédateurs, parmi lesquels le renard andin et le majestueux condor des Andes.

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ichu

Engluées dans une épaisse brume matinale, d’immenses et longilignes silhouettes s’inscrivent dans un paysage en noir et blanc. Ces sentinelles en ombres chinoises semblent veiller sur la puna. Ce sont des Puya raimondii, plus précisément les hampes florales de cette broméliacée qui, contrairement à la plupart de ses cousines amazoniennes perchées et épiphytes, s’ancrent dans le sol, parsèment la prairie de touffes de feuilles serrées, habillées de milliers d’épines acérées comme des couteaux. L’immense inflorescence a des allures d’escalier en colimaçon dont chacune des marches est ornée d’une hampe florale. Le tout ressemble à un épi de maïs géant doté d’une multitude de petits épis. Une estimation du nombre de fleurs par Puya donne le chiffre étourdissant de 50.000. Cette fleur géante devient le bistrot le plus couru de la puna. Tous les colibris s’y sont donné rendez-vous, irisant les pétales ivoirins de leurs couleurs changeantes au gré des interférences lumineuses. Une floraison féconde, façon chant du cygne pour la plante qui, ses réserves taries, se dessèche et se racornit.

 

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le puya

 

A l’ouest, les sommets enneigés de la cordillère et, à l’est, une succession de volcans, alignés comme des perles sur un collier, parallèle à la côte et aux Andes.

L’érosion, sur le versant ouest des Andes, charrie quantité de sédiments venant s’empiler à la manière d’un mille-feuille sur la plaine qui se soulève avec le reste de la chaîne.

Paysage austère, faune exubérante

Après la luxuriance amazonienne, la glace et les lignes brisées des Andes, en bordure de ce Pacifique, tout est minéral, sable et roches. Le désert en courbes et dunes se brise sur l’océan, les lignes se cassent. Quelques plages couleur chocolat flirtent avec les eaux bleutées, frangées d’une écume crémeuse.

Cependant, dans ce désert extrême, l’austérité du paysage se conjugue avec l’exubérance animale. Punta Coles, aux portes du désert d’Atacama. Cette péninsule semble faire écho aux glaciers andins tant sa blancheur est éclatante. Ce décor blanc, c’est au guano qu’elle le doit, des dizaines de milliers de cormorans de Bougainville et de fous en tout genre semblent vouloir, telle une armée napoléonienne, se mettre en marche en même temps.

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le désert d'Atacama

Vautrés par centaines sur les petites plages, les énormes lions mâles règnent, non sans violence, sur leur harem de femelles.

Dans le ciel dépouillé et immuablement bleuté, les vautours, rejoints parfois par quelques condors délaissant les cimes, rôdent à l’affût de la moindre dépouille.

 

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05.05.2011

* PEROU, mille facettes scintillantes (en deux parties)

1ère partie

Avec près de 1.300.000 kilomètres carrés, le Pérou est le 3e plus grand pays d’Amérique du Sud, après le Brésil et l’Argentine. Lima en est la capitale. De par son relief et la variété climatique et écosystémique en résultant, ce pays abrite une étonnante biodiversité qui prend toute sa dimension en forêt amazonienne.

 

pérou, lima

la cathédrale de Lima

 

Du bassin amazonien à l’océan Pacifique, s’étendent forêts inondées, écrins de verdure luxuriante, pics enneigés au cœur du minéral, steppes battues par les vents ou désert qui tombe à pic dans la mer. Le Pérou est un pays aux mille visages. Et aux myriades d’espèces.

Début du périple au nord-est du Pérou, au beau milieu du bassin amazonien. Dans la réserve de Pacaya Samiria, serpentent les rivières qui formeront l’Amazone et leurs nombreuses lagunes. Les nuages font partie du paysage, ils lui sont même essentiels. Direction Lagunas, petite ville nichée au cœur de la basse Amazonie péruvienne, Amazonie poisseuse et étouffante, mi-enfer, mi-paradis. Ces nuages, poétiquement dénommés « radeaux du vent » sont des voyageurs au long cours, poussés par le souffle des alizés par-delà l’océan Atlantique, d’autres naissent ici, de la respiration d’un océan de chlorophyle. Un immense voile blanc, impénétrable enveloppe le paysage et le fleuve. Aussi vite qu’elle était arrivée, la pluie nous quitte.

pérou, lima

Pacaya Samiria

Forêt inondée

La nuit s’est emparée du fleuve, le couvant auparavant d’un éclatant manteau violet et rose. La réserve de Pacaya Samiria, deux millions d’hectares d’une forêt ancrée à 60 mètres au-dessous du niveau de la mer. Trois bassins fluviaux zigzaguent dans la réserve et dessinent un enchevêtrement de méandres, de bras morts et de cours d’eau, débordant de toutes parts d’octobre à avril, la saison des pluies.

La forêt nous avale, nous digère. Là, un paresseux avachi tourne imperceptiblement la tête dans notre direction. Ici, une cohorte de caciques cul jaune jacasse à tue-tête, tandis que quelques capucins dégustent des fruits sur une branche.

Vue du fleuve Huallaga, l’Amazonie joue la monotonie. Le paysage, immuablement plat, nous plonge dans une lassitude accentuée par l’ambiance de vivarium.

Une tortue matamata exhibe son air hargneux, puis les yeux d’un caïman émergent de la surface de l’eau, des aras s’envolent dans un élan bigarré.  Cette biodiversité puise ses origines dès le milieu du miocène. Environ deux mètres d’eau s’abattent annuellement sur la forêt, avec des records de six mètres sur les versants orientaux des Andes. Poumon de la planète, la forêt ne s’adapte pas à son environnement, elle le fabrique. La canopée, océan de feuilles que l’on peut assimiler à des panneaux solaires miniatures, absorbe la majorité de l’énergie radiative du soleil et consomme du dioxyde de carbone en quantité.

 

pérou, lima

tortue matamata

 

Reflet spectaculaire

Pourtant, si la pluie abreuve la forêt, les sols bénéficient d’une protection essentielle avec la canopée, qui amortit le choc de milliers de petites bombes à eau. Les violentes averses lessivent la couche superficielle du sol, emportant, dans un ruissellement de boue, sels minéraux et autres nutriments indispensables aux végétaux.

Le dauphin rose de l’Amazonie, appelé aussi inie de Geoffroy ou boutou, fait son show. C’est le plus grand des dauphins d’eau douce et le plus étrange. Un arapaïma, le plus imposant des poissons d’eau douce, avec un poids avoisinant les 150 kilos, vient de remonter à la surface pour respirer. Ce grand prédateur ne sillonne pas seul les rivières ; des cohortes de piranhas aux reflets carmin l’accompagnent, ainsi que des anguilles électriques et de nombreux caïmans.

 

pérou, lima

inie de Geoffroy

 

 

Contreforts des Andes, le paysage a mué. L’altitude, près de 2000 mètres, et ses conséquences, la baisse d’oxygène et le froid, ont joué de leur effet castrateur sur la forêt. La forêt a pris des allures de conte de fées : mousses, lichens, broméliacées et autres épiphytes ont accaparé les arbres, les enveloppant de festons et de rubans végétaux. Les touches couleur garance des fleurs gracieusement tubulaires des fuchsias, le vermeil des délicats pétales de bégonias translucides, cassant comme du verre, avec leurs graines tétraédriques aux allures de coffres à trésor et une myriade de petites orchidées délicates et chamarrées. Le soleil saupoudre ses rais dans le sous-bois, comme du pollen, il y règne une atmosphère fantastique.

L’un des hôtes de marque de ces sylves enchanteresses est le coq de roche, étrange oiseau, paré d’une livrée rouge orangé chez le mâle dont la tête, jusqu’au bout du bec, est ornée d’une huppe en éventail toujours hérissée.

 

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le coq de roche

 

 

pérou, lima

 

 

14:35 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pérou, lima |  Facebook |

01.05.2011

* L'ISLANDE, beauté sauvage (mon voyage en 1999)

En-dessous du cercle polaire arctique, l’Islande s’étend sur 350 km du nord au sud et sur 510 km d’est en ouest, dans l’Atlantique Nord. Située à cheval sur le rift volcanique médio-atlantique qui s’étend de l’Arctique à l’Antarctique, L’Islande est en expansion permanente depuis sa naissance, il y a 20 millions d’années. C’est une terre de volcans, de failles et de fissures éruptives. A peine 1 % des terres sont cultivées et 20 % couvertes de prairies. Le reste du pays offre des paysages désertiques de volcans, champs de lave, cendres, sables et glaciers.

 

islande

 

Cap sur la terre des extrêmes ! Ici magma, glace, chutes d’eau et larges étendues se côtoient. C’est d’une beauté et d’une puissance à couper le souffle. L’Islande est le pays de la force naturelle brute.

Le brouillard joue à saute-mouton sur les falaises de basalte de Vik, à l’extrême sud de l’Islande. Au gré de ses humeurs, il dévoile des pans d’océan gris et les parois noires des îlots de Dyrholaey. D’après une légende locale, deux géants auraient tenté de rapprocher les îles Feroé (danoises) de l’Islande à l’aide de cordes. Ils auraient échoué et laissé derrière eux ces étranges aiguilles de tuf, offrant un asile de choix à des milliers de mouettes, pétrels, guillemots et pingouins. Les macareux moines, quant à eux, ont colonisé les promontoires herbus qui couronnent le haut des falaises.

 

islande

Feu destructeur, violence pétrifiée

Adieu océan et place aux volcans ! Voyage vers les origines de la terre, la fin de l’univers, les colères des volcans, les miracles de l’eau et du feu. En Islande, un volcan se fâche tous les cinq ans en moyenne et l’île s’agrandit au rythme incroyable de deux centimètres par an !

La piste s’engage dans d’immenses plaines de sable noir ou « sandar » dominées par la masse du Vatnajökull (glacier des eaux) le plus grand glacier d’Europe, qui étale ses 8200 km2 jusqu’à la côte. Sous la glace se cache pourtant le feu dévastateur.

 

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Des volcans sous-glaciaires tapis dans les tréfonds de la terre peuvent se réveiller à tout moment. Le magma rencontre alors la glace. Avec, à la clé, des fontes gigantesques, des crues cataclysmiques et des coulées de boue emportant tout sur leur passage. Tout est chaos, fureur et violence pétrifiée.

 

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cliché Marc Chartier

 

En 1996, pendant près d’un an, des dizaines de « bouches » sont en feu sur une même fissure. Pour les Islandais, c’est une catastrophe. Environ 560 km2 de lave vomie par la fissure détournent les cours des rivières, bouleversent les vallées et les gorges. Les émissions de gaz empoisonnent l’air et les pâturages, provoquant la mort de plusieurs centaines de milliers de moutons et de vaches. Ce qui se traduit par une famine et des épidémies décimant près d’un Islandais sur cinq. Le nuage de cendres fut si important que les gazettes françaises de l’époque mentionnèrent un obscurcissement du ciel sur l’Hexagone.

 

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La force de l’eau

Nous nous enfonçons ensuite vers les hauts plateaux de l’intérieur par la superbe piste de Fjallabakeidir sud menant à Landmannalaugar. Les balades ressemblent à des cours de volcanologie à « cratère ouvert ». On marche sur du verre volcanique dans l’étonnante coulée d’obsidienne. Les forces du feu aiment la couleur. Les teintes du relief semblent sorties de la palette d’un grand peintre impressionniste. Les pentes, parsemées d’évents de vapeur et de sources d’eau chaude bouillonnantes, sont violettes, rouges, bleues, ocre, jaunes, blanches ou presque orange.

Le grand Geysir, qui donna son nom dans le monde entier, à ce curieux phénomène géologique, se fait désormais tirer l’oreille pour jaillir après plusieurs siècles d’activité. Venue des entrailles de la Terre, l’eau sous pression s’échauffe lentement jusqu’à 102-103°C puis une gigantesque bulle bleue se forme et explose en une puissante colonne d’eau.

Dans ce pays, qui a une histoire géologique très jeune, l’eau issue de la fonte des glaciers des hauts plateaux dévale en cascades impressionnantes sur les côtes sud et nord du pays. Celle de Gulfoss ou « chute d’or » est considérée comme l’une des plus belles au monde.

Désert sauvage

Considéré comme l’une des portes de l’enfer au Moyen Age, l’Hekla reste le volcan le plus actif d’Islande avec une éruption tous les dix ans en moyenne. Autrefois, les Islandais osaient franchir le vaste désert de lave et de cendres des hautes terres avec des caravanes de chevaux.

Dans les villages bordant le lac Myvatn (lac des moucherons), les rives et la cinquantaine d’îlots couverts de prairies composent un paysage idyllique, paradis pour les oiseaux. Le lac est entouré de volcans en activité, de fissures fournissant de la vapeur pour la production d’électricité et de marmites de boue en ébullition.

 

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