16/02/2012

* LE YEMEN

YEMEN BATISSEURS DE PRODIGES

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La vallée de l’Hadramaout abrite des cités aux demeures bien singulières. Les riches Hadramis qui travaillent hors du Yémen s’y font construire de splendides résidences en terre crue, désertes les trois quarts de l’année. Elles perpétuent un savoir-faire millénaire, inspiré de la ville de Chibam, joyau de l’architecture yéménite.

 

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façades colorées à Hadramaout

 

Un jeune Etat en récession

Verrou de la mer Rouge, le Yémen s’étend sur 485.000 km2 au sud-ouest de la péninsule arabique. En mai 1990, la République du Yémen était proclamée, entérinant la réunification du Yémen du Sud et du Yémen du Nord tandis que s’effectuait une transition vers le multipartisme. La crise et la guerre du Golfe de 1991 ont accéléré les difficultés économiques du tout jeune Etat qui avait affirmé sa neutralité dans le conflit. Les Emirats et l’Arabie Saoudite expulsaient de leurs territoires environ 1 million de travailleurs yéménites, privant le régime de Sanaa de précieuses devises. Aujourd’hui, seulement la mise en exploitation de nouveaux gisements pétrolifères devrait permettre de stabiliser les revenus annuels de ses habitants.

 

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le Yémen antique

 

Une ville habitée seulement huit jours par an

La ville de Qabr Nabi Allah Hud ne vit, depuis des siècles, que 8 jours par an ; les maisons, toutes bien entretenues, équipées de l’eau courante et de l’électricité, sont désertes le reste de l’année. Dans la vallée de l’Hadramaout, chaque famille d’importance, chaque hameau, chaque bourg se doit de posséder une demeure et d’y venir au moment du pèlerinage dédié au prophète Hud, dont la vie légendaire regorge de faits miraculeux.

 

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Qabr Nabi Allah Hud

 

Chibam

La ville de Chibam n’en finit pas de subir les outrages du temps. Les revenus agricoles ne sont plus suffisants pour permettre l’entretien des gratte-ciel de terre. Quant à la chaux qui sert à réaliser l’étanchéité de l’architecture, elle nécessite une longue et fastidieuse préparation. Il faut extraire les pierres, les transporter au four, rassembler le combustible, puis calciner les cailloux, les concasser et battre une journée entière la pâte étendue d’eau. Ce calvaire rebute tant les locataires que certains commencent à utiliser du ciment, tout à fait inadapté à l’élasticité de la terre, laquelle se fissure rapidement.

Chibam la merveilleuse s’épuise. Sa survie, voulue par l’Unesco, passe par une réfection de ses remparts et des digues de protection.

Joyau du patrimoine de l’humanité, Chibam, anachronique dans sa beauté, fait bien partie de ce Yémen que l’ancienne sagesse populaire a depuis toujours considéré comme le « berceau des Arabes ».

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Chibam

Commentaires

Drôle de contraste, d'un côté des maisons parfaitement entretenues habitées seulement 8 jours par ans, et de l'autre une ville qui se meurt car impossible à entretenir........ Bises. Ginette

Écrit par : ginette | 16/02/2012

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merci Ginette de ta visite

Écrit par : josiane | 16/02/2012

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