31/03/2012

* MOGADISCIO (Somalie)

MOGADISCIO, l’ombre de la charia

Mogadiscio, la capitale de la Somalie, vit sous l’emprise des Tribunaux islamiques qui ont pris le pouvoir.

Chaque matin, devant les machines d’embouteillages d’une ancienne usine Coca-Cola, un imam dispense ses cours à des fillettes.

 

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Les islamistes continuent de bénéficier du ravitaillement qui vient de l’étranger

La plage d’El-Maan, située à une vingtaine de km au nord de Mogadiscio est un port de fortune. Les cargos débarquent du riz, du blé, des armes ou du matériel électronique importé de Dubaï.

 

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Un pays divisé mais stratégique

Ex-colonie italienne et ex-protectorat britannique, la Somalie s’étend sur 638000 km2. Avec l’effondrement de l’Etat en 1991, le pays a été divisé en plusieurs régions. Au nord-ouest, l’ancienne colonie britannique a fait sécession en 1991, sous le nom de Somaliland. Le Puntland s’est autoproclamé région autonome en 1998. A travers l’Ethiopie qu’ils soutiennent, les Américains s’intéressent de près au Somaliland ; c’est une région stratégique qui permet de contrôler l’acheminement du pétrole du golfe Persique.

 

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Puntland

 

Le qat, plante narcotique dont toute la Corne de l’Afrique « broute » les feuilles, consommé dans tout le pays, arrive du Kenya sur des aéroports privés.

 

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Le gouvernement officiel est exilé à Baidoa, à 250 km de « Moga »

L’avenir de Mogadiscio dépend en grande partie de la façon dont les islamistes exerceront leur pouvoir. Mais nul ne sait quelle direction peut prendre ce pays, violent, imprévisible, armé, abandonné trop longtemps à des trompe-la-mort surexcités et maintenant aux mains d’une coalition islamiste très divisée.

 

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Mogadiscio ressemble au laboratoire improvisé d’un capitalisme sans contraintes. La vie y reste impitoyable pour les faibles, qui croupissent dans des camps sordides. A l’autre bout du spectre, grands commerces et grands trafics ont, à la faveur de la disparition des impôts, permis à une classe d’entrepreneurs de s’enrichir. Les compagnies de téléphone pullulent, ainsi que les boutiques de transfert d’argent permettant à la diaspora de virer les dollars vers les villages reculés de Somalie.

 

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26/03/2012

* L'ALASKA (Amérique du Nord)

Sur la piste des pionniers

Naviguer au milieu des îles du Passage intérieur, découvrir la splendeur des parcs, monter vers Fairbanks à bord du train des aventuriers ou suivre la trace des chercheurs d’or … Au cœur de l’été, profitez de l’exubérance de la nature et de la pleine lumière pour sillonner l’Alaska, le dernier territoire sauvage d’Amérique.

 

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Voie express pour le Grand Nord

Des trains ont fait la légende de l’Alaska. Construits pour les pionniers, reliant les zones les plus inaccessibles et franchissant torrents et montagnes, ils restent encore pour les voyageurs synonymes d’aventures.

Les trains bleu et or circulent dans des paysages impressionnants ente Fairbanks, Anchorage et Seward.

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Près d’Anchorage, la voie ferrée longe le Cook Inlet, dont les bras de mer sont animés par des marées de forte amplitude. Les monts Chugach s’y reflètent. C’est dans cette région que s’installèrent dès 1915 les ingénieurs chargés de la construction du chemin de fer.

 

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les monts Chugach

 

Dans ces solitudes panoramiques, le train remonte une à une les vallées creusées par l’érosion glaciaire comme à Skookum Creek, dans la vallée de Portage. Faute de routes, beaucoup de régions de l’Alaska ne sont accessibles que par le train qui peut s’arrêter en rase campagne pour prendre des voyageurs.

L’échappée belle du Denali Star

Cette ligne légendaire assure la liaison Seward-Fairbanks. Elle ouvre les portes du parc de Denali et de la vaste zone arctique. Tracté par une locomotive de 4000 chevaux, le Denali Star peut compter jusqu’à trente voitures au plus fort de la saison touristique. C’est à vitesse réduite que le train effectue le trajet entre Anchorage et Fairbanks, empruntant cette voie unique toujours susceptible d’être coupée en hiver par les avalanches et au printemps par les crues.

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Au sud du cercle polaire, le parc de Denali est l’un des plus vastes des Etats-Unis. Entre taïga et toundra, il abrite une faune d’ours noirs, de grizzlys et de caribous. Au sein de sa chaîne de montagnes, l’Alaska Range, le mont McKinley, avec 6194 m, est le plus haut sommet d’Amérique du Nord.

 

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Cabotage dans les îles indiennes

Le Passage intérieur est un chenal naturel, à l’abri du Pacifique, qui sinue entre des centaines d’îles et de fjords. Il était utilisé à l’origine par les canoës des Indiens. Au milieu de grandioses paysages, les onze ferries de l’Alaska relient une trentaine de localités isolées au sud du pays. Ils sillonnent ce labyrinthe de bras d’eau qui recèle de multiples pièges.

Port Conclusion, baie Venteuse ou détroit Glacé, les noms reflètent les dangers de la navigation.

 

La Capitale de l’Alaska

Juneau ne possède qu’une centaine de km de routes goudronnées, et encore en circuit fermé. L’impressionnant téléphérique, propriété des Indiens Flingit, domine le canal de Gastineau, les navires de croisière et la petite île Douglas, devenue grâce au pont la « banlieue » de la cité.

 

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Juneau

 

Casse-cou, rêveurs, aventuriers ou dandys, tous ces Alaskiens ont un point commun : cette terre du Grand Nord, ils l’adorent ou la haïssent. Parfois dans une même journée. Ici la vie n’est jamais tiède.

 

Le pays des records

Les Alaskans aiment à désigner avec condescendance les autres Etats de l’Union, y compris le Texas, sous l’appellation de « small states », les « petits Etats ». Il faut dire que l’environnement et le passé historique de cette fantastique péninsule sont propres à favoriser la mégalomanie de ses habitants. Le territoire comprend les plus hautes montagnes de l’Amérique du Nord, les plus grands glaciers et un fleuve, le Yukon, d’une largeur comparable à celle du Saint-Laurent.

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Yukon

 

21/03/2012

* L'ALBANIE

ALBANIE, la méditerranéenne

Avec sa capitale, Tirana, elle fut fermée aux étrangers pendant près d’un demi-siècle et on a fini par oublier qu’avec ses 427 km de côtes, elle est un des plus beaux pays méditerranéens.

 

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Tirana

Avec des criques paradisiaques, l’Albanie n’a rien à envier à ses voisines grecque ou monténégrine. Sur la côte ionienne, de discrètes plages sablonneuses se dessinent à flanc de montagne. Elle compte treize parcs nationaux et des sites historiques d’une étonnante diversité, des vestiges grecs d’Apollonia à la mosquée du Roi à Elbasan.

Gjirokastër, une citadelle ottomane comme au temps de l’empire

Perle menacée du patrimoine mondial, cette ville de pierre aux toits de lauzes, témoignage exceptionnel de l’architecture ottomane, n’a plus les moyens de sauvegarder seule son trésor. La « ville de pierre », la plus orgueilleuse, vacille au bord du gouffre, se délite, mur après mur, ruine après ruine. L’Europe une fois de plus, comme point de mire, comme bouée, seule, pourrait sauvegarder ce joyau.

 

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Gjirokastër

 

Vermosh, des montagnes escarpées où règne toujours la vendetta

Au seuil des « montagnes maudites », ainsi baptisées parce que la terre y est stérile, les pentes sont aussi le refuge du Kanun, le droit coutumier albanais qui régit depuis le XVe siècle tous les aspects de la vie quotidienne, de la naissance à la mort.

 

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Vermosh

 

 

Durrës, un des plus vieux ports méditerranéens

Dès le VIIe siècle avant J.C., la ville de Durrës devient l’un des principaux carrefours commerciaux de la côte adriatique. Elle est aussi un symbole de l’exil massif des Albanais sous la dictature d’Enver Hoxha.

 

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 Durrës

 

A une demi-heure de la Grèce, des trésors méconnus

Des sites prestigieux, au nord, le lac de Shkodër, au sud le complexe archéologique de Butrint, dont fait partie le baptistère paléochrétien. Entre les deux, l’Albanie qui se rêve en destination touristique ne demande qu’à faire connaître ses trésors.

 

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Butrint

 

Au poste frontière avec la Macédoine, des fils de brume flottent sur le lac de Pogradec et le village de Lin évoque les hautes terres d’Ecosse.

 

Une nature spectaculaire

La découverte de la nature albanaise réclame patience et persévérance. Souvent isolés dans les montagnes, les sites les plus beaux ne sont accessibles que par des chemins escarpés. Il faut parfois compter six heures pour faire 50 km.

 

Au cœur des alpes albanaises

Cette chaîne abrupte, dont les sommets flirtent avec les 2700 m, rappelle que l’Albanie est couverte de montagnes sur les trois quarts de son territoire. L’agriculture traditionnelle y est la principale ressource économique.

 

Vlorë, le port du Sud, s’ouvre sur des paysages de pins et d’oliviers

 

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Vlorë

 

Cap sur Berat, cité historique, dont les églises orthodoxes des XIIIe et XIVe siècles dévoilent des fresques émouvantes où resplendit par éclairs le célèbre rouge d’Onufri, artiste du cru, génie de l’art byzantin. La citadelle de pierre est un monde secret, solennel, d’une étrange beauté feutrée.

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Berat

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musée national Onufri

 

16/03/2012

* COW-BOYS DES ANTIPODES (Australie)

Au cœur de l’Australie, en bordure du redoutable désert de Simpson, s’étendent d’immenses élevages. La vie y est plus dure qu’elle ne le fut au siècle dernier dans le Far-West américain.

On dit des cow-boys australiens, les « ringers » qu’ils sont comme leurs chevaux ; costauds, endurants et sereins dans les coups durs.

 

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désert de Simpson

 

Une manière pétaradante de rassembler les bêtes

Les engins modernes changent progressivement la vie des ringers. Lors du rassemblement des troupeaux, la moto, plus rapide mais tout aussi sportive, se substitue de plus en plus souvent aux chevaux.

 

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ringer

 

 

Une poignée d’humains perdus dans le désert

Plus d’un millier de dunes parallèles, longues de 200 km, forment le Simpson. La population totale de la région est d’à peine 1500 personnes. Le paysage est si désolé que les visiteurs demandent parfois si les vaches se nourrissent de sable.

Des nuits plus rudes que les jours

Seule détente dans la vie rude des ringers : les moments passés au pub. On y boit beaucoup de bière ; on y organise des soirées ou des combats de boxe dignes du 19e siècle. Un univers haut en couleur qui attire de plus en plus de touristes.

 

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Une vie qui défie la sécheresse

Le désert de Simpson couvre une superficie d’environ 145000 km2. Malgré son aridité, il est riche de centaines d’espèces animales et végétales.

On y voit parfois d’éphémères prairies piquetées de fleurs. Puis les mois et les années passent sans qu’une seule goutte d’eau tombe. Alors, hommes, bêtes et plantes font le gros dos, se cachent, se terrent, rusent en attendant l’averse salvatrice. Au cœur de l’Australie, le désert de Simpson est l’un des plus inhospitaliers de la planète. A cheval sur le Territoire du Nord, les Etats d’Australie-Méridionale et du Queensland, le Simpson est resté longtemps terra incognita.

La communauté des Wangkangurru établie autour du Simpson est regroupée dans de vastes « stations » d’élevage et dans quelques agglomérations. Un pays de pistes boueuses ou craquelées par la sécheresse, où les gens abattent parfois des centaines de km simplement pour aller passer quelques heures avec des amis. Il y a trois routes principales autour du Simpson : la voie Oodnadatta, à l’ouest ; celle de Birdsville, à l’est ; et la Plenty Highway, au nord. Aucune n’est de tout repos. Les emprunter sans réserves d’eau serait suicidaire.

 

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Plenty Highway

 

En été, lorsque la température monte à 60 degrés, il n’est pas rare d’y voir exploser les pneus des véhicules. Les camions multiremorques « trains routiers » assurent le transport du bétail.

Les 127 millimètres de précipitations annuelles donnent à la région la plus faible pluviosité du pays.

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11/03/2012

* INDE SACREE

Andhra, Prodesti, Karnataka, Tamil Nadu, Kerala : les quatre Etats méridionaux de l’Union indienne, au-delà des tensions politiques et religieuses qui secouent le nord du sous-continent asiatique, cherchent l’harmonie. Sur cette terre, pourtant, les peuples sont différents et les diverses croyances très vives. Mais tout semble s’équilibrer dans un foisonnement de temples, de palais, de couleurs et de parfums.

 

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Andhra

 

Un déluge d’offrandes aux pieds des colosses vénérés

A Stravanabelgola, centre de pèlerinage du sud de l’Inde, une statue de granit de 17 m de haut qui représente le descendant du patriarche fondateur du jaïnisme, religion de la non-violence est « soignée » chaque jour par les fidèles. Ils l’aspergent d’eau de rose et de lait, l’inondent de pétales de fleurs avant de réciter, prosternés, des incantations.

 

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Stravanabelgola

 

Exubérance tropicale au pays des lagunes

Au cœur du pays des lagunes, la chaleur règne et les cocotiers forment un dais majestueux. C’est la paradis mi-terrestre, mi-aquatique : à la différence des Etats voisins, le Kerala a plus de merveilles naturelles que de sanctuaires.

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Des bâtisseurs de temple ont émigré des rivages

Sur la côte de Coromandel, femmes et enfants accourent sur la plage de Mahabalipuram pour assister à de grandes régates annuelles.

 

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Mahabalipuram

 

De ce port, construit au VIe siècle, les souverains Pallava, bâtisseurs de temples, ont exporté leur civilisation vers Java, Sumatra, la Malaisie et le Cambodge. 

 

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le cocotier

 

La marée des pèlerins célèbre le couple divin

Au printemps, lors du Festival Chitrai à Madurai, berceau de la poésie indienne et capitale culturelle du Tamil Nadu, des milliers de pèlerins amènent à la rivière le couple divin, Siva et Minaksi. Pendant dix jours, ils célèbrent les noces mystiques du « Beau Seigneur » et de sa parèdre qui incarne l’énergie féminine du dieu.

La gestuelle gracieuse des jardinières du thé

Dans le Tamil Nadu, sur les pentes des Nilgiri, les « collines bleues », aux environs de Coimbatore et au-dessus d’une étrange forêt de cocotiers filiformes, s’étagent des plantations de théiers. Les paysannes y répètent inlassablement les gestes millénaires des « jardinières du thé » avec l’élégance naturelle dont la femme indienne la plus humble a le secret.

 

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Tamil Nadu

Une culture qui n’est pas coupée du peuple

Climat et migrations historiques ont accentué les différences culturelles entre l’Inde du Sud et celle du Nord. Les habitants de la partie méridionale de l’Union ont un tempérament plus pacifique et illustrent une tradition poétique originale.

L’Inde du Sud est en permanence une région chaude alors que le Nord subit un froid et une chaleur extrêmes, juste séparés par quelques mois tempérés. La partie septentrionale de la péninsule s’étend au-dessus du tropique du Cancer ; la partie méridionale au-dessous, mais sans toutefois atteindre l’équateur. Quant aux peuples, ils sont aussi différents que le sont la géographie et le climat. Les Indiens du Sud, au teint généralement foncé, parlent des langues de souche dravidienne inconnues dans la vallée du Gange. L’Indien du Sud communique avec l’Indien du Nord en anglais, et un peu en hindi, la langue nationale que la plupart des habitants du Sud ne pratiquent pas.

Le Deccan

Sur 1600 km à vol d’oiseau, l’Inde du Sud, qui forme un triangle, pointe en bas, s’étend des monts Vindhya au cap Comorin. Son relief se partage entre le plateau du Deccan qui s’élève à 600 m au-dessus du niveau de la mer, les deux ghats de l’Ouest et de l’Est et les plaines côtières.

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le Deccan