31/05/2012
* UNE PETITE PRUSSE DANS LE DESERT D'AFRIQUE (Namibie)
Mélange détonant d’ethnies au glorieux passé, dernier réduit d’un pangermanisme suranné, peuplé de survivants tout droit venus du fond des âges, de fantômes de guerriers légendaires, de rêves noirs, de rêves blancs, la Namibie est peut être le pays le plus insolite de cette Afrique qui ne cesse d’étonner. Alors que la guérilla est aux frontières, les descendants des premiers colons allemands se replient dans des petites villes provinciales bâties sur le sable.

Comme les Gretchen d’il y a cent ans
Seul le chapeau est authentiquement africain dans la tenue des femmes Herrero. Leurs robes, avec une singulière uniformité, à de rares exceptions près, dans les coloris, sont la réplique de celles que portaient, à la fin du XIXe siècle, les femmes des colons allemands. Apparemment peu adaptées au climat africain, ces robes sont néanmoins devenues leur accoutrement habituel. Ce sont les descendantes des survivants d’une puissante ethnie, cruellement décimée par la colonisation.

Berceau de l’éphémère Afrique allemande
Lüderitz occupe une place à part dans le cœur des Blancs de souche germanique qui peuplent la Namibie. Cette petite bourgade, qui s’appelait à l’origine Angra Pequenha (Petite Ancre), a pris le nom d’un négociant allemand. Elle n’est pas la plus importante ville du pays, ni par sa population ni par son activité économique (la pêche). Mais elle est pour certains le symbole d’un rêve non concrétisé mais toujours présent dans les esprits.

Lüderitz
Une annexion contestée
Rares sont les pays de notre monde au statut aussi mal défini que la Namibie. Plutôt que celui d »Etat », les observateurs préfèrent souvent utiliser des termes comme « territoire » ou « région ». Les grandes puissances commencèrent à s’intéresser de près à cette partie de l’Afrique australe en 1883-84, quand le IIe Reich a décidé d’en faire un protectorat allemand. C’est en 1968 que l’ONU lui donné le nom de Namibie et proclama son indépendance. Mais l’Afrique du Sud a refusé de s’incliner devant cette résolution. Son acharnement pour garder la Namibie sous son contrôle s’explique aisément. Ce territoire de 824.000 km2 mais peuplé de moins d’un million d’habitants seulement (dont 10.000 Blancs) et qui est en grande partie désertique, contient d’immenses réserves inexploitées de matières premières et, surtout, des gisements d’uranium que l’on dit fabuleux. Il n’est pas tout à fait inexact, d’autre part, que la grande diversité d’origines de la population autochtone (pas moins de douze ethnies principales, sous-divisées en une multitude de tribus aux caractéristiques particulières) rend très difficile une véritable unité nationale.
Le vent du désert souffle sur les villes fantômes
Il suffira de peu de temps pour que le sable du Namib engloutisse ces maisons abandonnées par leurs anciens occupants, qui ont préféré aller s’installer en ville, à Lüderitz. La proximité du désert ne semble pas, en revanche, présenter le moindre inconvénient pour les phoques de Cape Cross, au nord de Wakopmund. Protégés, il est vrai, par des lois très rigoureuses, ils prolifèrent à loisir. Ils sont à l’heure actuelle près de 200.000 et forment la colonie de phoques la plus importante du monde.

08:39 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une petite prusse dans le désert d'afrique, namibie |
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Commentaires
Écrit par : gigi | 31/05/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : josiane | 31/05/2012
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