05/07/2012

* LE MARBRE DE CARRARE (Italie)

 

CARRARE, MICHEL-ANGE & Co

Michel-Ange avait imaginé, il y a cinq cents ans, de tailler, dans une de ces montagnes, une statue gigantesque. Aujourd’hui on y façonne des madones en série, des sculpteurs de renom y font dégrossir leurs œuvres, et la pierre arrachée aux carrières qui entourent Carrare recouvre les façades d’immeubles cossus dans le monde entier. A travers les siècles, les changements de mœurs et de techniques, la capitale du marbre a su s’adapter à l’évolution des temps sans sacrifier sa tradition anarchiste.

 

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La multiplication des « Pouces »

Une technique particulière permet aux artisans de Carrare de reproduire dans leurs moindres détails des œuvres mondialement connues. Des points de repère sont marqués sur un modèle de petit volume et reportés, à l’aide d’un compas, sur un bloc de marbre brut. Il ne reste qu’à tailler celui-ci suivant ces repères pour obtenir une réplique exacte de la pièce, en trois dimensions et  la grandeur désirée.

 

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L’invention du fil à couper le marbre

Dans les carrières d’altitude, le précieux marbre blanc est découpé en grandes tranches régulières pesant 30 tonnes chacune, puis divisé en blocs plus petits pour en faciliter le transport. Toutes ces opérations s’effectuent à l’aide de l’ingénieux système du fil hélicoïdal, câble d’acier formant une longue boucle sans fin. Entraîné par des poulies, ce « fil » est le support conducteur du sable qui coupe le marbre par abrasion.

Des scies sans dents pour débiter marbre ou granit

Dans des centaines de scieries de Carrare, les artisans ont appliqué le principe de base du fil hélicoïdal. Leurs « scies » sont donc de simples lames lisses qui poussent du sable abrasif dans le bloc de marbre, et qui par leur va-et-vient le découpent en tranches régulières selon l’épaisseur voulue.

carrare,marbre 

De l’art authentique aux madones de série

On peut presque tout faire avec du marbre, tout ce qui est beau. Des saints et des cupidons. Des vierges et des nymphes. De la Renaissance à nos jours, des œuvres innombrables en témoignent. Certes, le grossier burin et la massette des anciens ont été remplacés par des outils modernes, des ciseaux pneumatiques, des ponceuses électriques. Mais aujourd’hui encore, c’est la main de l’homme qui apporte la touche finale dont tout dépend, même quand il s’agit de fabrication de série, comme c’est souvent le cas pour l’imagerie religieuse.

 

carrare,marbre

 

Le royaume où le marbre est roi

S’étendant sur les derniers contreforts des Alpes Apuanes, Carrare se trouve très près de la mer Tyrrhénienne, à une dizaine de km seulement. Cette frange de terrain, fortement urbanisée, est une sorte de prolongement de la ville elle-même, qui aboutit, en bord de mer, à l’agglomération de Marina de Carrare, à la fois station balnéaire réputée et port de commerce par où transite le marbre.  C’est aux alentours immédiats de Carrare, à environ 200 m au-dessus du niveau de la mer, ou vers l’amont, à des altitudes se situant entre 300 et 800 m que l’on rencontre la presque totalité des carrières de marbre de la région. On en dénombre plus de 500, réparties sur trois vallées : Colonnata, Fantiscritti et Ravaggione, dans lesquelles s’éparpillent de nombreux villages où habitent les ouvriers carriers. Mais il faut aller plus loin et monter plus haut pour trouver les carrières d’où l’on extrait le marbre blanc pur qui a fait la renommée de Carrare, sur le mont Altissimo, entre 1200 et 1500 m d’altitude.

 

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Commentaires

Bonsoir Josiane, ce reportage est passionnant, et bien documenté. Bisous. Gigi

Écrit par : ginette | 05/07/2012

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merci Gigi de ta fidèle visite

Écrit par : josiane | 05/07/2012

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