31/07/2012

* LE COLOSSE NOIR (Nigeria)

Colosse aux pieds d’argile, dit-on du Nigeria, en soulignant son instabilité politique. Comme si la naissance d’un pays à la population aussi disparate, héritier de traditions anciennes mais aussi d’un découpage arbitraire de l’époque coloniale, pouvait se passer sans douleur. Par-delà les soubresauts et les convoitises, aidé par le pétrole que ses dieux ont mis dans son berceau, le Nigeria a conscience d’occuper une position clé en Afrique.

 

le colosse noir (nigeria)

 

La publicité recommande ce que la religion interdit

Kano, dans le nord du Nigeria, est une grande ville musulmane. Ses habitants ne devraient donc pas consommer de la bière. Ils y sont néanmoins incités par les panneaux publicitaires dressés au champ de foire.

 

le colosse noir (nigeria)

 

Le descendant du commandeur des croyants

Chaque année, à l’occasion du Salah, grande fête religieuse, l’émir de Sokoto se rend solennellement à la mosquée. Il y a 2 siècles, son ancêtre, Othman Dan Fodio, unifia ces régions sous la bannière de l’Islam et leur donna des lois plus justes. Il fut promu « marabout » (saint), et les griots chantent encore ses louanges. Mais les héritiers du réformateur craignent de perdre, dans la poussée du modernisme, leurs privilèges quasi féodaux.

 

le colosse noir (nigeria)

 

Une exploitation lacustre de l’or noir

Dans le delta du Niger, au Warri, l’extraction du pétrole s’effectue souvent à partir de plates-formes flottantes. Le personnel est en bonne partie nigérian, logé sur place à la manière des exploitations « off-shore » et ravitaillé en matériel et en vivres par des barges. Le « brut » de cette région est d’excellente qualité : il a une faible teneur en soufre et contient presque deux fois plus de gazoline que la moyenne.

 

le colosse noir (nigeria)

 

Le plus complexe des puzzles africains

La Fédération du Nigeria est la plus peuplée et l’une des plus vastes des nations de l’Afrique nouvelle. Depuis son indépendance, en 1960, l’histoire de cette ancienne colonie britannique est émaillée de coups de force et d’affrontements. Les gouvernements successifs, pour tenir compte des clivages ethniques, linguistiques, économiques, politiques, ont largement décentralisé le pays et fini par le découper, par étapes, en une mosaïque de dix-neuf Etats fédérés.

 

Le modernisme avance, mais on n’en est pas encore aux supermarchés

Le Nigeria veut vivre à l’heure de son époque. Mais dans la vie de tous les jours, c’est la tradition qui l’emporte encore. Plutôt que dans des commerces modernes, les habitants des villes continuent de s’approvisionner dans les petits marchés en plein air, comme à Ibadan. Un fleuron du Nigeria moderne : l’université d’Ife, de style futuriste, œuvre de l’architecte israélien Arich Sharon.

Tout porte à croire que le Nigeria connaîtra de nouveaux soubresauts, peut-être même d’autres épisodes violents, avant de surmonter ses contradictions. Il ne sera d’ailleurs pas le seul pays à traverser des crises dans cette Afrique qui se réveille.

Mais son évolution, ses bouleversements, à la mesure de sa taille et de sa force, risquent de peser lourd dans les transformations que le continent tout entier est appelé à subir.

 

le colosse noir (nigeria)

 

25/07/2012

* LE QUARTIER DU M.A.S. (Anvers)

PROMENADE TENDANCE DANS LE QUARTIER DU MAS

 

Pas moins de six musées en un, des superbes terrasses, des lofts, une vue imprenable sur le fleuve … Le MAS (Museum aan de Stroom) se profile comme l’endroit le plus tendance du moment.

 

le quartier du m.a.s. (anvers)

 

Amateurs de couchers de soleil enchanteurs, dépêchez-vous d’aller sur le toit panoramique, situé au 10e étage, du tout nouveau Museum aan de Stroom (MAS) à Anvers. Il est accessible jusqu’à minuit et offre une vue imprenable sur la ville, l’Escaut et le port.

Telle une tour de garde, l’édifice s’élève à 65 m au-dessus du quai Bonaparte et du Willemdok, deux quais qui datent de l’époque napoléonienne. Le bâtiment associe le verre et le grès du Rajastan, dans un superbe camaïeu de rouges. La façade est recouverte de petites mains en aluminium, rappels de la main de Brabo.

 

le quartier du m.a.s. (anvers)

 

Le boulevard consiste en une série d’escalators qui tournent autour du bâtiment. Plus on grimpe, plus la vue est spectaculaire. On peut ainsi admirer pleinement la mosaïque de 1.600 m2 signée par Luc Tuymans qui se trouve dans l’atrium du musée.

 

L’or des Incas

Comment les souverains ont-ils démontrés leur puissance au fil des siècles ? Quels visages Anvers a-t-elle présenté au cours des cinq siècles passés ? Comment est né le port international ? Comment appréhendait-on la mort dans les différentes cultures et religions ? Les collections de divers musées anversois enrichissent le parcours et sont mises en valeur par des effets d’ombre et de lumière, des moyens audiovisuels et des espaces dans l’espace.

 

Une plage de sable blanc

En longeant le quai Napoléon et l’Oostkaai, nous atteignons le Londenbrug qui donne sur le Kattendijkdok et les navires fluviaux. Passé le pont, nous empruntons le Westkaai. Le vert de la façade en verre des deux tours d’habitation varie au gré de la lumière. Deux cent mètres plus loin, on n’en croit pas ses yeux : le bar d’été Strantwerpen jouxte une plage de sable si blanc qu’il fait presque mal aux yeux. On peut s’y installer sur de confortables lits de plages pour savourer un délicieux cocktail …

 

le quartier du m.a.s. (anvers)

 

Nous parvenons aux rives de l’Escaut et à leurs célèbres grues via le Rijnkaai. Plus loin, le long du fleuve, nous découvrons la façade en bois du Hangar 26, un resto-bar couru qui se transforme en discothèque après le dernier service. Le bâtiment (classé) du Loodswezen (un assemblage de styles éclectiques) et le monument aux marins morts en mer ne se trouvent pas loin.

le quartier du m.a.s. (anvers)

 

 

21/07/2012

* LENINGRAD (URSS)

LENINGRAD : un rêve de capitale

 

Capitale de l’un des grands empires du monde, déchue par les Soviétiques de sa couronne impériale, Saint-Pétersbourg est passée, sous le nom de Leningrad, au second rang des villes de l’URSS. Fondée au XVIIIe siècle par le tsar Pierre le Grand pour ouvrir sa nation sur l’Occident, elle reste le symbole de l’utopie européenne de la Grande Russie.

 

leningrad (urss)

 

La première capitale conçue entièrement sur plan

Seconde ville de l’Union soviétique s’étendant sur 200 km2, premier port fluvial depuis l’aménagement d’un canal la reliant à Kronstdat, Leningrad conserve, avec ses palais et ses musées, son passé de première capitale de la Grande Russie qui porta le nom prestigieux de Saint-Pétersbourg. Aux yeux des artistes de l’URSS, elle demeure un pivot de l’activité intellectuelle de la nation. Pierre le Grand fonda la ville en 1703 en vue d’en faire le centre russe de la culture européenne. Leningrad est la première métropole imaginée dans son ensemble sur une planche à dessin.

 

leningrad (urss)

 

La résidence d’été de Pierre le Grand

Dans la banlieue de Leningrad, grandes eaux et escaliers monumentaux évoquent les jardins du château du Roi-Soleil. Le tsar Pierre 1er dirigea lui-même la construction de ce palais de Peterhof. Devant la façade, 140 fontaines composent un spectacle de jeux d’eau qui attire une foule de visiteurs. Presque détruit pendant la dernière guerre, le palais a été entièrement restauré par les artisans de Leningrad.

 

leningrad (urss)

 

On a imposé le nom de Lénine à la cité de Pierre le Grand

Le « cavalier de bronze » statue équestre du tsar fondateur de Saint-Pétersbourg, est resté le symbole de la première capitale de l’empire russe. Il est l’œuvre du sculpteur français Etienne Falconnet. Aujourd’hui, c’est Lénine qui a ses espaces réservés. Sur les murs, ses portraits grand format dominent les rues de la ville. Sa dépouille mortelle a été exposée sur la place Rouge de Moscou, mais c’est à Leningrad que sa mémoire est le plus célébrée et ses effigies les plus impressionnantes.

 

leningrad (urss)

 

Saint-Pétersbourg était donc une capitale créée par l’effort commun des Italiens, des Français, des Allemands et certes aussi des Russes, mais ces derniers n’ont pas été plus actifs que les autres. Voilà une des raisons pour laquelle les slavophiles haïssent depuis toujours cette ville maudite, cette création du diable. Il n’y a pas à Pétersbourg-Leningrad, une seule de ces coupoles en forme d’oignon, qui sont l’emblème de la vieille Russie (une seule église en est ornée, il est vrai, mais elle n’est qu’une contrefaçon ; construite fin du XIXe siècle à la mémoire du tsar Alexandre II, tuée en 1881). Ni coupoles, ni anciennes demeures somptueuses des boyards, ni vieux clochers, aucune spécificité de l’orthodoxie : seule l’Europe est présente.

 

léningrad (urss)

 

Voilà cette double face de la grande ville qui reflète la double nature du règne tyrannique et en même temps philosophique de Pierre le Grand.

 

léningrad (urss)

 

 

14/07/2012

* LES RIVES DE LA MOSELLE A VELO ELECTRIQUE

Boucler un périple de 237 km à vélo, de Trèves à Coblence, sur les rives de la Moselle en trois jours. Un pari fou ? Non, à condition d’opter pour un vélo électrique !

les rives de la moselle à vélo électrique

 

Les derniers voiles de brume se lèvent sur Trèves. Les minces rayons d’un soleil matinal percent la fine couche nuageuse et enflamme la Porta Negra. Des touristes immortalisent ce monument romain vieux de 2.000 ans et classé au patrimoine de l’Unesco. C’est ici que démarre ce périple au fil de la Moselle.

les rives de la moselle à vélo électrique

 

De magnifiques panoramas

On vient de prendre possession du vélo électrique et les premiers mètres demandent un peu d’habitude. C’est qu’il pèse lourd : 25 kgs. Le moteur électrique prend le relais, parfois il faut pédaler, parfois non.

 

les rives de la moselle à vélo électrique

 

Les coteaux plantés de vignobles dominent la vallée. La piste cyclable suit les méandres de la Moselle avant d’obliquer sur la droite pour partir à l’assaut des vignobles hauts perchés. Une chose est sûre, bien malin qui peut distinguer un vélo électrique d’une bicyclette classique. La batterie est discrètement intégrée au porte-bagage ou au cadre, juste au-dessus de la chaîne.

 

Le plaisir de la route sans effort

Voici le village de Bernkastel-Kues, l’un des plus beaux le long de la Moselle. Au cœur de la vieille ville, le temps semble s’être arrêté à l’époque du Moyen Age.

Les maisons de corporations blanches et rouges se penchent les unes vers les autres, comme si elles avaient un secret à se dire. On s’attendrait presque à voir passer des chevaliers en cotte de maille. Une photo de Bernkastel figure sur la couverture de presque tous les dépliants régionaux. Résultat : les touristes sont légion.

 

les rives de la moselle à vélo électrique

 

 Bernkastel

 

Le royaume du riesling

Continuation vers les splendides paysages de la Moselle. On découvre Lösnich, Wolf, Traben-Trarbach et bien d’autres charmants villages viticoles. Partout les viticulteurs, appelés Winzers, invitent à déguster leur production.

 

les rives de la moselle à vélo électrique

 

Traben-Trarbach

Le vin blanc, fruit du cépage riesling, est omniprésent.

Rouler à vélo électrique est un pur bonheur. On triomphe sans peine des montées les plus raides et du vent de face le plus fort.

 

les rives de la moselle à vélo électrique

 

09/07/2012

* LA TUNISIE

SUR LES TRACES DES ROMAINS EN TUNISIE

Chargée d’un passé fabuleux, au carrefour de toutes les civilisations méditerranéennes, la Tunisie est une enclave de paix.

 

Tunisie

 

Cinq cents pas de promenade et l’on change de civilisation. Rien n’est plus vrai. Rome est encore partout, à Carthage, bien sûr, mais aussi en d’innombrables sites que le touriste, aimanté par les plages dorées ou les piscines à l’eau turquoise, visite rarement. La cité El-Djem est fameuse par ses ruines romaines, dont la principale est un amphithéâtre gigantesque, comportant quatre étages de gradins, où 60000 spectateurs pouvaient assister aux jeux. Par ses dimensions, il égale presque le Colisée de Rome.

Tout autour s’ordonnent d’autres monuments exceptionnels, notamment les vestiges d’un cirque qui mesurait 550 mètres de longueur. Les cinq siècles glorieux de la Province africaine de Rome revivent magistralement dans les superbes collections de mosaïques et de pavements, de sculptures et d’objets, qu’on admire dans le musée de la cité.

 

Tunisie

 

Kairouan, Monastir, Mahdia …

Au VII e siècle, les cavaliers arabes surgissent du désert et l’Africa romaine cède la place à l’Ifriqiya musulmane.

Kairouan, avec sa mosquée grandiose, paraît, à elle seule, résumer la grandeur de la conquête arabe. Pour le reste, pas un lieu de cette Tunisie qui ne raconte à lui seul, comme à livre ouvert, l’histoire complète de la Méditerranée et de ses maîtres successifs (juifs chassés d’Espagne, chrétiens commerçants) qui ont alimenté le creuset du pays.

 

tunisie,carthage

 

On ne manquera pas de flâner à Nabeul, où s’est conservé l’art de la céramique indigène et celui des parfums. Sur la côte même, il est intéressant de visiter Monastir (ville natale du président Bourguiba) avec sa forteresse (appelée « ribat ») ses minarets et ses magnifiques jardins odorants, et Mahdia, ville de marins qui pêchent les sardines, anchois et maquereaux selon la technique ancestrale au lamparo (lampe qui sert à attirer le poisson). Tout près, dans le dédale de passages pittoresques, le souk bat son plein. Hergla, surplombant un mont rocheux au-dessus de la plage, est un promontoire sur la mer.

Recroquevillé dans un lacis de ruelles, le village blanc haut perché est entouré de jardins. L’une de ses côtes est fouettée par les vagues, l’autre est caressée par les nombreux projets touristiques. Une pure merveille !

 

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Sidi Bou Saïd, de blanc et de bleu

Dans ce village blanc et bleu règne une atmosphère de douceur, une lumière irisée et une grâce sereine. Les jeux d’ombre et de lumière y sont à nul autre pareils. Les âmes sensibles, les poètes, les artistes et les amis de la musique y trouvent leur patrie de cœur. On ne manquera pas de visiter le palais de Rodolphe d’Erlanger, transformé en Centre de musiques arabes et méditerranéennes. On poussera la porte par un matin, lorsque le jardin embaume et que dans chaque pièce résonne le son d’un instrument de musique qu’on prépare pour le concert du soir. Pour que la musique demeure, empli d’émotions spirituelles et culturelles, on se repliera sur des images de plus banale séduction, cette douceur de mœurs qui se marie si bien avec le paysage tunisien et ces plages heureuses ouvertes à toutes les bourses.

Sidi Bou Saïd, une merveille à découvrir, où le blanc et le bleu se mêlent à la végétation luxuriante.

 

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