30/12/2012

* POMPEI (Italie) mon voyage en Côte Amalfitaine 2010

POMPEI, LA VIE EN CENDRES  

Momifiée sous un déluge de centres, Pompéi constitue, depuis qu’elle a été remise au jour, le plus riche témoignage de la civilisation romaine. Mais cette cité est menacée d’une seconde mort. Car, aux catastrophes naturelles, s’ajoutent les effets de l’incurie des hommes.

 

pompéi (italie)

 

Sinistrée au moins trois fois

La « maison de Vénus » était en cours de réparation au moment du grand cataclysme de l’an 79. Elle fut endommagée par les bombes en 1943. Restaurée depuis 1952, elle se trouve de nouveau dans la zone affectée par le dernier séisme. Curieux destin pour cette demeure de gens aisés qui avaient choisi de décorer leur patio avec une image de la déesse de l’Amour, voguant paisiblement sur les flots, allongée sur sa grande conque.

 

pompéi (italie)

 

La réouverture a eu lieu deux mois après le séisme

Avant le tremblement de terre de 1980, tous les ans, plus d’un million de touristes venaient visiter la ville. Cette foule, passant chaque jour par la rue de l’Abondance, était une nuisance plus dangereuse que le vandalisme ou le vol. Créé en 65 avant J.C., l’amphithéâtre fut le premier bâti par les Romains. Il accueillait 20000 spectateurs.

 

pompéi (italie)

 

Le Vésuve, ce jour-là, fit deux mille victimes

Figés par la lave, puis par des moulages en plâtre, on peut encore voir des habitants de Pompéi dans l’attitude où la mort les surprit. Il y en a qui tentent de s’enfuir, de protéger leurs enfants, ou de mettre leur magot à l’abri. On peut voir ces bouleversants spectres à l’Antiquarium, ou aux thermes de Stabies. Mais certains ont été laissés à l’endroit même où les corps furent autrefois découverts.

 

pompéi (italie)

 

En trois heures, tout fut fini

Le 24 août 79, à 10 heures du matin, le bouchon de lave du Vésuve explose. Une pluie de pierres ponces, puis de cendres s’abat sur la ville. A 13 heures, toute vie a disparu. Pompéi comptait alors environ 12000 habitants ; 2000 d’entre eux ne purent s’échapper. Cette coquette cité provinciale possédait un forum, deux théâtres-gymnases, un stade, des bains publics. Entreprises avec méthode seulement après 1860, les fouilles ont mis à jour les deux tiers de la ville. Un tiers de Pompéi est donc encore sous les décombres et reste ainsi conservé. Le tremblement de terre du 23 novembre 1980 a fait peu de dégâts mais a fragilisé de très nombreux édifices.

 

pompéi (italie)

 

120 maisons gardent encore leurs décorations

De nombreux vestibules pompéiens étaient couverts de mosaïques. Dans la villa des Mystères, une fresque de 3 m de haut sur 17 m de large raconte les phases successives de l’initiation d’une jeune mariée au culte voué au dieu Bacchus.

 

pompéi (italie)

27/12/2012

* ICI NAQUIT UNE AMERIQUE

 

ici naquit une amérique

 

C’est en chassant à cheval le bison et en galopant à côté des troupeaux que l’on devient un homme. Tel est encore, aujourd’hui, l’un des credo de l’Américain moyen. Et cette foi a justement pris naissance dans les « Badlands » du Dakota du Nord.

 

Medora, 130 habitants l’hiver, 800000 visiteurs en été

Capitale officieuse des Badlands du Dakota du Nord, Medora a été fondée en 1883 par un aventurier français, le marquis Antoine de Morès, qui lui a donné le prénom de son épouse.

 

ici naquit une amérique

 

Les forteresses naturelles des Sioux

Les eaux du Petit Missouri, les pluies torrentielles de l’été, la fonte des neiges au printemps et le vent souvent très violent ont sculpté les canyons, collines et dômes dans l’argile ocre et les grès rouges, roses et gris. Peu sensibles à la beauté du paysage, les trappeurs qui découvrirent la région la baptisèrent « Badlands », c’est-à-dire « Mauvaises Terres ».

 

ici naquit une amérique

 

Un cheptel de bovins dépourvus de cornes

Les troupeaux de la plupart des éleveurs des Badlands sont des Black Baldy, race de boucherie résultant d’un croisement entre les Black Angus et les Hereford. La principale activité de cette petite ville n’est plus toutefois l’élevage mais la culture du blé.

 

ici naquit une amérique

 

8000 km de rails dans le Dakota du Nord

La première ligne de chemin de fer fut ouverte dans cet Etat en 1872. C’était la célèbre Northern Pacific, remplacée par la Burlington Northern.

 

ici naquit une amérique

 

Le bifteck de Medora était bien trop dur pour les New-Yorkais

Le « château » des Badlands, en fait une ferme de 26 pièces, fut édifié par le marquis Antoine de Morès en 1883, quand sa tentative d’industrialisation de la production de la viande semblait devoir réussir. Il n’en fut rien. On y conserve des souvenirs de Morès, notamment son fusil français de gros calibre.

 ici naquit une amérique

Le pays des « cow-boys Marlboro »

Les Badlands occupent une bande de terre de 10 à 32 km de large sur 300 km environ de long, dans le sud-est de l’Etat du Dakota du Nord. Leur sommet, White Butte (1069 m) est le point culminant du Dakota du Nord. Leur climat est rude. L’hiver, des températures de moins 20°C sont fréquentes. Les archéologues y ont trouvé des traces d’Indiens préhistoriques.

 

ici naquit une amérique

 

21/12/2012

* VENISE EN HIVER (Italie)

A la morte saison, on croit saisir Venise, la véritable, débarrassée des touristes. Mais, noyée dans les brumes marines, c’est une autre ville qui apparaît. Nimbée d’irréalité, une Cité des Doges fantasmagorique et mystérieuse.

venise en hiver

 

Il n’y a aucun doute : c’est l’été qui fait la gloire de Venise. Quand le doux soleil de l’Adriatique tombe sur ses pierres et sur ses eaux, elle évoque l’image de ses splendeurs passées.

L’hiver, l’intimité reprend ses droits, la scène du théâtre se transforme en petit salon et la parade se restreint au bavardage. Les limites de la vie sociale se réduisent davantage, les merveilles d’illusions s’estompent. Venise est pâle et recueillie, perdue dans les brumes de la mer Adriatique.

 

venise en hiver,venise en hiver

 

Elle s’apitoie sur son sort tout en s’abritant derrière sa prétention ; elle est enfin reprise par sa vraie vie quotidienne.

A Venise, c’est le carnaval. Le dernier et séduisant décret promulgué par la cité, un écho de cette fête qui, jadis, fascinait et captivait toute l’Europe lorsque, durant ces même mois opaques de l’hiver vénitien, « les femmes étaient des hommes, les hommes étaient des femmes et tous étaient des singes ».

Comme n’importe quelle autre ville, Venise vit selon ses rythmes distincts, du flux et du reflux des marées.

 

venise en hiver

 

Cent dix-sept îles, quinze mille maisons

L’agglomération de Venise compte plus de 370000 habitants dont 60000 seulement vivent dans le centre historique de la ville, autour de Saint-Marc. Victime d’une désastreuse inondation en 1966, Venise est menacée à la fois par les crues de la lagune et par l’instabilité du sol sur lequel elle est bâtie. Certaines maisons s’enfoncent de 2,5 mm par an. Un plan de sauvegarde est mis en œuvre par l’Unesco et l’Etat italien.

 

venise en hiver

 

Par-dessus tout, c’est la brume qui, tel un peintre qui maîtriserait particulièrement les ombres et les harmonies de couleurs, marque l’unité de Venise et confère à sa journée d’hiver son pouvoir évocateur et unique. Certes, tous les jours ne sont pas brumeux, mais on le sent, la brume est la signature de l’hiver vénitien, elle seule en fait un véritable hiver.

Sous son influence, la ville change, le temps s’estompe, tous les instants se confondent. Les bateaux à moteur s’évanouissent dans le dédale des canaux en retrait. A travers ce labyrinthe, on n’entend que le clapotis léger des rames, l’eau qui bruisse le long des coques et le souffle court mais puissant des rameurs pressés de rentrer chez eux.

 

venise en hiver

 

Parfois, au cours d’une telle nuit, on peut trouver la place Saint-Marc totalement déserte ! D’une manière extraordinaire, les coupoles dorées et les mosaïques de la basilique luisent dans le brouillard. Le sommet du campanile est gommé. Il n’y a plus que sa solide base en brique rouge qui soit en contact avec le sol.

Bien avant le retour des hirondelles, le spectacle recommence. Les hôtels pratiquent à nouveau leurs tarifs de haute saison, les premiers bateaux de croisière dominent la Riva, les groupes de touristes écoutent discourir les guides sur la Piazza. Le sentiment de l’éphémère ou du regret profond se dissipe avec les brumes de l’hiver.

 

venise en hiver

 

18/12/2012

* MARINES DU PLAT PAYS (mes nombreux séjours)

Entre France et Pays-Bas, le littoral du royaume de Belgique égrène ses immenses plages de dunes assaillies par vents et marées. De nos jours, ce rivage a subi l’agression des promoteurs immobiliers qui l’ont bétonné presque tout du long. Mais avec ses cabines de bain baptisées et ses jetées-promenades mordant la mer du Nord, la côte belge évoque encore l’atmosphère nostalgique d’un « plat pays » chanté par Jacques Brel …

 

marines du plat pays

 

Mer du Nord pour unique compagne

L’hiver, Ostende est éclairée par une lumière instable que commandent les nuages et le vent. Le long de la digue mélancolique, des promeneurs solitaires viennent prendre un bol d’air ou rêver d’un grand départ. Ville thermale, port industrieux, Ostende la balnéaire s’éveille à la villégiature en été ; la « reine des plages », telle qu’on la surnomme, retrouve alors une frénésie estivale qu’elle connaît depuis 1820.

 

marines du plat pays

 

Vacanciers d’été à l’air du large

L’été, plusieurs millions de Belges, d’Allemands, de Néerlandais passent leurs vacances sur la côte belge. Chaque ville de bord de mer étale ses plages géantes à marée basse, propose ses estaminets de moules-frites, de gaufres et loue ses deux-roues de toutes tailles pour une balade le long des promenades cimentées. Les casinos font le plein d’artistes et de joueurs. Les festivals font le plein d’amateurs. Et la foule des vacanciers fait le vide dans ses poches.

 

marines du plat pays

 

Diables en pierre accrochés au rivage

Tout au long de la côte, une haute falaise d’immeubles fait face à la mer du Nord. Cette dentelle d’habitations saisonnières laisse peu de place aux espaces naturels. Les vieilles maisons disparaissent en raison de l’appétit des promoteurs. Tous les types d’architecture cohabitent. Le casino de Blankenberge, avec sa façade de mosaïques date des années trente. A Knokke-Heist, parmi un Lego de résidences, émerge un bizarre manoir de commerces.

marines du plat pays 

Littoral assiégé par les marées

Bloquée entre la France et les Pays-Bas, la façade maritime de la Belgique s’étend sur un peu moins de 70 km dans une région remarquable par sa platitude (0 à 5 m d’altitude). On y retrouve le paysage traditionnel des polders, marais littoraux asséchés et endigués dessinant des parcelles géométriques qui s’enchâssent entre les canaux d’écoulement. Cette frange de la Flandre Occidentale reste menacée par les violents coups de boutoir de la mer du Nord nécessitant la présence de trois cents brise-lames ; à partir d’Ostende, de puissants courants côtiers rongent la côte et rendent la baignade dangereuse. Il y a six siècles, la mer emportant même l’église du port flamand !

Parallèlement, des vents d’ouest assez brutaux laminent ce long cordon de dunes brisé par la seule embouchure de l’Yser. Mais aujourd’hui, les rafales peinent à s’insinuer dans le rempart d’immeubles qui s’est formé de Dunkerke à Knokke-Heist.

 

marines du plat pays

 

Ancrés près des eaux

Des arbres-repères arquent le passage du canal Bruges-Sluis, au niveau de Damme, dans une région chiche en forêts. Aussi caractéristique dans le paysage est le tramway de la côte belge ; sur 67 km, son double wagon longe scrupuleusement le rivage de La Panne à Knokke-Heist et dessert les 67 arrêts de la ligne. En saison, une rame part toutes les quinze minutes.

 

marines du plat pays

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13/12/2012

* LE ROYAUME PRES DES CIEUX (Himalaya)

Dans la plus haute vallée peuplée de l’Himalaya, un royaume millénaire, le Zanskar. A plus de quatre mille mètres d’altitude, un peuple de moines, de seigneurs féodaux et de paysans y vit dans le respect des antiques traditions tibétaines et la fidélité au dalaï-lama.

 

le royaume près des cieux (himalaya)

 

La plus haute vallée habitée

Le Zanskar est un très ancien pays, fondé en l’an 930 de notre ère. Et, bien que rattaché au Cachemire indien, il peut être considéré comme le dernier royaume féodal de la planète. Les difficultés d’accès expliquent son isolement. Pour l’atteindre, il faut franchir la chaîne du Grand Himalaya, ou celle des monts Zanskar : des cols de 5000 mètres, ou plus, fermés pendant les deux tiers de l’année. A une altitude moyenne de 4000 mètres, dans une trentaine de villages et presque autant de monastères, habite un peuple de quelque hui mille paysans et moines, toujours très attachés à leurs deux ex-souverains, les rois de Zanskar et de Zangla.

 

le royaume près des cieux (himalaya)

 

La salle secrète du trésor

Il est en général facile d’entrer dans les différentes pièces des monastères. Sauf dans la cave où sont déposés les objets les plus précieux. Une seule fois par an le public y est admis.

 

le royaume près des cieux (himalaya)

 

Le « cheval du vent », protecteur des voyageurs

Hisser un drapeau est, au Zanskar, une manière de manifester sa foi et de se concilier la bienveillance des divinités. On en voit partout, sur les chemins et les ponts, sur les terrasses et dans les cours des maisons et des temples, sur les « chörtens » (monuments pieux) ou sur les imposants cols des montagnes. Humbles morceaux d’étoffe où l’on inscrit parfois des « mantras », formules sacrées.

 

le royaume près des cieux (himalaya)

 

La prière passe par le langage des mains

Le pouce et l’index rapprochés et la paume de la main tournée vers l’intérieur. La petite cloche (symbole de sagesse), le « dorjé » (la foudre) sont des accessoires de prière. Le son des hautbois ou d’autres instruments, joue également un rôle dans les messages adressés aux fidèles.

 

le royaume près des cieux (himalaya)

 

Le point le plus bas se situe à 3600 mètres

Long de plus de 300 km et large d’une bonne dizaine, le fond de la haute vallée, appelée plaine centrale, forme le pays proprement dit. C’est là que se trouvent les fermes, les villages et la plupart des monastères. Pendant huit mois par an, ses habitants demeurent isolés du monde. Même en été, les visiteurs sont rares. Des « kadags » (écharpes blanches) sont tendues aux étrangers en signe de bienvenue.

 

le royaume près des cieux (himalaya)

 

L’un des plus vieux ponts suspendus de l’Himalaya

Il y a huit siècles que, près du village de Zangla, ce pont long de 70 mètres permet aux voyageurs de franchir la rivière Zanskar et de se rendre d’un côté de la vallée à l’autre. Il est construit avec des petites brindilles de bouleau nain, tressées pour former des sortes de cordages. Ces derniers doivent être renouvelés tous les deux ans.

 

le royaume près des cieux (himalaya)

 

Des milliers d’inscriptions sacrées sur les pierres

Sur des pierres isolées, empilées, formant des sortes de murets, il est fréquent de voir des images saintes. Ou, beaucoup plus souvent encore, sculpté en tibétain, le « mantra » libérateur : « Om Mani Padme Hüm ».

 

le royaume près des cieux (himalaya)