08/08/2014

* ARGENTINE

Investi par des pionniers à cheval appelés gauchos, le pays le plus au sud du monde avec le Chili s’étend sur près de quatre mille km de long : depuis les touffeurs tropicales de la province de Misiones, au nord, jusqu’aux solitudes glacées de la Terre de Feu. Sur cet immense territoire, on trouve à peine trente millions d’hommes et le tiers d’ente eux habitent dans la capitale, Buenos Aires. Après des années de dictature militaire et d’inflation galopante, les Argentins, le peuple le plus européen d’Amérique latine, redécouvrent l’usage de la démocratie parlementaire et rusent avec l’inconfort d’être devenus pauvres.

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Les dents gelées de la cordillère des Andes

Dorées par la lumière du crépuscule, les parois de granit du Fitz Roy (3375 m) ont longtemps nargué les alpinistes. Ce massif aux nombreux pics fait partie, avec l’Aconcagua (6959 m et point culminant du territoire argentin), de la chaîne des Andes qui forme une frontière presque infranchissable entre le Chili et l’Argentine. La cordillère est le deuxième système montagneux du monde après l’Himalaya.

 

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Une géante argentée au bord de la Plate

Sur 300 mètres de large, l’avenida 9 de Julio coupe en deux la capitale, Buenos Aires. Elle va jusqu’au port, sur le Rio de la Plata, le grand estuaire au nom d’argent. Toutes les rues de la ville se croisent à angle droit, à la manière new-yorkaise. La Place de Mai, rendue célèbre par les manifestations politiques, se trouve à un km environ. Partout, des immeubles modernes remplacent les vieilles maisons à un étage de la période coloniale.

 

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Mise en scène de jeux d’eau sous les tropiques

Au Salto Grande de Santa Maria, dans un vacarme de début du monde, 275 rapides se précipitent de 70 mètres de haut dans une cuvette bouillonnante. Les chutes d’Iguaçu, dans la province de Misiones, se trouvent au point de rencontre des frontières du Paraguay, du Brésil et de l’Argentine. Plus étendues que celles du Niagara, sinon plus hautes, elles sont plus impressionnantes.

 

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Sur la Pampa, jamais le gaucho ne pose le pied

Descendants du bétail apporté par la seconde vague des conquistadores, les bovins n’ont fait que se multiplier sur les gigantesques pâturages de la Pampa humide. Tel un centaure, le gaucho, toujours scellé à son cheval, est leur berger. Jusqu’à l’invention du fil de fer, puis du barbelé, aucune clôture ne limitait leur errance. Souvent les bœufs revenaient sauvages et devaient être capturés au lasso à trois boules : la boleadora.

 

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Le regard perdu des premiers habitants de l’altiplano

Sur les hauts plateaux, les Indiennes Coyas portent le chapeau melon de feutre noir. Elles ressemblent aux Indiennes de Bolivie : tous les peuples de l’altiplano étaient là bien avant que les colons ne tracent la frontière. L’humeur silencieuse de ces populations qui se tiennent à l’écart de l’Argentine blanche n’est troublée que par la musique aigre de leurs flûtes et de leurs violes.

 

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Le voyage au bout de la Terre

Arrivant du Paraguay ou du Brésil, on entre en Argentine par la province de Misiones comme dans un décor de cinéma. Lorsqu’on passe de la forêt humide aux hautes plaines sèches, au pied des Andes, l’impression d’assister à un grand spectacle se confirme. Et l’on se retrouve un soir comme un figurant de western, assis autour d’un feu, avec des gauchos habillés de cuir, sirotant un maté et écoutant un bandonéon plaintif.

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Ultime escale avant le pôle

Le port d’Ushuala, au pied des Andes du Sud, face à la Terre de Feu, vit autrefois passer les voiliers du monde entier, chargés de blé ou de minerai venant de Californie ou de Valparaiso, en route pour l’autre côté du monde. Après le percement du canal de Panama, ce fut le retour à la torpeur hivernale, sous un ciel chargé de nuages. Les Indiens sont devenus les dockers d’un petit trafic local et les manchots ont emprunté leur nom à Magellan.

 

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