10/10/2014

* L'AMERIQUE LATINE

Au sud du Rio Grande et jusqu’à la Terre de Feu, sur des milliers de kilomètres, s’étend l’Amérique latine. Du Mexique à la pointe extrême du Chili, voici l’Amérique des laissés-pour-compte, hier de la colonisation, puis du développement. Pour les puissants voisins blancs et anglo-saxons du nord, l’Amérique et les Américains, ce sont eux, les Etats-Unis. Dans le reste du continent, il n’y a dans leur esprit que des « latinos », des métis ou des Indiens …

 

l'amérique latine

 

Pourtant quatre cents millions d’être humains s’entassent dans cette Amérique-là. Ils vivent dans une trentaine de pays, nés pour la plupart de décisions administratives prises par les premiers envahisseurs espagnols et portugais. Les frontières qui les séparent ne signifient pas grand-chose. De part et d’autre, ce sont les mêmes gens, et surtout les mêmes problèmes, les mêmes besoins vitaux inassouvis, la même misère. Car l’Amérique latine est l’une des régions les plus pauvres du monde. Elle ne s’est jamais remise d’une colonisation effrénée qui la vida de sa substance, ni d’une indépendance qui n’a pas tenu ses promesses. Par-delà les puissants et la petite minorité qui donne l’image trompeuse d’un certain bien-être, une population de petites gens incroyablement démunis peine pour survivre dans les bidonvilles des grandes cités, les villages du plateau andin ou les campements de la forêt.

 

l'amérique latine

 

Indiens sans âge et sans expression, mais dépositaires d’une culture millénaire aliénée ; Noirs en quête d’une identité perdue depuis qu’ils furent arrachés à leur Afrique natale ; métis issus de croisements innombrables, tel est le peuple profond de l’Amérique dite latine.

 

Portes ouvertes sur les sentiers du néant

Rien de plus désolé que les « paramos », les steppes froides et humides de l’Equateur, dans les contreforts des Andes, à 4500 d’altitude. Un peuple de bergers y habite néanmoins. Vêtus de peaux de mouton, ils mènent leurs troupeaux aux pâturages par des chemins qui ne vont nulle part et à travers des barrières du temps jadis qui ne protègent plus rien.

 

l'amérique latine

A l’école des Indiens, ils apprennent la dignité

La loi du plus fort, tout droit venue de l’époque coloniale, veut que les Blancs, et souvent les métis se réservent les terres situées au fond des vallées et que les Indiens soient relégués vers les hauteurs, où les cultures sont plus difficiles et les rendements moindres.

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Autrefois, la durée de vie des mineurs boliviens ne dépassait guère trente-cinq ans. Très vite l’implacable silicose les terrassait, mais depuis un siècle, après plusieurs mois de labeur dans la mine, les travailleurs retournent aux champs pendant quelques mois, le temps de se refaire une santé. Du coup, la population des zones minières du haut plateau andin est devenue l’une des plus politisées du monde. Les conditions de travail, surtout dans les petites mines privées, restent néanmoins très dures et pour les supporter, les hommes ont toujours recours à la coca et à l’alcool.

 

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