30/10/2014

* ANNAPURNA (Népal)

ANNAPURNA, sanctuaire menacé (Népal)

Au Népal, en plein cœur de la chaîne de l’Himalaya, le massif de L’annapurna, dont plusieurs sommets dépassent 8.000 mètres d’altitude, fait le bonheur des alpinistes et des adeptes du trekking. Mais le développement rapide et mal maîtrisé de ce nouveau mode de tourisme engendre de graves problèmes écologiques. Pour protéger la beauté des sites, les Népalais inventent une forme de parc national qui intéresse concrètement les populations à la sauvegarde de leur patrimoine.

 

annapurna (népal)

Marches de géant pour grimper vers le gite

Essentiellement agricole, le Népal cultive ses terres jusqu’à la moindre parcelle. Dans la haute vallée de la rivière Kalo Gandaki, les rizières en terrasses découpent le flanc des montagnes en un puzzle verdoyant.

annapurna (népal)

 

Cheminement des bêtes pour aborder le colosse

Avec l’altitude, l’oxygène se raréfie et la végétation se rabougrit. Sur les chemins qui s’élèvent vers le sanctuaire de l’Annapurna, chevaux et mulets peinent sous le poids de leurs lourdes charges. Mais ces caravanes restent le plus sûr moyen d’acheminer vers les hauteurs les vivres et matériaux indispensables à l’organisation des trekkings.

Sur les collines monumentales, sculptées à la houe par des gestes chaque année répétés, des terrasses verdoyantes s’étagent depuis les vallées, cédant à regret la place aux pâturages et aux forêts. Des hommes ont tracé jour après jour leurs routes sur les sentes où les mules même ne passent pas. Combien de voyageurs, enthousiastes ou sceptiques, sont revenus transformés de leur première visite dans l’Himalaya, fascinés par les plus hauts sommets du monde ou encore par cette religion, le bouddhisme, qui a exploré le fond de l’âme humaine et élaboré en ses temples inaccessibles des perspectives pratiques et métaphysiques inspirées par un étroit contact avec la nature.

 

annapurna (népal)

Eternel fardeau de la misère

Tous ne profitent pas également des richesses engendrées par le tourisme et de nombreux paysans connaissent une existence précaire, ils doivent toujours aller loin chercher l’indispensable bois de chauffe et le porter à dos d’homme.

Pour eux, les exigences de l’écologie ne signifient pas grand-chose face aux dures réalités quotidiennes.

L’Annapurna est sans doute le lieu du monde où l’idée de sérénité, de paix et d’harmonie entre homme et nature est la plus perceptible. La simplicité chaleureuse des rapports humains participe autant à la grandeur des lieux que les neiges éternelles et leur cortège de pics étincelants. Si l’industrie du tourisme y est florissante, il est heureux que les hommes qui y vivent, loin d’être exclus, fassent partie intégrante de la splendeur du site.

 

annapurna (népal)

 

24/10/2014

* LES DENES DU GRAND NORD (Canada)

Dans le nord-ouest du Canada, disséminée sur l’immense territoire appelé Denendeh, « Terre des Gens », vit une petite nation indienne dont les origines remontent à l’aube des temps. Peuple des lacs, des rivières et des forêts, les Dénés restent intégrés à la nature nourricière : le choc avec la civilisation moderne n’arrive pas à altérer leur mode de vie ancestral.

 

les dénés du grand nord (canada)

Aliment de base : la viande, fraîche ou séchée

Pour les Blancs, la chasse est réglementée. Mais pour les Dénés, il n’y a aucune limitation. L’original et le caribou sont les prises les plus recherchées. Afin qu’elle se conserve, au besoin pendant toute l’année, la viande est séchée au grand air.

 

les dénés du grand nord (canada)

Toujours la chasse au gibier d’eau

Au début de l’été, après la débâcle des glaces, les oiseaux qui avaient fui l’hiver reviennent vers les territoires du nord pour se reproduire. Canards et oies sauvages croisent dans le ciel en vols immenses. Au milieu du fleuve Mackenzie, le chasseur Déné attend de pied ferme leur passage.

les dénés du grand nord (canada)

 

Le pays des Dénés

Les Indiens Dénés vivent dans le nord-ouest du Canada depuis environ trente mille ans, disent les préhistoriens. Dans leur langue, le territoire qu’ils occupent s’appelle le Denendeh. Ils ont toujours été divisés en plusieurs tribus : les Chipewyan, les Plat-Côtes-de-Chiens, les Esclaves, les Peaux-de-Lièvre et les Loucheux, parlant des langues différentes mais possédant les mêmes racines.

Tous les ans, à l’approche de la belle saison, les caribous remontent vers le nord, jusqu’aux rives de l’océan Arctique. C’est pendant cette migration que les Dénés renouvellent leurs réserves de viande. Dès qu’un troupeau est repéré, les chasseurs accourent en traîneau ou en skidoo.

les dénés du grand nord (canada)

 

Chaque jour, il faut casser la glace

Un seul trou creusé dans la surface des eaux gelées suffit pour pêcher pendant les huit ou neuf mois de saison froide. Mais il faut l’entretenir. Au petit matin, un homme casse la mince couche de glace qui s’est formée pendant la nuit au fond de son trou, afin de remonter la ligne posée la veille.

 

les dénés du grand nord (canada)

Pêche abondante en toute saison

Truites, brochets et autres poissons savoureux et de belle taille se laissent prendre dans les mailles d’un filet tendu sous la glace, entre deux trous. Les Dénés mangent le poisson frais, bouilli, ou le font sécher, comme la viande, pour le conserver longtemps.

les dénés du grand nord (canada)

 

La maison de chacun encore la maison de tous

Fort Norman est un village relativement important pour la région. Chaque famille y dispose d’une maison en bois. Mais personne n’est tenté de s’isoler : la vie en groupe, au sens large, est la règle. Les dimanches, après le service religieux, les villageois ont coutume de se réunir tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre, pour prendre ensemble le repas de midi.

 

les dénés du grand nord (canada)

 

17/10/2014

* HONG KONG (chine)

Carrefour de l’Extrême-Orient et de l’Occident extrême, Hong Kong est une Babel chinoise à la réussite économique insolente. L’image même du capitalisme triomphant avec qui se négocient des affaires en or.

hong kong (chine)

 

Voiles de jonques sur fond de Manhattan

Dans la baie de Hong Kong, glissent les jonques d’antan. Elles évoquent les pirates des mers du Sud échappés de la légende et viennent distraire les touristes sur un décor de gratte-ciel à l’américaine. Porte de la Chine traditionnelle, Hong Kong a élevé des tours qui affirment sa puissance économique. Cargos et ferries font un incessant ballet nautique autour des bateaux de pêche.

 

hong kong (chine)

Entre mer et montagne, l’empire du commerce

Les ruelles traditionnelles grimpent sur les pentes de Hong Kong Island, coupant à angle droit les trois longues artères vitales parallèles au front de mer. Derrière les géants de béton, de verre et d’acier, fourmille un peuple d’artisans et de boutiquiers.

Les ateliers s’empilent, les enseignes se superposent, les échoppes de la même activité, clones du petit commerce, se multiplient.

hong kong (chine)

 

Les vieilles divinités rajeunissent à chaque carnaval

L’âme chinoise s’exprime dans les nombreuses fêtes du calendrier lunaire où se perpétuent des croyances tenaces et à l’occasion desquelles on agite en procession des dragons de papier multicolores. Dans des ateliers de plein air, des artisans confectionnent des mannequins géants.

 

hong kong (chine)

La guerre de l’opium, péché originel de la colonie

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Hong Kong n’avait pas d’immeubles de plus de cinq étages. Aberdeen était une petite ville flottante : les sampans envahissaient la baie. Dans les années cinquante, le cortège des notables prolongeait l’ère des mandarins.

 

hong kong (chine)

Ni l’argent ni la loi n’ont jamais soumis les divinités

Les Chinois de Hong Kong brûlent des bâtonnets d’encens et déposent des offrandes au pied des arbres et des rochers sacrés. Ce culte se célèbre près des gratte-ciel. Un monde occulte cohabite avec celui des intérêts de la Couronne défendus par les juges à perruque et le taipan.

 

hong kong (chine)

Quand l’avion survole les pousse-pousse dormants

Ils étaient encore mille avant 1940. Il n’en reste plus que quelques uns. On les trouve attendant l’Européen nostalgique près de la gare du Star Ferry.

hong kong (chine)

 

Une cité qui gagne sur la mer et monte vers le ciel

Avec la plus forte densité de population au monde et en raison de l’exiguïté des zones habitables, Hong Kong semblait voué aux maladies des mégalopoles du Tiers-Monde. Mais ici, nul fatalisme. Secteur public et secteur privé en compétition ont trouvé des solutions originales pour tenter de résoudre la crise du logement. Des espaces nouveaux ont été conquis sur tous les fronts de mer.

 

hong kong (chine)

 

10/10/2014

* L'AMERIQUE LATINE

Au sud du Rio Grande et jusqu’à la Terre de Feu, sur des milliers de kilomètres, s’étend l’Amérique latine. Du Mexique à la pointe extrême du Chili, voici l’Amérique des laissés-pour-compte, hier de la colonisation, puis du développement. Pour les puissants voisins blancs et anglo-saxons du nord, l’Amérique et les Américains, ce sont eux, les Etats-Unis. Dans le reste du continent, il n’y a dans leur esprit que des « latinos », des métis ou des Indiens …

 

l'amérique latine

 

Pourtant quatre cents millions d’être humains s’entassent dans cette Amérique-là. Ils vivent dans une trentaine de pays, nés pour la plupart de décisions administratives prises par les premiers envahisseurs espagnols et portugais. Les frontières qui les séparent ne signifient pas grand-chose. De part et d’autre, ce sont les mêmes gens, et surtout les mêmes problèmes, les mêmes besoins vitaux inassouvis, la même misère. Car l’Amérique latine est l’une des régions les plus pauvres du monde. Elle ne s’est jamais remise d’une colonisation effrénée qui la vida de sa substance, ni d’une indépendance qui n’a pas tenu ses promesses. Par-delà les puissants et la petite minorité qui donne l’image trompeuse d’un certain bien-être, une population de petites gens incroyablement démunis peine pour survivre dans les bidonvilles des grandes cités, les villages du plateau andin ou les campements de la forêt.

 

l'amérique latine

 

Indiens sans âge et sans expression, mais dépositaires d’une culture millénaire aliénée ; Noirs en quête d’une identité perdue depuis qu’ils furent arrachés à leur Afrique natale ; métis issus de croisements innombrables, tel est le peuple profond de l’Amérique dite latine.

 

Portes ouvertes sur les sentiers du néant

Rien de plus désolé que les « paramos », les steppes froides et humides de l’Equateur, dans les contreforts des Andes, à 4500 d’altitude. Un peuple de bergers y habite néanmoins. Vêtus de peaux de mouton, ils mènent leurs troupeaux aux pâturages par des chemins qui ne vont nulle part et à travers des barrières du temps jadis qui ne protègent plus rien.

 

l'amérique latine

A l’école des Indiens, ils apprennent la dignité

La loi du plus fort, tout droit venue de l’époque coloniale, veut que les Blancs, et souvent les métis se réservent les terres situées au fond des vallées et que les Indiens soient relégués vers les hauteurs, où les cultures sont plus difficiles et les rendements moindres.

l'amérique latine

 

Autrefois, la durée de vie des mineurs boliviens ne dépassait guère trente-cinq ans. Très vite l’implacable silicose les terrassait, mais depuis un siècle, après plusieurs mois de labeur dans la mine, les travailleurs retournent aux champs pendant quelques mois, le temps de se refaire une santé. Du coup, la population des zones minières du haut plateau andin est devenue l’une des plus politisées du monde. Les conditions de travail, surtout dans les petites mines privées, restent néanmoins très dures et pour les supporter, les hommes ont toujours recours à la coca et à l’alcool.

 

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05/10/2014

* TEXAS (Amérique)

Plus vaste que la France, le Texas, deuxième Etat américain après l’Alaska pour la superficie, reste le premier pour le pétrole et dans bien d’autres domaines. Les milliardaires de Dallas et de Houston composent une aristocratie qui, à l’épate, préfère l’élégance.

 

texas

Les pionniers vinrent habiter la Plaine

Entre deux passages de convois, le désert gris du Texas redevient ce plat pays qu’ont découvert les premiers aventuriers venus en chariot. De Houston à El Paso, sur 900 km, les passagers du fameux Southern Pacific Railroad ont à perte de vue un espace de rêve pour revivre l’histoire du Far West.

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Et les cow-boys se réveillèrent un jour milliardaires

Une ère nouvelle a débuté en 1901 le jour où, à Spindletop, près de Beaumont, un geyser jaillit d’un puits de 400 m. L’or noir ! Ce fut le début d’une épopée et l’origine de la fortune des éleveurs qui dormaient au-dessus d’un pactole. Le pétrole allait changer la face de l’Etat.

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Un western dans un décor de gratte-ciel

Au début du 20e siècle, il n’existait pas d’agglomération de 60.000 habitants. Au pied du Ranger Peak, les lumières de cette cité se perdent dans le désert. Située au bord du Rio Grande, elle vit de l’industrie du pétrole et du cuivre.

Ce qui force l’attention, c’est moins le paysage que le défi de ces hommes qui bâtissent des empires sur le sable. Tout est à la mesure de cette louche d’argent baptisée « cuillère à thé du Texas » et en vente partout.

 

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Six drapeaux pour une seule étoile

Les petits Texans apprennent que leur pays a vu flotter six drapeaux. Les couleurs de l’Espagne, les lys de la France, l’aigle du Mexique, l’étoile unique de la République du Texas, les treize étoiles des Confédérés et la bannière de l’Union.

 

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La cité sans poussière ni fumée

Dallas, avec Fort Worth, forme une mégalopole de près de 3 millions d’habitants. Et coiffe ainsi au poteau sa rivale Houston (1.500.000). Dallas, cité financière dont l’ascension a pour symbole arrogant une tour surmontée d’une sphère étincelante, snobe Houston, le rendez-vous des magnats du pétrole.

C’est à Dallas que les photographes de mode viennent chercher des modèles. Mais la plupart des femmes dallasites ont autre chose à faire que de devenir covergirls ou majorettes. Elles cumulent les diplômes et gèrent des entreprises familiales. Ce sont souvent également des cavalières émérites.

 

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Tex-Mex, la nouvelle colonie

Le nom de l’Etat vient de Tejas, un vocable d’origine indienne déformé par les Espagnols et qui veut dire amitié. Les Tex-Mex, Mexicains nés du « bon côté » du Rio Grande et intégrés au Texas, apportent une note de convivialité qui égaye la vie rude du cow-boy et l’âpre compétition des affairistes.

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