30/11/2014

* POMPEI DE L'AFRIQUE NOIRE

La tradition locale l’appelait Djenné l’ancienne et la légende chantait sa prospérité. Au cœur du Mali, la cité disparue fondée en 250 avant notre ère et qui connut son apogée entre le IXe et le XIe siècle. Hypothèse probable : la plus vieille ville d’Afrique noire a été tuée par l’Islam, aussi sûrement que Pompei par le Vésuve.

 

pompei de l'afrique noire

 

Les urnes funéraires retrouvées sur le site de Djenné-djeno bouleversent l’histoire ; elles ont été enterrées entre l’an 300 et l’an 800 de notre ère. Elles démontrent avec d’autres objets exhumés, l’existence d’une ville commerçante et riche, bien avant la pénétration de l’Islam qui, croyait-on, avait apporté à l’Afrique noire la civilisation urbaine.

 

Son et lumière à Djenné : l’Afrique d’il y a mille ans

Les habitants de Djenné ont reconstitué dans une des habitations mises au jour le cadre de vie qui était celui de leurs ancêtres il y a un millénaire. Chaque femme du maître des lieux disposait d’une maison pour elle-même et ses enfants. Le poisson était fumé sur les foyers extérieurs, les détritus jetés dans des fosses creusées à proximité.

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Veillant sur tous, un dieu androgyne

Une silhouette androgyne retrouvée, unique en son genre, avait sans doute un caractère religieux. Le culte du serpent a été célébré au Mali jusqu’au 19e siècle. Des pièces archéologiques très variées, perles, bagues, figurines, ont été retrouvées au cours des fouilles. Les instruments de pêche, couteau, tête de harpon, hameçon et fer de lance, font de Djenné-djeno le plus ancien site de l’âge du fer retrouvé en Afrique noire.

 

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Une ville meurt quand sa sœur naît

Deux Djenné se sont succédé dans l’histoire

Bâtie à partir de 250 avant J.C. sur le delta intérieur du Niger, au cœur du Mali, Djenné-djeno (l’ancienne) a connu son apogée de ville commerciale et prospère entre 800 et 1000 de notre ère. Cité païenne, elle a été peu à peu abandonnée par ses habitants convertis à l’Islam. Ceux-ci fondaient à trois kilomètres la Djenné actuelle, dont la mosquée est la plus importante d’Afrique de l’Ouest.

 

pompei de l'afrique noire

Une cité qui grandit sur ses ruines

Enfouie profondément dans le sol, la mémoire de la ville.

Les premiers habitants de Djenné, vivent dans des huttes circulaires en jonc tressé. La seconde phase d’occupation, qui va de 300 à 800, révèle l’emploi d’urnes pour les sépultures. Les maisons, bâties en boue du fleuve, sont fragiles et s’effondrent souvent. De nouvelles demeures sont reconstruites sur les débris des anciennes. La ville, ceinte en l’an 800 par une muraille, s’est ainsi littéralement élevée sur elle-même. Les maisons sont alors plus solides, les fosses à détritus descendent jusqu’aux premiers niveaux d’occupation. L’artisanat local, poteries, bijoux, armes, statues, montre la même progression vers la richesse et le raffinement.

 

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