07/12/2014

* LES TAMBOURS DE DIEU (Mexique)

Au Mexique, les Indiens Tarahumaras, convertis au catholicisme il y a quatre siècles, pratiquent un culte aux cérémonies très élaborées qui mêlent la liturgie romaine et des rites millénaires. S’ils appellent sur eux la protection de Dieu, ils savent aussi, à l’occasion, le défendre contre les machinations du diable.

les tambours de dieu (mexique)

 

Pour honorer le Christ, ils se coiffent de miroirs

Vêtus de grandes capes d’étoffe colorée, les danseurs, qui sont des hommes, ont ceint des petites couronnes de miroirs où se reflètent la toute-puissance et l’omniprésence de Dieu, assimilé au Soleil. Pour ces danses épuisantes, qui durent souvent toute la nuit, ils ont exceptionnellement mis des chaussures.

 

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Les enfants de Cochise dans les pas de Jésus

Les Tarahumaras sont des Apaches. Pendant les fêtes de Pâques, les danseurs matachin arborent aussi des coiffures de parade, enrichies de rubans multicolores, alors que le guerrier au visage peint porte la coiffe plus traditionnelle, en plumes de dindon.

 

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La danse infernale des guerriers du diable

Tachetés de chaux, les hommes qui dansent une épée de bois à la main incarnent les pharisiens, alliés du diable. Cette alliance se manifeste de façon spectaculaire le vendredi saint ; ce jour-là, les pharisiens attaquent les capitaines et les soldats, défenseurs de Dieu, réputé en état d’extrême faiblesse puisqu’il se laisse crucifier.

 

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Contre le Malin, l’église est défendue comme un fort

En robes claires, armés de lances et brandissant des oriflammes, les soldats de Dieu jouent le rôle d’une légion indienne du Christ. En dansant, ils défendent l’église de la mission et, par extension, Dieu contre les puissances des ténèbres. Les femmes ne participent jamais aux danses.

 

Une Eglise catholique où le Saint-Esprit est absent

Après l’enterrement symbolique du Christ dans le cimetière de la mission, le prêtre dit la messe devant une assistance où hommes et femmes sont séparés. Le catholicisme des Tarahumaras ignore le Saint-Esprit et beaucoup d’événements de la vie de Jésus-Christ sont attribués à Dieu le père.

 

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Pour que la musique reste pure on brûle les violons

La musique qui monte vers Dieu est d’autant plus pure que les instruments qui la jouent sont neufs. Aussi, après les grandes fêtes religieuses, violons et tambours seront détruits pour être refabriqués localement, l’année suivante. Dans le même souci de pureté les dignitaires Tarahumaras et les protagonistes des fêtes portent toujours des habits neufs ou d’une propreté impeccable.

 

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