07/12/2014

* MOURIR EN TORADJA (Indonésie)

Chez les Toradja, à Célèbes, quand le tambour résonne, « un feu s’éteint » : quelqu’un se meurt. Comment les vivants l’aideront-ils à réussir sa mort et sa survie dans l’au-delà ? Deviendra-t-il lui-même un dieu ou un ancêtre bienfaisant ? A la lumière des rites funéraires, mythes et croyances, le culte des morts en pays Toradja est l’un des plus complexes. Mais l’un des plus fascinants aussi !

 

mourir en toradja (indonésie)

De leurs loges de pierres les morts observent les vivants

Les Toradja déposent leurs morts dans des sépultures creusées à flanc de falaise. Chaque caveau, fermé par un système de verrouillage secret, abrite les membres d’une même famille. Les corps sont enveloppés dans des linceuls ornés d’or, et le pillage des sépultures est considéré comme le crime le plus grave. Les tau-tau, effigies de bois, sont placées dans des niches à côté des tombeaux. Sculptées à l’image des défunts, elles honorent leur souvenir. Ainsi les vivants peuvent contempler les morts et inversement.

mourir en toradja (indonésie)

 

Une main reçoit les bienfaits, l’autre les rend

Les tau-tau en bois sculptés par des spécialistes qui ont, aussi, une fonction religieuse : ils intercèdent auprès des dieux. La position des mains est rituelle, une main, paume tendue vers le ciel, reçoit les bienfaits que l’autre rend. Seuls les nobles ont droit à leur effigie. Le coq symbolise le courage, le sens de la justice. Les combats de coqs organisés lors des funérailles sont des témoignages de la grandeur d’âme du défunt.

 

mourir en toradja (indonésie)

Le buffle accompagne le défunt dans l’au-delà

Les rituels mortuaires donnent lieu à de nombreux sacrifices d’animaux. Le premier buffle immolé l’est toujours à l’ouest de la maison. La gorge tranchée par un violent coup de parang, celui-ci va s’abattre et agoniser en quelques secondes. Des enfants se précipitent pour recueillir son sang dans des tubes de bambou. Les Toradja croient que les buffles accompagnent le défunt au pays des morts. Pour l’aider à tenir son rang dans l’au-delà on en immole le plus grand nombre. C’est là un signe de prestige.

mourir en toradja (indonésie)

 

L’île aux quatre péninsules

Plus d’un demi-million de Toradja vivent à Sulawesi.

Sulawesi, qu’on appelle aussi Célèbes, est une des grandes îles de l’archipel Indonésien. Le climat tropical est marqué par une saison sèche. Et le relief culmine, au sud, au mont Rante Kombola à 3455 m.

 

mourir en toradja (indonésie)

On ne s’occupe des morts qu’après la fin des moissons

90 % des Toradja sont paysans. Le riz, principale ressource du pays, est une plante sacrée que l’on entrepose dans des greniers gravés et peints. De nombreux rituels entourent sa croissance, ils sont destinés aux dieux et aux ancêtres. Les rites funéraires sont essentiels pour se concilier les faveurs des défunts ainsi que pour obtenir d’eux une influence bénéfique sur l’agriculture.

 

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