19/12/2014

* LES ACORES

LES ACORES, un petit goût d’Atlantide

Vertes comme l’Irlande et fleuries comme Madère, elles sont neuf îles arc-en-ciel perdues dans le grand bleu de l’Atlantique.

 

les açores

 

Couvert de fleurs, nimbé de brumes et de pluies passagères, balayé de vents et d’alizés, égayé de ciels bleus et réchauffé de soleil, cet archipel de neuf jardins est magique. Le dicton local affirme que les quatre saisons s’y invitent le même jour, comme pour dessiner des ciels changeants. La couleur des prés est plus verte qu’en Irlande, les vaches ponctuent les paysages comme en Hollande, les bocages alignent des hortensias bleus à perte de vue, des moulins rouges rappellent la présence de colons flamands au XVe siècle.

Les Açores sont portugaises et s’appellent Santa Maria, Säo Miguel, Säo Jorge, Terceira, Graciosa, Pico, Faial, Corvo et Flores. Elles sont nées du volcanisme et le plus haut sommet portugais est le cône volcanique du Pico avec ses 2.351 mètres.

 

les açores

 

Terceira, entre vins, taureaux et ferias …

Terceira est la plus baroque d’entre elles. Sur cette terre volcanique et fleurie, culturellement très riche, on aime rire et frissonner. Les vignes et les champs sont protégés par des murets en pierre de lave. Entre lave et lumière, fleurs et verdure, ciels bas et horizon à perte de vue. Du haut de la Serra do Cume, à 500 m d’altitude, on embrasse l’île du regard, avec ses troupeaux de chèvres, ses récifs et ses villages immaculés, sur fond de moulins à vent dans la brume.

 

les açores

 

Tout autour de la ville de Biscoitos, si écrasante que soit la nature, on remarque l’empreinte de l’homme. Comme le raisin rouge ne s’épanouit pas sur la lave, ils produisent un excellent vin blanc, le Verdelho.

Angra do Heroismo est la plus belle ville des Açores : rues tirées au cordeau, façon échiquier, églises ornementées et placettes innombrables.

A Vitoria, une imperio, chapelle colorée est érigée en l’honneur du Saint Esprit.

 

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Säo Miguel, entre lacs et collines

La plus grande des neuf îles est superbe, avec ses petits caps, ses balcons sur l’océan et ses collines où se cachent de magnifiques petits lacs d’émeraude.

 

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De lave et de cendres

Vignobles, moulins à vent, fermiers sur leurs carrioles tirées par des bœufs et vastes prairies confèrent à Terceira un charme rural certain. Mais l’île séduit aussi par sa rudesse volcanique : au bout de quelques km, le paysage change. On s’enfonce dans les entrailles du pays, des millions d’années en arrière, quand les Açores n’étaient qu’une étendue de lave et de cendres au milieu de l’Atlantique. Les Picos, des cratères hauts de mille mètres témoignent de la violence des éruptions. Au milieu des brumes et des fumerolles, apparaît la Furna do Enxofre (la grotte de soufre), un véritable musée géologique en plein air. On découvre aussi la grotte d’Algar do Carväo, une faille qui plonge au milieu des mousses, des fougères, des stalactites et des coulées de lave. Sur Terceira, les maisons villageoises rappellent l’Algarve et l’Alentejo. L’île compte aussi 28 impérios, des chapelles colorées au décor surréaliste, érigées en l’honneur du Saint Esprit, qu’on fête avec beaucoup de dévotion. Ces impérios abritent souvent du pain, une carafe de vin, du jambon, une couronne et une colombe.

 

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A Praia da Vitoria, ville fondée par Jacomo, on apprécie les rues piétonnières, les églises gothiques, les façades baroques et la maison natale du poète Nemésio.

 

Duel entre l’homme et l’animal

Concerts, feu d’artifice et barbecues rythment les neuf jours des Festas Sanjoaninas. Les Açoréens rendent hommage à leur saint patron Jean en organisant des parades costumées en l’honneur de la sardine, du bien boire et du bien manger.

A Terceira, les combats de taureaux sont plus populaires que le foot. Etrange duel de rue entre l’homme et l’animal. Six taureaux déboulent sur le pavé. Les participants taquinent les bêtes avec un foulard, un parapluie ou même à mains nues. Malgré leur tête massive, leurs cornes, leur large poitrail et leur regard perçant, les taureaux semblent se demander pourquoi ils sont là. L’affrontement dure ainsi plus d’une heure.

 

les açores

 

Les taureaux attaquent leurs adversaires, en essayant de les toucher ou de les soulever. Mais les hommes sont bien trop rapides et agiles pour eux. La foule les applaudit. Soudain, ils disparaissent aussi vite qu’ils étaient apparus. Les hommes se congratulent, se font l’accolade, lèvent les pouces, en oubliant superbement le football. Ils sirotent ensuite un verre de Frei Gigante, Frère Géant, un délicieux vin blanc…

 

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