10/04/2015

* SANLUCAR DE BARRAMEDA (Espagne)

Une eau couleur de terre, un port entre la mer et le fleuve Guadalquivir, des pêcheurs devenus horticulteurs, une Grande d’Espagne qui se promène en jeans, un fier-à-bras déguisé en femme : Sanlucar de Barrameda, un havre que ne renierait pas Cendrars.

sanlucar debarrameda

A Sanlucar, on peut être à la fois pêcheur et paysan. Quand le temps le permet, les hommes se retrouvent au vieux port de Bajo de Guia pour aller poser les filets dans l’embouchure du fleuve.

 

sanlucar debarrameda

 

Sur la colline, le quartier de la noblesse. Derrière les portes cochères rouge vit et les murs aveugles, s’entassent les fûts où mûrira la manzanilla, le vin blanc local qui enrichit Sanlucar.

Longtemps, l’embouchure du Guadalquivir a offert un lieu de mouillage idéal. Mais dès la Conquista, la baie s’est ensablée ; il n’y avait plus que trois passages, dont celui de la « barra » moyenne ou « meda », qui a donné son nom à la cité.

 

Le flamenco vibre partout, sur la plage, dans les bars et les processions

Le flamenco, c’est le staccato de la nuit. Claquements de mains et plaintes donnent le tempo à la pona, bar associatif où les chanteurs de flamenco se lancent des défis.

Quelques pas de danse sur les bords du fleuve. Cante hondo, fadango, sevillanas, allegrias, rondenas ou burlerias ; on retrouve le même rythme apporté par les Gitans.

La saeta est le flamenco le plus pur. A Sanlucar, ce long cri lancinant est lancé par un homme, depuis une fenêtre, au passage de la procession du Vendredi saint.

 

sanlucar debarrameda

 

Ils portent la cagoule pour mieux dénoncer l’Inquisition

Les cagoules, souvenirs de l’Inquisition, ne doivent pas vous tromper : les pénitents de la Semaine sainte sont là pour se repentir. Mais Rome n’apprécie guère ces manifestations culturelles entachées de folklore. Pour les Sanluquenos, c’est souvent une occasion de faire la fête et de passer à travers le miroir de la réalité, parce que ici, « on adore cultiver l’illusion ».

 

sanlucar debarrameda

 

L’aristocratie locale est née du commerce de la manzanilla

La manzanilla, petit vin blanc sec, a fait la fortune des Barbadillo, Romero ou Domecq. Travailler dans leurs bodegas était l’ambition des classes ouvrières de Sanlucar.

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On peut être pèlerin côté soleil et contrebandier côté ombre

Chaque Pentecôte, Sanlucar renoue avec le pèlerinage du Rocio. Des croyants et fêtards traversent le fleuve pour aller communier au cœur du parc de la Donana, l’un des plus grands d’Europe. L’autre attraction de Sanlucar, ce sont ses fruits de mer que les Madrilènes viennent déguster d’un coup d’avion. A consommer avec un verre d’amontillada, la plus cuivrée des manzanillas.

 

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