28/04/2015

* LES DEUX CATALOGNES

LES DEUX CATALOGNES, deux jumelles de taille différente

EN DEUX PARTIES

1ère partie : la Catalogne NORD

 

Les deux Catalognes, de part et d’autre de la frontière, ont un profil identique, l’une en format XL, l’autre en mini.

 

les deux catalognes

 

S’étendant du massif des Corbières, au nord, au delta de l’Ebre, au sud, la Catalogne historique forme un territoire d’environ 36000 km carrés, soit un peu moins que la Suisse. Avec seulement 4110 km carrés, la Catalogne Nord, qui recouvre le département français des Pyrénées Orientales, peut faire figure d’appendice. Pourtant, elle forme un ensemble géographique cohérent avec sa grande sœur espagnole. Longue de 230 km, la chaîne des Pyrénées qui les partage est percée d’une dizaine de cols qui relient leurs vallées. Toutes deux présentent un littoral (650 km au total) où alternent côtes rocheuses et longs cordons de plages. A la plaine de Perpignan (le Roussillon) correspond celle de Girona, aux contreforts du Capcir et du Canigou, les serras espagnoles … Un effet miroir qui se retrouve dans la mosaïque de paysages des deux Catalognes : hautes et moyennes montagnes, plateaux, vallées, plaines intérieures… D’où une commune biodiversité qu’illustrent, de part et d’autre, une quinzaine de parcs naturels. Ce n’est pas un hasard si celui du côté français porte le nom de Pyrénées catalanes.

 

les deux catalognes

 

La Catalogne Nord

 

A l’extrême sud de la France, le département des Pyrénées-Orientales s’enrichit de ses deux ouvertures, sur l’Espagne et la Méditerranée.

Pic de Sailfort. Du haut de ce sommet du massif des Albères, le regard embrasse la Côte Vermeille française et, au loin, la Costa Brava espagnole. Jusqu’en 1659, ces rivages bordaient un seul et même pays.

Notre-Dame-du-Château

Erigée près de Sorède, une chapelle du XVIIe siècle surplombe la vallée du Tech que domine le Canigou. A l’époque, ces terres appartenaient au royaume de Catalogne.

Vinça – Les nombreux torrents, qui descendent des pentes voisines du Canigou, et la création d’un lac de barrage ont fait de cette commune de la vallée du Têt une riche terre de vergers et de cultures maraîchères.

Etang de Cannet – En usage depuis le XIIIe siècle, les cabanes en sanils (roseaux marins) sont toujours employées par les pêcheurs locaux pour entreposer leur matériel. Certains y dorment les nuits d’été, après un dîner convivial autour d’une « bullinada » (matelotte) d’anguilles.

Sainte-Colombe-de-la-Commanderie – Au XIIIe siècle, les Templiers firent de ce village leur bastion au cœur du Roussillon, car la vue s’y étend des Pyrénées, au sud, jusqu’à la chaîne des Corbières, au nord. Cette dernière séparait alors la Catalogne du royaume de France.

Saint-Martin-du-Canigou

Nid d’aigle bâti vers l’an mille en surplomb d’une gorge abrupte, à 1100 m d’altitude, l’abbaye constitue l’un des tout premiers témoignages de l’art roman en territoire catalan.

Affaibli au nord, le catalan revient par le sud

Cette langue millénaire était menacée en France, mais l’influence économique de Barcelone lui a donné un nouvel espoir.

 

Perpignan, l’art de vivre ensemble

Les habitants du Roussillon aiment les chants, la danse, les processions, le rugby … et tout ce qui étanche leur soif innée du partage.

 

les deux catalognes

 

La place Arago fut pendant des années le rendez-vous dominical des danseurs de sardane. Dans la vieille ville, le quartier Saint-Jacques, fondé au XIIIe siècle est peuplé de gitans. Ces derniers ont formé plusieurs groupes réputés  de rumba catalane, tels que Tekameli.

Depuis 1416, la confrérie de la Sanch fait revivre, lors du Vendredi saint, la passion du Christ dans les rues de Perpignan. Le « regidor », vêtu de rouge, mène le cortège des pénitents.

 

Héritée des réfugiés espagnols, la sardane garde le parfum enivrant de la liberté

Cette ronde traditionnelle a été réintroduite en Catalogne Nord par les exilés républicains de 1939. On la danse en costumes folkloriques ou en habits de tous les jours, à la moindre occasion festive.

 

les deux catalognes

 

Entre plaine et collines

Formée d’un lacis de ruelles, la vieille ville de Perpignan s’étend entre la rivière Basse, au nord-ouest, et deux buttes : celle du quartier Saint-Jacques, au nord-est, et celle dominée par les remparts de la citadelle, au sud.

 

La Catalogne Nord : la terre aux deux attaches

Au gré des traités et des guerres, cette région s’est tournée tour à tour vers l’Espagne ou la France, avec la même ferveur.

 

La vallée qui protège ses secrets

A la pointe méridionale de la France, le Vallespir défend farouchement ses coutumes comme il défendait hier ses contrebandiers face aux gendarmes nationaux.

 

les deux catalognes

 

Le col d’Ares (1513 m d’altitude), marque la frontière franco-espagnole.

La région se baptise « pays de la pluie » pour ne pas être envahie.

Ferronneries romanes sur la porte de l’église Notre-Dame à Coustouges. Jusqu’au début du XXe siècle, le Vallespir était renommé pour l’antique savoir-faire de ses forgerons.

 

Un château d’eau à la lisière de l’Espagne

La comarque (contrée) du Valespir s’ordonne autour de la vallée du Tech, longue d’une cinquantaine de m. Le fleuve, alimenté par les torrents venus des versants boisés, prend sa source près du Roc Colom, point culminant de la région (2507 m). Au sud, celle-ci est bordée par la frontière espagnole qui court sur la ligne des crêtes.

Sur les hauts de Céret, la route de Fontfrède qui mène à l’Espagne offre un panorama majestueux sur les cimes du Canigou.

L’abbaye Sainte-Marie, à Arles-sur-Tech, abrite le plus vieux cloître gothique de la Catalogne Nord (XIIIe siècle). Elle est aussi célèbre pour son sarcophage en marbre blanc, d’où s’écoule toujours une eau pure, réputée miraculeuse.

Entre Argelès, sur la côte Vermeille, et Roses, sur la Costa Brava, un chapelet de criques et de villages ont échappé à l’appétit des promoteurs immobiliers. Paysage bucolique, à deux pas des stations et des plages bondées du littoral roussillonnais.

 

les deux catalognes

 

Avec ses vieilles bâtisses couleur ocre groupées autour de l’église Notre-Dame-des-Prats, Argelès-sur-Mer offre le visage d’un authentique village catalan.

Emblème de Collioure, la tour ronde de l’église Notre-Dame-des-Anges s’avance dans la mer telle une proue de navire. Il s’agit en fait d’un ancien phare médiéval, qui fut transformé en clocher lors de la construction du sanctuaire en 1684.

 

Entre Pyrénées et Méditerranée

Long d’une soixantaine de km, le littoral qui s’étend d’Argelès (France) à Empuriabrava (Espagne) se distingue par ses rivages rocheux très découpés. Les versants montagneux qui les bordent ont empêché le tourisme balnéaire de masse de s’y développer.

 

A Port-Lligat, Dali l’excentrique redevenait Salvador

 

En 1963, Dali a la révélation que la gare de Perpignan constitue le centre de l’univers. Peinte en 1982, la fresque qui orne son faux plafond s’inspire de l’imagerie « surréalistico-pop » déclinée par le maître.

 

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22/04/2015

* NANTES (France)

NANTES, la belle île aux éléphants

 

Au bout de la Loire, découvrez cette ville à l’humeur voyageuse, avec son laboratoire urbain d’art contemporain et ses animaux mécaniques uniques au monde …

Nantes est toujours un port de mer, même si c’est le bout de l’estuaire et la ville de Saint-Nazaire qui connaissent les grands départs vers l’horizon, avec les nouveaux chantiers navals qui construisent les paquebots. Elle se plaît à encore appeler « îles » certains de ses quartiers désormais au sec.

 

nantes

 

La visite de Nantes est facile, la circulation est discrète et les tramways très pratiques. Au cœur de la ville, le passage Pommeraye est un des hauts lieux de la vie nantaise, sur trois niveaux, avec ses escaliers, ses colonnes, ses balustrades et ses angelots. Cette galerie commerçante date du 1843 et fut l’une des premières en Europe. Non loin, la place et le théâtre Graslin. Un petit saut à « La Cigale » s’impose dans cette taverne emblématique avec sa déco modern style et ses faïences 1900. L’île Feydeau aligne toujours ses hautes et belles maisons serrées le long des quais où s’amarraient naguère les bateaux, qui faisaient déjà rêver le petit Jules Verne. Il imaginait mille naufrages et aventures au pied des navires …

Si les quais ont disparu dans les années trente, on devine encore bien où l’eau encerclait l’île.

 

A voir et à revoir …

N’oublions pas la cathédrale qui abrite le superbe tombeau Renaissance du duc Francois II, père d’Anne de Bretagne, deux fois reine de France mais qui n’a rêvé qu’à Nantes et à sa région.

 

nantes

 

Quant au château des ducs de Bretagne, magnifiquement rénové, il accueille une expo permanente sur le commerce triangulaire dont Nantes était la capitale en France. Plus de 1750 bateaux sont partis chercher leurs cargaisons d’esclaves en Afrique, contre armes et tissus, pour traverser l’Atlantique vers les Caraïbes et revenir chargés de sucre et de café vendus à prix d’or. Une mémoire à entretenir.

Plus ludique, le projet de la biennale d’art contemporain « Estuaire » avec le paysage, l’art et le fleuve mis à l’honneur en permanence. 

 

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16/04/2015

* UNE JOURNEE A BRUXELLES EN CE JOUR PRINTANIER

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10/04/2015

* SANLUCAR DE BARRAMEDA (Espagne)

Une eau couleur de terre, un port entre la mer et le fleuve Guadalquivir, des pêcheurs devenus horticulteurs, une Grande d’Espagne qui se promène en jeans, un fier-à-bras déguisé en femme : Sanlucar de Barrameda, un havre que ne renierait pas Cendrars.

sanlucar debarrameda

A Sanlucar, on peut être à la fois pêcheur et paysan. Quand le temps le permet, les hommes se retrouvent au vieux port de Bajo de Guia pour aller poser les filets dans l’embouchure du fleuve.

 

sanlucar debarrameda

 

Sur la colline, le quartier de la noblesse. Derrière les portes cochères rouge vit et les murs aveugles, s’entassent les fûts où mûrira la manzanilla, le vin blanc local qui enrichit Sanlucar.

Longtemps, l’embouchure du Guadalquivir a offert un lieu de mouillage idéal. Mais dès la Conquista, la baie s’est ensablée ; il n’y avait plus que trois passages, dont celui de la « barra » moyenne ou « meda », qui a donné son nom à la cité.

 

Le flamenco vibre partout, sur la plage, dans les bars et les processions

Le flamenco, c’est le staccato de la nuit. Claquements de mains et plaintes donnent le tempo à la pona, bar associatif où les chanteurs de flamenco se lancent des défis.

Quelques pas de danse sur les bords du fleuve. Cante hondo, fadango, sevillanas, allegrias, rondenas ou burlerias ; on retrouve le même rythme apporté par les Gitans.

La saeta est le flamenco le plus pur. A Sanlucar, ce long cri lancinant est lancé par un homme, depuis une fenêtre, au passage de la procession du Vendredi saint.

 

sanlucar debarrameda

 

Ils portent la cagoule pour mieux dénoncer l’Inquisition

Les cagoules, souvenirs de l’Inquisition, ne doivent pas vous tromper : les pénitents de la Semaine sainte sont là pour se repentir. Mais Rome n’apprécie guère ces manifestations culturelles entachées de folklore. Pour les Sanluquenos, c’est souvent une occasion de faire la fête et de passer à travers le miroir de la réalité, parce que ici, « on adore cultiver l’illusion ».

 

sanlucar debarrameda

 

L’aristocratie locale est née du commerce de la manzanilla

La manzanilla, petit vin blanc sec, a fait la fortune des Barbadillo, Romero ou Domecq. Travailler dans leurs bodegas était l’ambition des classes ouvrières de Sanlucar.

 sanlucar debarrameda

On peut être pèlerin côté soleil et contrebandier côté ombre

Chaque Pentecôte, Sanlucar renoue avec le pèlerinage du Rocio. Des croyants et fêtards traversent le fleuve pour aller communier au cœur du parc de la Donana, l’un des plus grands d’Europe. L’autre attraction de Sanlucar, ce sont ses fruits de mer que les Madrilènes viennent déguster d’un coup d’avion. A consommer avec un verre d’amontillada, la plus cuivrée des manzanillas.

 

sanlucar debarrameda

 

 

 

02/04/2015

* LA PASSION SELON MANILLE (Philippines)

Crucifixions, flagellations, mortifications, mais également rires, chants et danses ; nulle part au monde la mort et la résurrection du Christ ne sont célébrées avec un tel mélange de ferveur chrétienne et de joie païenne qu’à Manille et aux Philippines, principale communauté catholique d’Asie, pendant la Semena Santa, la semaine sainte.

la passion selon manille 

Parce qu’il a retrouvé son père il demande à être crucifié

Ses paumes sont transpercées par de vrais clous et son visage trahit davantage la douleur que l’extase. Pourtant, cette image terrible symbolise la foi des Philippins ; ce pénitent, qui n’avait jamais connu son père, avait fait le vœu de se laisser crucifier s’il le retrouvait. Lorenzo Ruiz, martyrisé en 1637 par les Japonais, a été le premier étranger béatifié hors de Rome par Jean-Paul II.

la passion selon manille

Au « méchant » centurion romain on donne le masque du conquistador

Aux soldats romains qui persécutèrent le Christ, les processions des Philippins qui se déroulent chaque année à Pâques dans l’île de Marinduque, prêtent inconsciemment le masque effrayant des conquistadores qui colonisèrent l’archipel. Tous les costumes sont décorés avec le plus grand soin et les casques enrichis de motifs d’une année sur l’autre.

 

la passion selon manille

 

La douleur est le plus rapide coursier vers la perfection

Les flagellants du Vendredi saint qui, sur la place du village ou devant l’église, exposent leur dos sanglant aux morsures du fouet en fibres d’abaca et aux brûlures du soleil de Pâques ; la période la plus chaude de l’année aux Philippines, ce sont des pécheurs qui se repentent ou des croyants qui se mortifient. Pour beaucoup, cette souffrance est une voie vers la perfection.

la passion selon manille

 

Les femmes revendiquent l’égalité des sexes sur la croix

Une jeune femme s’évanouit au moment où un officiant impassible lui cloue les pieds est un symbole. Depuis quelque temps, retombée inattendue de l’émancipation féminine, les femmes exigent de se soumettre aux mêmes mortifications que les hommes. La perruque de chanvre veut accentuer la ressemblance de la pénitente avec le Christ.

 

Ils dansent pour exorciser leur peur des guerriers masqués

Le festival des Moriones de Marinduque est réputé pour la beauté et la variété de ses masques. Sculptés dans un bois tendre, le dap-dap, ils trahissent des influences diverses comme celle de l’Indonésie, dans un visage de démon, ou encore celle du Mexique dans une tête de centurion en colère.

 

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70 millions de chrétiens sur deux milliards d’Asiatiques

Les Philippines constituent la principale communauté chrétienne d’Asie. Colonisé à partir de 1565 par l’Espagne, l’archipel philippin fut cédé aux Etats-Unis en 1898 et accéda à l’indépendance en 1946.

 

 

la passion selon manille