03/11/2011

* LE CORAIL (France)

A MOINS 100 m, LE CORAIL OU LA MORT (France)

Le « vrai » corail de la Méditerranée

« Corallium rubrum », le seul polype colonial digne de porter le nom de corail, s’épanouit à des profondeurs très diverses. On en trouve dans 40 mètres d’eau, comme au large de la station varoise de Cavalaire.

Sous 11 atmosphères de pression (11 kg par cm2), l’effacement de la vie

 

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En allant au fond, à 105 mètres, photographier un oursin-crayon de 30 cm d’envergure, le photographe a réalisé un exploit mondial. Toutes les théories sur la plongée expliquent en effet qu’il est impossible ou en tout cas très dangereux de se risquer à de telles profondeurs en y respirant de l’air comprimé. On a ainsi découvert l’univers froid, obscur et triste du « désert des grands fonds ».

Les remparts ocre rouge des falaises du Dramont basculent brutalement. Sur l’avant droit du pont, la cueillette de corail de la veille finit de sécher au soleil. A l’extrémité des arborescences palpitent encore des polypes blancs en fines corolles irradiées sur le rouge brillant du précieux squelette, tout dégoulinant d’eau.

 

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Falaises du Dramont

 

Combien de touristes savent seulement qu’il y a du corail en Méditerranée, sur les côtes françaises (et spécialement du sud-est et de Corse), comme sur celles d’Italie, de Grèce, de Tunisie, d’Algérie, d’Espagne ?

Le vrai corail, c’est le « corallium rubrum », celui que les auteurs de notre antiquité greco-latine connaissaient déjà, le corail rouge de Méditerranée.

On en trouve d’ailleurs en quelques autres lieux de la planète : « Un peu en mer Rouge, un peu aux Antilles, dans le golfe du Bengale et au Japon ». Alors, les fameux coraux des atolls des mers du Sud ? Eh bien, ce sont en réalité des « formations coralliaires », principalement composées de madrépores qui n’ont rien de commun avec le vrai corail.

Le vrai corail de Méditerranée, d’une couleur rouge plus ou moins foncé est essentiellement composé de matières organiques. Les madrépores, eux, se constituent des squelettes aux formes extrêmement variées, de couleur blanche et formés essentiellement de sels calcaires. Cela explique que le corail rouge est, et de loin, le plus cher du marché.

 

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Corralium rubrum

 

 

29/10/2011

* NEW YORK-LES-BAINS (Etats-Unis)

 

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L’a-t-on oublié ? New York est aussi une station balnéaire. Déjà, à la Belle Epoque, la haute société de Manhattan, de Rockefeller au parrain de la Mafia, accourait dans les restaurants de luxe de la plage de Coney Island, au bout de Brooklyn. C’est là que deux demi-mondes se mêlaient : ceux qui venaient se donner en spectacle, ceux qui cherchaient des sensations fortes. Aujourd’hui, Coney Island n’est que la plage des pauvres.

En 1880, c’était le rendez-vous de la haute société new-yorkaise. Aujourd’hui, les jours de forte chaleur quand les rues de la ville deviennent étouffantes (en été la température est en moyenne de 25°C), les Portoricains et les Noirs de Brooklyn viennent se rafraîchir en regardant passer au large les navires qui entrent et sortent toutes les vingt-huit minutes du 2e port du monde.

 

L’ancêtre de Disneyland

Bien avant que les studios Walt Disney créent des grands centres de loisirs en Californie et en Floride, dès 1884, à Coney Island, apparurent les premières montagnes russes, puis ce fut la grande roue, la « Ferris Wheel », du nom de l’inventeur, George Ferris, un ingénieur qui la construisit pour l’exposition universelle de Chicago en 1893.

 

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Cinquante millions de visiteurs chaque année

Après l’incendie du Dreamland et la démolition de Luna Park, l’Astroland est aujourd’hui le plus grand parc de loisirs de Coney Island. Les installations datent pour la plupart de la fin de la guerre. La grande attraction fut longtemps la tour à parachutes, haute de 75 mètres, érigée pour la foire de New York (1939-1940).

 

La plage new-yorkaise desservie par le métro

La ville de New York a beaucoup de mal à payer des employés pour la voirie et le nettoiement du littoral. Il y a, tout au long des rivages de la cité, des plages publiques gratuites et payantes, où se répartissent très nettement les différentes couches sociales.

 

L’hiver, la température descend à moins 15 degrés

Stands, boutiques et manèges ne ferment à Coney Island qu’à la mi-novembre, fin du fameux « été indien ». Certaines des statues en plâtre, destinées à attirer les clients dans les échoppes, sont exposées, avec d’autres vestiges du parc de Steeplechase, dans le jardin des sculptures, à Brooklyn, ainsi que des pièces de musée.

 

La plage de leur jeunesse

Coney Island a réellement inventé le commerce estival dès les années 1880 : location de tenues de bain, de cabines, de jeux de plages, etc. Ce fut également vers 1950, l’un des échecs les plus retentissants de New York qui espérait bien en faire le plus prestigieux et le plus grand centre de loisirs du monde.

 

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C’est ici que furent inventés les hot dogs

Si les montagnes russes et la tour à parachutes continuent à attirer les New-Yorkais, c’est le New York Aquarium qui fait venir les touristes à la pointe est de la plage : on y trouve 200 espèces de poissons, en plus des phoques, baleines, tortues, éléphants de mer et pingouins.

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24/10/2011

* AUX RIVES DE L'ATLANTIDE (Crète)

Vers 1450 avant notre ère, un gigantesque cataclysme anéantit villes et palais de Crète, mettant ainsi fin à une civilisation raffinée et pacifique. Est-ce de cette catastrophe qu’est né le mythe de l’Atlantide ? Aujourd’hui, après les Grecs, les Romains, les Vénitiens, les Turcs, les Allemands, l’île est devenue une base stratégique de l’Otan. Et les Crétois regrettent encore le légendaire âge d’or, le bon temps des rois Minos.

 

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L’église orthodoxe de Crète est autonome

Malgré l’occupation turque qui dura de 1669 à 1898, les Crétois n’ont pas été touchés par l’islam. Depuis la plus haute antiquité, le site du monastère d’Odighitrias, non loin du petit port de Matala, a toujours été un lieu sacré ; c’est ici que Zeus, changé en taureau, aurait abordé, portant sur son dos la princesse phénicienne Europe.

 

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Matala

 

Les turcs ont déboisé une grande partie de l’île

Pour puiser l’eau dans la nappe phréatique cachée sous le plateau de Lassithi, les Crétois utilisent depuis longtemps des éoliennes. Ici pousse essentiellement la pomme de terre. Mais l’île est surtout le pays des 25 millions d’oliviers et de la vigne. Dans l’Antiquité, la Crète était le grenier à blé des villes grecques.

 

samaria, atlantide

 

Pas d’ombre pour l’âne : le maître est à la foire

Les jours de marché, le paysan vient de la montagne sur la selle en bois de son âne, monture indispensable sur les sentiers qui relient les villages. Toutefois, si l’on voit de plus en plus de voitures, il existe un véhicule pittoresque où s’entassent des familles entières, le mikaniki, engin à trois ou cinq roues, sorte de tracteur traînant une benne.

Un important point stratégique sous secret militaire

Longue de 260 km, large de 60 au maximum et de 12 au minimum, la Crète est une île essentiellement montagneuse avec, en particulier, les massifs des montagnes Blanches à l’ouest et le mont Ida au centre, dont le plus haut sommet atteint 2456 mètres. Depuis 1913, l’île fait partie intégrante de la Grèce, après avoir été occupée pendant plus de deux cents ans par les turcs. Elle est divisée en quatre « nomos » (départements). Ses quelque 500.000 habitants en font l’île la plus peuplée de l’archipel hellénique. Importante position stratégique en Méditerranée, l’île a cédé au moins quatre bases militaires à l’Otan, une dans la baie de Souda, au nord-ouest, une autre près d’Héraklion et au moins deux autres, secrètes, à l’extrémité est.

30 % de terres cultivées malgré l’aridité

Près de Iérapétra, ville de sept mille habitants, on commence à pratiquer l’agriculture industrielle. Sous des serres en plastique, à même le sable, poussent concombres et tomates. Pendant longtemps, la Crète a vécu dans une relative autarcie. Mais, surtout depuis l’entrée de la Grèce dans la CEE, elle travaille pour l’exportation. Les escargots gris surgelés, vendus en France, viennent de l’île.

 

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Trois cents mètres de haut sur trois de large

Dans le parc naturel qui entoure les gorges de Samaria, longues de 18 km, vivent encore de rares chèvres sauvages, les krikri. Ce sont elles qui, selon la légende, auraient allaité Zeus dans sa petite enfance, lorsque sa mère Rhea le cacha dans une grotte crétoise pour le protéger de son père Cronos. Elles sont sévèrement protégées, après avoir été chassées sans pitié pour leur flore intestinale qui aurait d’immenses vertus médicinales.

 

samaria,atlantide

 

 

19/10/2011

* LES SOURCES DU NIL (Burundi)

A LA DECOUVERTE DES SOURCES DU NIL (Burundi)

Le mystère des sources du Nil a été gardé quelque six mille ans et les controverses n’ont pas manqué de l’épaissir. Déserts, chutes, rapides, steppes, chaos rocheux, grands lacs, montagnes, marais inextricables, hostilité des riverains, maladies tropicales, épuisement dû aux longues distances et aux climats firent obstacle aux expéditions qui tentaient de remonter le fleuve.

 

nil, burundi, afrique

 

L’origine du Nil n’a été élucidée qu’à partir de 1862 et la découverte de sa source la plus méridionale, au royaume du Burundi, ne date que de 1937. La source principale ne fut atteinte qu’en partant de l’Océan Indien. Ce fut l’enjeu d’expéditions au cours desquelles s’illustrèrent les explorateurs anglo-saxons Speke, Grant, Burton, Stanley, Living-stone et plusieurs autres grands voyageurs italiens, belges, allemands et français. Il revient à un explorateur français, Bernard Pierre, le mérite d’avoir atteint par escalade en 1956 la source la plus élevée du fleuve : la Margherita, point culminant du Ruwenzori dont la fonte des neiges alimente la rivière Semliki qui se jette dans le déversoir du Nil Albert, le lac Albert.

 

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Bernard Pierre, fort de ses expériences vécues dans le berceau du Nil et au terme d’une minutieuse enquête historique, retrace dans son ouvrage « Le roman du Nil » l’épopée de la découverte des diverses sources.

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la rivière Semliki

Un autre Français, Jean Laporte, a pour la première fois, en 1950, descendu, en kayak et canoë, le Nil depuis ses sources et il a réalisé un long métrage « Première sur le Nil ».

Il est maintenant incontesté que le déversoir du lac Victoria baptisé par Speke « chutes Ripon » est la source principale du Nil. Mais dit-on que le lac Léman est la source principale du Rhône ? Le Nil, à hauteur du lac Victoria, a déjà parcouru plus de mille kilomètres !

On finit par découvrir que la vraie source du Nil se situait au flanc du mont Kikizi, à deux mille cinquante mètres d’altitude.

 

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le mont Kikizi

 

 

14/10/2011

* SUR LA LUNE D'AFRIQUE

EN MARCHANT SUR LA LUNE D’AFRIQUE

Une cime de neige placée au cœur de l’Afrique et d’où ruissellent les eaux du jeune Nil ; pendant vingt-cinq siècles, le Ruwenzori, à la frontière de l’Ouganda et du Zaïre, est resté un mirage plus qu’une réalité géographique. Ses sommets sont défendus par une des jungles les plus denses du monde. Les « montagnes de la lune » comme les dénommaient les Anciens, portent bien leur nom.

 

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Chaque touffe d’herbe est un véritable monticule, à près de 4.000 m d’altitude se trouve un vaste marécage tapissé de tussocks : énormes touffes d’herbe qui masquent une tourbière d’où émergent aussi des espèces de la famille des composées.

Il pleut plus de trois cents jours par an sur le Ruwenzori. « Faiseur de pluie », c’est ce que veut dire « Ruwenzori » dans la langue des Bakonjo, tribu montagnarde de l’Ouganda. Les sommets, culminant à 5.000 mètres, sont presque toujours enveloppés de nuages. La forêt est comme une éponge gonflée d’humidité. Sur le versant zaïrois, les eaux des neiges et des pluies alimentent la Semliki qui se jette dans le lac Albert. Sur ce côté ougandais, les torrents se déversent dans de petits lacs communiquant avec cette rivière.

 

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le Nil

 

 

L’éperon rocheux de Kabamba à 3.500 m d’altitude. Dans cette forêt qui évoque celle d’un conte de fées fantastique, les lichens pendent comme des barbes à papa aux branches des arbres du genre Rapanea. A une altitude où dans les Alpes on ne trouve plus qu’un désert minéral, s’étage ici un « enfer vert » où les espèces s’enchevêtrent et se superposent et où la densité de végétation est la plus élevée de toutes les jungles connues (208 %).

Dans la nuit verte, les fleurs portent des manteaux d’hiver. Dans une forêt ou à peine dix pour cent de la lumière parvient à percer les frondaisons, les plantes, qui comme ces séneçons atteignent la taille d’un arbre, se protègent du froid nocturne en s’encapuchonnant dans leurs feuilles flétries. Mais d’autres, comme les lobélies, se replient pour stocker la chaleur solaire accumulée dans la journée.

Cendres et neige sur les « montagnes de la lune ».

A 5.000 m d’altitude, étrange conjugaison du feu et de l’eau, comme si la montagne était volcanique. Le glacier Elena enneigé est zébré de coulées noires de suie : celle-ci provient des cendres des incendies qui ont dévasté la brousse et que le vent de la mousson porte sur les cimes.

En raison surtout de ses difficultés d’accès, le Ruwenzori n’est pas très couru par les touristes. C’est pourtant une région légendaire, il devint un miroir aux poètes, un mirage bien plus qu’une réalité géographique.

Des géants et des nains qui sont de même famille.

Seul le faîte des séneçons est visible dans le Ruwenzori. Ils croissent entre les tiges desséchées de leurs ancêtres. Le séneçon commun, une petite plante à fleurs jaunes qui pousse sous nos latitudes comme de la mauvaise herbe et qui ne dépasse pas 30 cm de haut, est apparenté à ces géants.

Trente fois la taille de leurs cousins d’Europe.

Le millepertuis fait 15 mètres, alors qu’en Europe il fait 50 cm de haut. Le gigantisme des tiges prouve en tout cas que leur croissance n’est pas affectée par les extrêmes variations climatiques auxquelles est soumis quotidiennement le massif.

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millepertuis

Dans le Ruwenzori, il n’y a pas de papillons. A cette altitude, ils auraient des difficultés d’oxygénation.

Ce sont les scientifiques qui sont le plus à même de défendre le Ruwenzori ; en témoignant, par exemple, du rôle capital joué par ce massif dans l’équilibre hydrographique de l’Afrique du Centre et de l’Est.