02/03/2011

* BILBAO (Espagne- Pays Basque)

BILBAO VILLE D’ART ET DE DESIGN

Les gens d’ici appellent leur ville El Botxo « le trou » un surnom qui lui allait comme un gant avant sa renaissance, à l’époque où cette cité industrielle sur les rives du Nervion n’avait guère plus à offrir qu’un paysage désolé de hangars délabrés et de grues mangées de rouille.

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le Nervion

 

Une cathédrale de titane
Depuis, les grues portuaires et les rives jonchées de débris ont cédé la place à d’agréables boulevards verdoyants où il fait bon flâner, avec leurs ponts et bancs publics design et leurs nombreuses terrasses. Les habitants qui avaient fui la ville se disputent aujourd’hui les appartements avec vue sur le fleuve, et les touristes aussi se bousculent au portillon.

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la Cathédrale


La création de Frank Gehry est le grand pôle d’attraction, avec ses vingt galeries qui totalisent près de dix mille mètres carrés d’espace d’exposition. La moitié est réservée à des accrochages temporaires, le reste abrite des grands noms comme Warhol, Magritte, Picasso, Dali et même, dans une salle de 130 m de long, sept sculptures monumentales en acier rouillé signées Richard Serra, mais devant l’entrée trône l’un des œuvres les plus sympathiques du musée : Puppy, un chien de plusieurs mètres de haut réalisé en pétunias par Jeff Koons, l’empereur du kitsch.

Effet d’entraînement
Bilbao s’est dotée de bien d’autres joyaux contemporains, signés par tout ce que le monde compte d’architectes de renom. Le long du fleuve s’étend même un quartier résidentiel flambant neuf connu surtout grâce aux tours Petronas, en Malaisie. Et pourtant, c’est le Guggenheim qui accroche le regard, encore et toujours ! tant le titane présente un aspect changeant : blanc étincelant sur fond de ciel azur en journée, rose pastel lorsque le soleil couchant le caresse de ses derniers rayons, voire même d’un tendre lilas après une brève averse basque.

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musée Guggenheim

Enthousiasmant modernisme
A mille lieues de tous ces édifices modernes, le Casco Viejo (la vieille ville) a aussi pu être rénové de fond en comble : le théâtre Arriaga, construit en 1890, la cathédrale des pèlerins, de style gothique. Le plus grand marché couvert d’Espagne, le « Mercado de la Ribera », dont l’architecture moderniste, avec ses carrelages colorés et ses volutes de fer forgé, ne manquera pas de vous séduire.

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la vieille ville

Pique-nique panoramique
A l’exception des berges du fleuve, Bilbao est une cité tout en collines. Un véritable ascenseur se hisse en grinçant jusqu’au sommet du mont Artxanda, pour un point de vue dominant.

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funiculaire pour le mont Artxanda,


Le métro vous conduira à Getxo, « Bilbao sur mer » un ancien village de pêcheurs qui a conservé un petit mais charmant quartier de maisonnettes qui s’entassent au pied de la colline, une vaste plage de sable doré et un boulevard où s’alignent d’élégantes villas de plaisance.

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Gexto, Bilbao sur mer

La grande attraction de Getxo : le Puente Colgante, un pont si exceptionnel qu’il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Et « le plus ancien pont suspendu au monde », construit un an après la tour Eiffel, est indéniablement une construction imposante, avec sa passerelle en fer forgé, jetée au-dessus d’un fleuve qui fait ici 160 mètres de large, en dessous de laquelle est suspendue une nacelle qui transporte véhicules et passagers jusqu’à l’autre rive. Une attraction vertigineuse héritée de la révolution industrielle.

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Puente Colgante

 

27/02/2011

* LA CALANQUE DE SORMIOU (France)

Dans la série petits coins de France : voici La Calanque de Sormiou
Une vallée engloutie aux abords de Marseille


Entre Marseille et Cassis, la côte rocheuse est creusée de criques aux parois abruptes, les calanques. La plus proche de Marseille, et la plus profonde, est la calanque de Sormiou. Les falaises qui la délimitent dominent la Méditerranée dont elles calment les eaux : au fond de la calanque, celles-ci offrent au regard leur transparence miroitante.
Quant, parti à pied du quartier de la Cayolle par le « chemin de Sormiou », on arrive à l’aplomb de la calanque, on est immanquablement saisi par la ravissante dualité du paysage, à la fois vertigineux et serein. Là, depuis les temps préhistoriques, la mer a repris ses droits sur le relief terrestre, engloutissant le lit encaissé d’une rivière.

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Du grand spectacle
Deux avancées rocheuses surplombent la mer : d’un côté le bec Sormiou, 184 mètres de haut en son milieu, de l’autre, un chemin de randonnée qui culmine à 218 mètres avant d’atteindre le cap Morgiou, que creuse une immense caverne sous-marine, la grotte Cosquer.
L’altitude semble modeste ? Et pourtant, l’effet vertigineux de ces murailles blanches plongeant dans une onde cristalline est garanti ! Il est même accentué par la remarquable transparence de l’eau. Toute notion d’échelle disparaît, surtout en hiver, lorsque le mistral a rendu l’air parfaitement limpide et que le blanc du rocher tranche sur l’azur profond.

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bec de Sormiou

Quand naissaient les calanques
Les calanques, ces échancrures de la côte provençale sont, pour les plus profondes tout au moins, d’anciens canyons creusés par des cours d’eau. Il y a 10.000 ans, à la fin de la dernière grande période glaciaire, la fonte des grands glaciers a provoqué une montée du niveau de la Méditerranée. Inexorablement, les eaux ont noyé ces vallées. Ainsi, quand on s’aventure sur la crête du bec Sormiou, on parcourt l’arête d’une ancienne montagne.

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Cap Morgiou

Sauvage et habitée
Sormiou conserve le caractère authentique d’un site naturel préservé, en dépit du fait que cette calanque abrite des habitations et des cabanons, réunis en un village miniature doté d’un port de pêche. Sormiou s’orne même d’une plage de sable fin, assidûment fréquentée dès que le soleil marseillais l’autorise.

Par monts et par mer
Un sentier de grande randonnée passe au-dessus des cabanons. La vue sur la calanque y est superbe. En suivant le sentier, on atteint le cap Morgiou. Toutefois, certains affirment que la plus belle façon d’atteindre Sormiou, c’est la voie marine, le soir. On peut prendre le bateau dans le Vieux-Port de Marseille, ou à Cassis, et découvrir au passage les autres calanques.

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le vieux port de Marseille

22/02/2011

* L'INDE, un colosse aux pieds d'argile

Pays sous-développé hier, nouvelle locomotive de l’économie mondiale aujourd’hui, l’Inde a changé de visage en une décennie.

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Comme la Chine, le Brésil ou l’Afrique du Sud, l’Inde fait partie des pays émergents sur la scène mondiale.

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Quels atouts font de l’Inde une puissance émergente ?

 

Tout d’abord, on constate que, parallèlement à une légère érosion de la puissance américaine, des Etats (Brésil, Russie, Inde, Chine …) émergent sur la scène économique mondiale. Ce sont en général des pays continentaux, qui comptent comme atouts une croissance économique forte et soutenue, une puissance nucléaire, des capacités militaires en expansion et une importante démographie. Et ces Etats se servent de leur potentiel économique pour tenter de développer un pouvoir politique sur la scène internationale.

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En 2007, la banque d’investissement Goldman Sachs avait prédit que l’Inde serait la troisième puissance économique mondiale en 2025, derrière la Chine et les Etats-Unis. Cette évaluation est avant tout fondée sur son dynamisme économique. Depuis le début des années 1990, la croissance indienne a été fulgurante. L’Inde constitue également, avec sa classe moyenne en pleine ascension, un gigantesque marché de consommation pour les biens occidentaux. Mais plutôt que de parler d’émergence, on devrait parler de restauration graduelle car l’Inde a été, dans le passé, une grande nation, un foyer de civilisation et un carrefour d’échanges. Voir la civilisation indienne briller n’est pas nouveau !

Mais la très grande pauvreté de la population indienne ne risque-t-elle pas de freiner l’ascension de l’Inde au niveau mondial ?

Selon les chiffres du Programme des Nations Unies pour le Développement, son indice de développement humain est très faible. La croissance fulgurante engendre surtout de grandes inégalités sur le plan social et régional. Une grande partie de la population active ne dispose pas de sécurité sociale, les investissements dans les soins de santé et dans l’éducation publique sont donc faibles. Ainsi, cette politique économique a creusé des écarts très profonds entre les Indiens. Et la croissance profite surtout aux régions qui jouissaient déjà d’un minimum de tissu urbain et industriel. Ces inégalités pourraient contrarier la croissance, en provoquant des soulèvements de population.

Y a-t-il d’autres faiblesses qui pourraient entraver l’émergence de l’Inde ?

Oui, il y a des faiblesses sur le plan interne : les infrastructures routières et ferroviaires, la rareté des ressources énergétiques propres (pétrole, charbon) et des problèmes écologiques en termes d’émission de CO2 engendrés par son développement (à l’instar de la Chine). Sur le plan international, sa faiblesse est sa situation géopolitique dans un environnement instable.

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L’Union européenne doit-elle craindre la montée en puissance de l’Inde ?

Plus aucun Etat ne peut se permettre d’ignorer l’Inde qui apparaît à la fois comme un partenaire et un concurrent. L’Union européenne la voit plutôt comme un partenaire commercial. Elle l’a d’ailleurs promue, en 2004, au rang de partenaire stratégique. Et leurs relations s’inscrivent vraiment dans une dynamique de coopération et de dialogue, à travers le partage de certaines valeurs, comme la démocratie, le respect des droits de l’homme… Mais il y a quand même un principe de compétition au-delà de la coopération. Cela se constate notamment sur le continent africain, qui était jusque là la chasse gardée de l’Europe. Il y a une grande diaspora indienne en Afrique et l’Inde peut y trouver des matières premières pour assurer son propre développement.

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18/02/2011

* LE MONT-GERBIER-DE-JONC (France)

Dans la série petits coins de France: voici Le Mont-Gerbier-de-Jonc

L’enfance d’un grand fleuve

C’est le point le plus célèbre du sud du Massif central. Tous les écoliers de France ont un jour posé leur doigt sur la carte de la Haute-Loire pour épeler : « mont Gerbier-de-Jonc, source de la Loire ». Ici naît donc le plus long fleuve français, sur cet étrange pain de sucre culminant à 1551 mètres d’altitude, et percé tel une pomme d’arrosoir.

Loin des châteaux royaux qui bordent son cours à maturité, la Loire s’offre une jeunesse tourmentée dans les montagnes ardéchoises. Pas encore fleuve, ni même cours d’eau véritable, elle sourd du mont Gerbier-de-Jonc et prend corps en France profonde.

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 Les sources de la Loire

Ainsi, c’est dans les monts du Vivarais que naît la Loire, au pied d’un petit piton de phonolite, le mont Gerbier-de-Jonc.

Dominant de 150 m un plateau cristallin, le célèbre pic offre un panorama unique qui s’étend des vallées de l’Eyrieux jusqu’aux Alpes. Des panneaux improvisés engagent le visiteur à pénétrer dans telle ou telle exploitation agricole pour admirer la seule, l’unique, la vraie source de la Loire. La vérité est qu’il existe un ensemble de petites sources qui toutes convergent dans un thalweg constituant le départ de la haute vallée du fleuve.

 

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Caillou aride dans la verdure

Dans ce vert paysage de montagne, le mont se reconnaît aisément par sa rudesse et sa surface caillouteuse. Etymologiquement, en effet, « gerbier » signifie « rocheux » et le mont « jonc » dérivé du latin jugum, « montagne ». Quoi qu’il en soit, les filets d’eau s’étant regroupés, ils s’engagent dans des gorges étroites et profondes, qui se faufilent au milieu des bois et des fourrés.

En bordure de rivière, galets et sable blanc dessinent de petites plages fréquentées par les pêcheurs à la mouche.

Des torrents jaillissent, des sentiers tendent leurs ronces chargées de framboises et de myrtilles …

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Un climat rude

Dans cette région élevée et découverte, où les prairies rases dominent sur les forêts, le climat est rude. Il peut geler en toute saison et la moyenne annuelle de la petite ville de Sainte-Eulalie, située à une poignée de kilomètres du mont Gerbier-de-Jonc, est de 5,3°C. Aussi les habitations se font-elles rares. Les marques de l’homme, dans ce paysage préservé, se limitent à une voie pavée à la romaine et aux petits ponts qui enjambent les affluents.

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 la source de la Loire

 

 

15/02/2011

* CHEFS D'OEUVRE PAR L'UNESCO

TANGO ARGENTIN OU DOUDOU MONTOIS
classés chefs-d’œuvre par l’Unesco

Quel est le point commun entre un Gille de Binche et un dessinateur sur sable de Mélanésie ? Leur appartenance au patrimoine immatériel de l’humanité !
Pourtant fragile, le patrimoine immatériel est un facteur important du maintien de la diversité culturelle face à la mondialisation croissante, estime l’Unesco.
Le tango argentin, le carnaval de Binche, la samba de Roda ou encore le théâtre japonais Nôgaku ont été proclamés patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Jusqu’en 2001, seul le patrimoine mondial tangible avait droit de cité comme Angkor au Cambogde, la Grande Muraille de Chine, le Mont-Saint-Michel ou, chez nous, les quatre ascenseurs du canal du Centre. L’Unesco a estimé que les traditions vivantes héritées de nos ancêtres, comme les événements festifs et les rituels, méritaient aussi d’être mises en valeur.

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 la grande muraille de Chine

Gilles de Binche et sang du Christ
Le carnaval de Binche a été reconnu parmi les premiers en tant que patrimoine culturel immatériel. Le jury y a vu une des plus anciennes manifestations de ce type encore vivantes en Europe avec le cérémonial complexe de l’habillage, les chapeaux à plumes d’autruche, les masques de cire et l’éternel pas de Gille.

 

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les gilles de Binche


La procession du Saint-Sang à Bruges a reçu le même titre. Cette parade haute en couleurs, qui remonte au XIIIe siècle, a été créée lorsqu’un citoyen de Bruges a dit revenir des Croisades avec la relique du Sang sacré de Jésus-Christ.

 

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la procession du Saint Sang à Bruges


D’autres manifestations belges ont rejoint le cercle. Il s’agit de la Ducasse d’Ath, du Doudou de Mons, du Meyboom de Bruxelles et des Ommegang de Malines et Termonde.

 

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le doudou à Mons


Tous ces événements n’ont pas été choisis au hasard. Un dossier de candidature doit être rentré et un jury international composé de dix-huit membres, - valide ou pas – la candidature. Il faut respecter une Convention internationale qui fournit un cadre juridique et administratif.
Et financièrement parlant ? Faire partie du patrimoine culturel immatériel est avant tout une reconnaissance symbolique dans nos contrées. Aux Etats d’apporter d’éventuels subsides pour faire vivre leurs traditions de renom. Mais ce patrimoine fragile et en constante évolution est aujourd’hui menacé : mondialisation, exode rural, guerres, analphabétisme culturel, tourisme de masse, modes de vie modernes.

Gastronomie française
Quelque 200 chefs-d’œuvre immatériels sont repris par l’Unesco tout autour de la planète. Toutes les zones géographiques sont couvertes. Les dessins éphémères sur le sable du Vanuatu, en Océanie, en font partie. Ils accompagnent les contes locaux et sont utilisés dans la vie courante pour laisser des messages. La culture tchèque est consacrée avec la danse des conscrits moraves. Elle exprime le blues et la résistance de ceux qui étaient enrôlés de force dans les armées. Le découpage du papier en Chine est un art populaire. Il permet à son auteur de gagner respect et admiration.

 

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la gastronomie française


Si la liste des chefs-d’œuvre immatériels s’allonge avec les années, des voix s’élèvent pour y intégrer les cuisines régionales et les langues menacées. Le Mexique désire la reconnaissance de sa cuisine et la France de sa gastronomie. En vain pour le moment.