12/02/2011

* LE PIC DU MIDI DE BIGORRE (France)

Dans la série petits coins de France : voici Le pic du midi de Bigorre

Enorme cône de gneiss, situé sur le point le plus avancé du principal contrefort des Pyrénées centrales dont il constitue le sommet, le pic du Midi de Bigorre atteint 2872 mètres d’altitude. Sa situation privilégiée en a fait le site idéal d’un observatoire astronomique qui, depuis 1880, fixe imperturbablement les étoiles.

Gagner le sommet du pic du Midi de Bigorre ne tient qu’à un fil : celui du téléphérique qui, depuis la station de ski de la Mongie, s’envole à 2650 m d’altitude pour vous déposer tout ébahi dans les entrailles de l’observatoire. Durant ce parcours, un océan de vallées et de crêtes où scintillent des combes enneigées se dessine peu à peu.

 le pic.jpgUne station exceptionnelle

Le pic s’élève à 639 m au-dessus du massif qui lui sert de base et dont il se détache au niveau du col de Sencours. A l’origine, son altitude est de 2877 m, mais le sommet géologique a été arasé de 5 m lors des travaux de construction de l’observatoire. Le Pic est le seul point qui permet d’embrasser d’un seul regard la quasi-totalité des Pyrénées, du Pays Basque à l’Andorre. Il est en effet situé au cœur du massif pyrénéen, dans une zone où les phénomènes d’évaporation sont rares. Par temps clair, les lumières du phare de Biarritz, situé à 150 km, ou encore la Montagne Noire, dans le Massif Central (320 km), sont également visibles.

Un observatoire astronomique

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A l’origine, la mission de l’Observatoire du Pic-du-Midi, dont la première pierre fut posée en 1878, est l’observation météorologique. De nos jours, l’astronomie constitue l’activité principale de ce site, doté de télescope, de lunettes et de spectrographes qui permettent d’observer et de mesurer l’activité solaire. Dans les années 1960, la qualité des photographies de la Lune obtenue à l’OPM permirent à la NASA de préparer la fameuse mission Apollo 11 qui vit pour la première fois l’homme marcher sur la lune. Depuis 1980, l’observatoire est doté du télescope Bernard-Lyot. Equipé d’un miroir de 2 m de diamètre, c’est le plus grand instrument optique de France.

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09/02/2011

* LA MAREMME (Italie)

maremme, toscane

LA MAREMME, pays étrusque (Italie)

La civilisation étrusque, qui a connu son apogée vers les VIe et Ve siècles avant notre ère, demeure bien présente dans la Maremme italienne, au travers de noms de lieux et de nombreux sites archéologiques.

Nous sommes à Montalto di Castro, une agréable station balnéaire sur les rives de la Mer tyrrhénienne, dans cette région moins connue de la Maremme, qui fait encore partie du Latium. En filant vers le sud sur la Via Aurelia, Rome n’est qu’à une petite heure de route. La région, berceau de la civilisation étrusque, est très riche : les ruines de Vulci, l’une des plus importantes cités étrusques, tandis qu’un peu plus au sud se dresse la nécropole de Tarquinia, reprise au patrimoine mondial de l’Unesco.

maremme,toscane

les ruines de Vulci

Deux églises en plein champ

La Tarquinia actuelle vaut amplement le détour, avec ses imposants bâtiments baroques, ses églises romanes et ses sympathiques bars et restaurants, souvent installés dans des caves millénaires. Et les Etrusques ne sont jamais loin, comme dans le nom de la ville voisine de Tuscania. En plein centre-ville, un petit parc offre un beau panorama sur les environs, ponctué des silhouettes de deux impressionnantes églises romanes installées au beau milieu des champs.

Un chemin désolé traverse le paysage montagneux du Monte Canino pour rejoindre le lac de Bolsena, entouré de petits villages historiques tels Capodimento, Marta et Bolsena.

Le jardin des monstres

Bagnaia doit sa notoriété à la Villa Lante, résidence estivale des cardinaux et de la noblesse. L’entité la plus notoire des environs est toutefois Bomarzo, qui possède un important château et un surprenant jardin représentant des animaux et des figures mythologiques.

Conçu sur l’ordre d’un prince excentrique, ce curieux jardin, aménagé au XVIe siècle resta longtemps oublié, dissimulé sous la végétation, avant d’être redécouvert au siècle dernier et de devenir un pôle d’attraction pour les surréalistes, tels Breton ou Dali.

Des sources chaudes aux relents de soufre

Cap au nord en direction de Capalbio, un pittoresque mais minuscule hameau médiéval en Maremme toscane. L’atmosphère et le paysage sont tout à fait uniques.

maremme,toscane

 

A l’intérieur des terres, le paysage a conservé les chemins taillés à même le tuf par les Etrusques. Environnement volcanique oblige, les sources chaudes y sont nombreuses, ainsi celles de Saturnia, déjà réputées du temps des Etrusques et des Romains, qui accueillent aujourd’hui un centre de wellness moderne, mais aussi nombre de sources et de chutes où vous pourrez profiter en plein air et gratuitement des bienfaits de l’eau riche en soufre à 37°C. Un pur bonheur !

maremme, toscane

la Maremme Orientale

05/02/2011

* LA BELGIQUE AU FIL DE L'EAU (2e partie) mes séjours réguliers

2e partie

Du petit clapotis des ruisseaux aux fleuves majestueux, la Wallonie regorge de cours d’eau : pas moins de 18.000 kilomètres, souvent au cœur des forêts. Asseyez-vous au bord de l’eau, ouvrez grand vos yeux et vos oreilles : vous n’imaginez pas quelles merveilles de biodiversité se cachent ici ! Selon le micro-climat, la pente du terrain, la qualité du sol, la température de l’eau et son débit, vous pourrez admirer, ici des libellules, là des moules perlières et, pourquoi pas, un martin-pêcheur. Avec un peu de chance, c’est peut-être une loutre qui vous fera une exhibition au fil de l’eau !

 

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la Lesse

Des berges accueillantes

Au milieu des saules ou des aulnes coule donc la rivière. Vous apercevez sans doute, ici ou là, des petites touffes de baldingères, les pieds dans l’eau, du trèfle aux jolies fleurs blanches ou de très rares renoncules aquatiques. La plupart des végétaux des berges ont su s’adapter aux conditions très changeantes des bords de l’eau, allant de la sécheresse aux inondations. Et une foule de petits habitants profitent de cette végétation luxuriante. Grenouilles, crapauds, tritons et salamandres s’y accouplent ; le castor y installe son terrier (et oui, il y a des castors en Wallonie !) ; la loutre chasse ; la bergeronnette des ruisseaux et le cincle plongeur y nichent, tout comme le magnifique martin-pêcheur. Dans les zones semi-aquatiques du bord de l’eau, c’est le brochet qui vient pondre ses œufs.

 ardennesla Meuse

Au gré des eaux

Ballets de libellules, pas de deux des gerris ou nage sur le dos de la notonecte : sur l’eau aussi, le spectacle est permanent ! Tous ces insectes font le bonheur des poissons : dans les eaux vives et riches en oxygène, jaillit la silhouette élancée de la truite fario ou celle de la petite lamproie, tandis que le chabot cache sa large tête toute plate sous les pierres ombragées. Si l’eau est un peu plus chaude, c’est avec l’ombre, le goujon et le brochet que vous avez rendez-vous. A moins que le courant soit lent et calme : bienvenue alors dans le royaume de la tanche, de la carpe, du gardon et de l’épinoche, qui frayent volontiers au milieu des algues et des mousses. Et au rang des habitants microscopiques, on trouve aussi dans les rivières de nombreux invertébrés qui sont autant d’indicateurs d’une bonne ou d’une mauvaise qualité de l’eau.

semois.jpgla Semois 

 

Des perles rares

Si vous êtes près d’un ruisselet à l’eau claire et de très bonne qualité, il accueille peut-être la seule espèce d’écrevisse de Wallonie : l’écrevisse à pattes rouges (à ne pas confondre avec l’envahissante écrevisse américaine). Désormais très rare, cette espèce protégée préfère habituellement les zones plus en aval, mais elle remonte désormais les cours d’eau à la recherche d’un habitat favorable. D’autres trésors se cachent au fond des eaux wallonnes, comme la moule perlière. Autrefois mollusque le plus commun d’Europe et convoitée pour la récolte des perles, elle est aujourd’hui menacée et protégée. Ne vous avisez donc pas de chercher fortune : d’ailleurs seule une moule sur mille peut produire une perle. Le trésor est plutôt à trouver dans la magie du lieu !

ardennes

l'Ourthe

 

03/02/2011

* LA BELGIQUE AU FIL DE L'EAU (1ère partie) mes séjours réguliers

1ère partie

Le tourisme fluvial est en plein essor. A bord d’une petite péniche ou d’un bateau aménagé, voilà une manière originale de découvrir un pays, loin de l’affluence des autoroutes, des campings ou des plages surchargées.

La Lys, de Courtrai à Gand

Longue de 186 km, dont la moitié en territoire belge, la Lys prend sa source en France, à Lisbourg. Elle devient rapidement une petite rivière, souvent bordée d’arbres et serpentant à travers un décor verdoyant. Après avoir passé la frontière belge, la Lys traverse Courtrai, une belle ville flamande au riche passé historique. La lys file ensuite vers Gand, où elle se jette dans l’Escaut.

Entre Deinze et Gand, la rivière s’étire au cœur de paysages de charme.

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 la Lys à Gand

Jusque Gand

Hélas, les haltes fluviales et les clubs nautiques sont surchargés de bateaux. Trouver une place pour s’amarrer peut devenir une tâche ardue.

Une fois que vous atteindrez Gand, amarrez-vous à Portus Ganda, le port de plaisance flambant neuf destiné aux bateaux de passage, au confluent de la Lys et de l’Escaut. Vous serez à moins d’un kilomètre du centre-ville. Gand, la ville qui vit naître Charles-Quint, possède un riche héritage historique dont témoignent de nombreux musées et monuments.

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 l'Escaut

Les ascenseurs hydrauliques du Canal du Centre

En termes de tourisme fluvial, le Hainaut n’est pas en reste, puisque 264 km de voies d’eau navigables sillonnent la province. Sur le Canal historique du Centre reliant Charleroi à Bruxelles, vous découvrirez bien sûr de plaisants paysages, mais aussi quelques merveilles du génie civil. Les plus célèbres : l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu (le plus grand ascenseur à bateaux du monde), le Plan incliné de Ronquières et les quatre ascenseurs hydrauliques du Canal historique du Centre. Archéologie remarquable, ces derniers se situent à quelques kilomètres à l’ouest de La Louvière.

 

 

canal du centre.jpgles ascenseurs hydrauliques Canal du Centre

De Bruxelles à Anvers

Savez-vous que Bruxelles possède un port ? Il est même possible de rejoindre Anvers en bateau depuis la capitale belge.

Aux commandes de votre bateau, vous traversez le port de Bruxelles, puis voguerez sur le canal Maritime, par Vilvorde, Grimbergen et Kapelle-op-den-Bos. Vous passerez ainsi par l’impressionnante écluse de Zemst, avant de naviguer en direction de Willebroek. Le canal rejoint ensuite l’Escaut, dont les rives se transforment lentement en une zone industrielle au fur et à mesure que vous vous rapprochez d’Anvers. Après une demi-journée de voyage, vous atteindrez votre destination.

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le port de Bruxelles

Sachez que, outre le port de plaisance sur la rive gauche de l’Escaut, Anvers dispose désormais d’un port d’amarrage sur la rive droite, à proximité du centre-ville.

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le port d'Anvers

 

01/02/2011

* LES INDES NEERLANDAISES

indes

Loger dans des villas en bois, prendre le café dans une plantation, visiter les plus beaux temples du pays et sillonner toute la région des volcans à bord d’un vieux train à vapeur : cette plongée au cœur de l’ancienne colonie des Indes néerlandaises a de quoi ravir les âmes nostalgiques et sensibles au charme d’antan.

On ne peut rêver d’un meilleur endroit pour entamer un voyage dans l’ancienne colonie hollandaise de Java que le jardin clos du Majapahit Hôtel, construit en 1910, empreint de l’atmosphère de jadis. Le tableau « Le cri de l’indépendance » est de nouveau accroché au bar. On y voit comment le bleu du drapeau néerlandais est déchiré pour donner naissance au « merah putih » le drapeau rouge et blanc qui est aujourd’hui encore celui de l’Indonésie.

Spécialité de la maison : le cigarillo Zino Brasil.

Java est une île indonésienne sur laquelle se trouve la capitale Jakarta qui s’appelait auparavant Batavia et qui était le centre de l’ancienne colonie des Indes néerlandaises. Java est la 13e plus grande île du monde et la cinquième d’Indonésie. Elle est traversée d’est en ouest pas une chaîne volcanique. On y parle principalement trois langues, mais le javanais domine et est la langue maternelle d’environ 60 millions d’habitants. La majorité des javanais sont musulmans. Cependant, Java se caractérise par un grand mélange de convictions religieuses et de cultures.

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Fumez une cigarette, c’est bon pour la santé !

Fumer est un sport national en Indonésie. On fume surtout des cigarettes au clou de girofle appelées kreteks en raison du crépitement qu’elles produisent quand on les allume. L’activité artisanale (usine construite en 1862) occupe une nombreuse main-d’œuvre. Trois mille femmes, dans un uniforme impeccable portant le nom de la marque, s’activent à couper, coller, compter et emballer les produits. Les meilleures d’entre elles parviennent à rouler 325 cigarettes par heure. Fumer est considéré comme un plaisir et une marque de statut.

L’Indonésie fait partie des cinq plus grands marchés mondiaux pour la vente des cigarettes.

Une coulée de boue devenue une attraction

Il faut deux heures pour aller jusqu’à Malang où il y a comme un petit air de Hollande. Le trafic est un enfer. Des milliers de scooters, sur lesquels s’agrippent souvent des familles de quatre personnes, se battent pour le moindre centimètre.

En 2006, une coulée de boue a emporté trois mille maisons et a fait 11.000 sans-abri. Suite à un gisement de gaz naturel, l’entreprise n’avait pas pris toutes les précautions d’usage, ce qui a provoqué ce désastre.

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Des cigarettes appelées « Warning »

Les javanais possèdent une courtoisie innée, ils sont bien plus polis que les Européens. Malang a conservé un petit air provincial et tranquille, combiné à des restes de grandeur coloniale. Avec ses larges avenues et ses quartiers arborés, on la surnommait parfois « le Paris de Java Est ». Toko Oen est la meilleure pâtisserie de Malang. C’est une maison de confiance depuis 1930 qui est réputée pour ses choux à la crème.

La colonisation hollandaise a aussi laissé des traces sur le plan linguistique= un pot d’échappement se dit « knalpot » comme en néerlandais et la police s’appelle la « polisi ». Les cigarettes néerlandaises Van Nelle ont longtemps été appelées « Warning » à cause de l’avertissement figurant sur le paquet. A l’époque, l’Indonésien moyen ne parlait pas anglais. Alors on pensait que « warning » était le nom de la marque.

La ville natale du président

Contrairement aux grands temples de la partie centrale de Java, qui impressionnent par leur apparence massive, Panataran dégage une impression d’espace.

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Panataran

Blitar n’abrite pas seulement les principaux temples hindous de Java, c’est aussi la ville natale de Soekarno, le premier président et le père de l’Indonésie.

Le long de volcans et de rizières

Trois choses briseront la monotonie d’un voyage : un immense orage qui ralentit fortement la progression, un lunch durant lequel on sert un kilo de nasi pour deux euros et une visite au temple de Sukuh à Karang Pandan. Ce complexe monumental situé sur une colline, avec une vaste vue sur les rizières, est aussi appelé le temple érotique.

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L’âme de Java

Il fut un temps où Java était synonyme de café. Mais à la fin du 19e siècle, presque tous les plants de caféier furent décimés par un champignon. A la suite de ce désastre, Java fut définitivement supplantée par l’Amérique du Sud.

Losari, nichée entre des volcans dans les hauts plateaux du centre de Java produit encore 20 tonnes par an.

Un train de sénateur

Un vieux train à vapeur de 1902 est remis en circulation dans la gare toute proche de Magelang. Paysages verdoyants entre les volcans à un train de sénateur.  Les wagons usés sont remplis de joyeux enfants qui hurlent comme des fous chaque fois que retentit le sifflet de la locomotive.

 

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