24/07/2015

* AUDE, pays Cathare (mon voyage en 2008)

 

aude,pays cathare

 

Montaillou, village occitan, ultime prolongement du pays de Sault, à plus de 1000 m d’altitide, le fier pays d’Aillou (en Ariège aujourd’hui), qui comprend Prades et Montaillou, a conservé un grand pan de son histoire grâce au registre d’inquisition. Les ruines du donjon qui se dressent à l’ouest du village sont les seuls témoignages de son passé médiéval.

 

aude,pays cathare

 

Perché à 920 m d’altitude sur une falaise des collines du Plantauret, entre Foix et Lavelanet, le château de Roquefixade (en Ariège) existait déjà avant la croisade des albigeois. Située en plein comté de Foix, cette forteresse, protégée par deux enceintes, offre une vue sur le castrum de Montségur. Les vestiges des murailles de Roquefixade, détruites en 1632 sur ordre de Louis XIII, semblent prolonger le roc.

 

aude,pays cathare

 

Le château de Puilaurens, qui servit de refuge à de nombreux cathares, doit sa double enceinte crénelée à Saint Louis. Il surveille, à 751 m d’altitude, la vallée de la Boulzane et la voie entre l’Aude et le Roussillon. Ancienne possession du comte de Fenouillet, puis du comte de Besalu, Puilaurens servit de refuge en 1229 à Guilhem de Peyrepertuse.

 

aude,pays cathare

 

Installé sur un piton rocheux, sur la dernière barre des Corbières, depuis le début du XIe siècle, Quéribus, un nid d’aigle étagé sur quatre paliers était réputé imprenable ; il verrouille le passage du Grau de Maury, entre l’Aragon et le royaume de France à partir de 1258 et de nos jours, entre l’Aude et les Pyrénées Orientales.

 

aude,pays cathare

 

Echoué sur un POG à 1207 m d’altitude, le vaisseau de pierre de Montségur émerge d’une mer de nuages. Reconstruit à partir de 1204, à la demande de l’Eglise cathare du Toulousain, il reste le symbole de l’histoire cathare.

L’esprit des croisades

L’implication de l’Eglise dans la société féodale et les menaces extérieures naissantes à partir du VIIIe siècle vont permettre aux papes d’autoriser les chrétiens à combattre et conduire aux guerres saintes, dont le but est double : moral et politique. Jusqu’à la croisade des albigeois, au cours de laquelle la morale chrétienne va être complètement bafouée. Il faut tuer, voler et prendre les biens conquis.

Le Languedoc au temps des seigneurs

L’univers du Moyen Age est une jungle. A l’opposé du monde romain, bien structuré, le monde médiéval fonctionne sur un système qui a fait éclater le pouvoir central en une multitude de seigneuries ou tout n’est qu’affaires privées et jeux d’alliances. Et souvent c’est la force qui fait loi. Ainsi était le Languedoc à l’époque des seigneurs …

Béziers faisait partie de la quadruple vicomté Trencavel, avec Carcassonne, Albi et Razès. Une enclave entre la mer, la Rouergue et les Pyrénées. A Albi, ville épiscopale, l’Evêque est plus puissant et plus riche que le seigneur laïc.

 

aude,pays cathare

Cathares & Templiers

Dans la seconde moitié du XXe siècle, certains écrivains ont voulu faire croire qu’il y avait des similitudes entre les Templiers et les cathares. Il est vrai que les méthodes inquisitoriales contre ces deux mouvements ont été les mêmes et l’issue tout aussi fatale : le bûcher. Mais dans la réalité historique il n’existe pas de religieux chrétiens aussi différents.

Desservie par la via Domitia, qui reliait l’Italie à l’Espagne, et la via Aquitania qui partait vers l’Atlantique, Narbonne a été pendant très longtemps une ville carrefour.

 

aude,pays cathare

  

17/07/2015

* MONTS MAUDITS (France)

MONTS-MAUDITS, l’île du vertige

Le massif Aneto-Maladeta est un mythe. Entre Méditerranée et Océan, l’homme ne peut pas marcher plus haut. L’Aneto n’est pas le plus difficile ni le plus technique du massif, c’est juste un passage obligé pour le randonneur.

Le glacier de l’Aneto, d’une superficie d’environ 3 km2 est le plus grand des Pyrénées. L’ascension de l’Aneto à partir du refuge de la Rencluse nécessite de le traverser, mais pour le montagnard pyrénéen, l’Aneto reste le toit d’un monde.

Une impressionnante croix marque l’arrivée au sommet de l’Aneto. S’ouvre alors un panorama avec au nord le massif enneigé de la Maladeta et au sud l’aride haut Aragon.

 

monts maudits

 

Un panorama unique

Le temps d’évoquer l’épopée pyrénéenne en balayant le panorama unique de la Maladeta, un troupeau d’échines de 3000 et plus, dont les noms illuminent le regard du montagnard. Du pic d’Alba (3118 m) au Vallibierna (3067 m), pas moins de quarante trois mille sur les 129 répertoriés sur l’ensemble de la chaîne ! Pic Maudit (3350 m), Margalide (3241 m), pic des Tempêtes (3290 m) aiguille Escudier (3315 m) et les autres …

 

monts maudits

 

Benasque veut devenir la Chamonix des Pyrénées

Camp de base situé à 1138 m pour des courses de rêve, des grimpes à refiler le vertige à l’isard le plus madré. Benasque, un nom qui fouette l’imagination, un village de la Ribagorza aragonaise, garrotté à la grande saga pyrénéenne, point de départs furtifs vers des incertitudes nuageuses, des cheminements au-dessus de gouffres apprivoisés et enivrants.

 

monts maudits

 

Saint-Béat, marqué d’une pierre blanche

Le marbre de Saint-Béat, concassé, pulvérisé pendant l’année, se fait sculpter, caresser au mois de juillet. Le temps d’un festival. Le village de quatre cents habitants, niché au pied du pic du Gar, attend pour cette édition plus de dix mille visiteurs.

 

monts maudits

 

 

monts maudits

09/07/2015

* LE PETIT MONDE DE HEAS (France)

Perdu dans une vallée de Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, le petit village de Héas aurait pu devenir un haut lieu touristique au même titre que son voisin Gavarnie.

 

le petit monde de héas

 

Situé en moyenne à environ 1500 m d’altitude, le fond de la vallée de Héas est entouré de hautes montagnes. Bien souvent accrochés par celles-ci, les nuages filtrent la lumière, donnant à l’ensemble un côté fantomatique, renforçant l’impression de solitude que l’on peut y ressentir. La faille, d’abord étroite, s’élargit peu à peu. Le rocher du Mail, posé sur l’éboulement d’Araillé, marque l’entrée de Héas. Sur ce bloc de prux de 10 m de hauteur, une statue monumentale de fonte représente une Vierge à l’Enfant. Peu après, c’est l’arrivée dans le hameau, situé au fond d’une vallée luxuriante. Ce qui fut un torrent coule dorénavant avec parcimonie, colorant tout de même tout de vert, les prairies qui l’encadrent. Et ici et là quelques bâtiments : la chapelle, des fermes aux belles pierres de taille, un moulin plus qu’à moitié écroulé et deux auberges …

Héas est toujours resté un hameau, il n’a jamais eu le statut de village.

Un bourg tranquille viscéralement attaché à ses différences, à son isolement. Et à son cadre de vie exceptionnel, au pied du cirque de Troumouse.

 

le petit monde de héas

 

La centrale de Pragnères, située sur un hameau de Gèdre, allait bouleverser durablement la vie, jusque-là pastorale et paisible de ce pays. 40 km de galeries, quatre barrages dont l’un des plus grands des Pyrénées, deux stations de pompage.

Les visiteurs du sanctuaire de Notre-Dame de Héas viennent de partout. Des Allemands, des Espagnols, des Belges, des Portugais, des Néerlandais … Les destructions et reconstructions successives de la chapelle lui ont conféré une certaine force de caractère.

 

le petit monde de héas

 

Les visiteurs viennent se mesurer au cirque de Troumouse

Le troisième des cirques de la région de Gavarnie. La différence visuelle vient que le bas du cirque est à une altitude de 2000 m et ne donne pas l'impression de hauteur de paroi de son célèbre voisin. Il n'en reste pas moins qu'il est beaucoup plus vaste et qu'il offre une beauté sauvage remarquable.

le petit monde de héas

02/07/2015

* CITADELLES DU VERTIGE

Patrimoine historique et archéologique, forteresses du Minervois, de l’Aude et de l’Ariège.

Lastours. Un grand massif rocailleux jaillit entre des ravins et s’affine en une longue crête hérissée de quatre pointes ; chacune porte un château dont le nom semble sortir d’une chanson de geste : Cabaret, tour Régine, Surdespine, Quertinheux.

 

citadelles du vertige

 

Puivert. Construit sur une petite éminence, en bordure d’une cuvette riante qui jadis était occupée par un lac aujourd’hui réduit à un grand bassin, Puivert est tout le contraire des nids d’aigle de Lastours, du camp retranché de Minerve, du formidable bastion de Termes.

 

citadelles du vertige

 

Minerve. Le féroce profil tracé par la guerre des châteaux tout au long de la croisade albigeoise s’arrache sur un fond de lumière dont la beauté s’accorde mal aux ravages et à l’épouvante. Minerve au nom de marbre a connu l’angoisse d’un long siège, et la soif, et la puanteur, et le feu pour finir, dans le chant des cigales et l’aveuglante splendeur d’un été méditerranéen.

 

citadelles du vertige

 

Quéribus. Une énorme verrue calcaire qui rompt la crête des Corbières méridionales et émerge des contreforts montagneux couverts de garrigues ; ce piton fantastique porte une étrange construction aussi haute que large.

 

citadelles du vertige

 

Peyrepertuse. La crête qui porte Peyrepertuse lance vers le ciel du côté de l’ouest, un roc énorme qui s’interrompt par un aplomb d’une centaine de mètres ; elle s’incline vers l’est, jusqu’à former une longue terrasse horizontale qui se casse elle aussi tout net. C’est donc là-haut que fut construit le plus grand château de montagne de l’Europe médiévale.

 

citadelles du vertige

 

Montségur. Le rocher d’Ariège qui tend vers le ciel sa forteresse couleur de cendres n’est pas le site le plus grandiose de la guerre albigeoise ; mais c’est le plus captivant, celui où le visiteur se fait spontanément pèlerin.

Montségur a été le fief des cathares. Des boulets, enfin plutôt des pierres tirées par une pierrière installée par les Gascons lors du siège de Montségur, ont été retrouvés aux abords du château.

 

citadelles du vertige

 

 

Château de Puivert. Architecture de style philippien, les fastes de la cour d’Aliénor d’Aquitaine fit de Puivert le château de l’amour courtois par excellence ou encore l’effroi des seigneurs cathares de Congost, assiégés pendant trois jours par les troupes de Thomas Pons de Bruyère en 1210. On peut encore y voir la salle des Musiciens, avec des sculptures des instruments de l’époque, tels que le luth, la guiterne, le rebec, la cornemuse, le psaltérion, le tambourin, l’orgue portatif et la vièle à archet.

 

citadelles du vertige

 

15/06/2015

* LIGNY, mon village (suite des archives du 29/09/2008 de ce blog)

16 juin 1815 - juin 2015

Ligny commémore le bicentenaire de la bataille de Ligny, dernière victoire de Napoléon, 2 jours avant sa défaite à Waterloo en juin 2015.

 billet.jpg

J’ai un peu oublié l’école primaire, où l’on m’a enseigné en son temps la dernière victoire de Napoléon avant sa défaite à Waterloo le 18 juin 1815, aussi est-ce en bonne Lignitoise que je me suis rendue cette année dans mon village (le 14 juin 2015) afin de fêter le bicentenaire et la commémoration de ce fait historique.

 dernière victoire.jpg

  

ligny 043.JPG

 

J’ai passé la journée, d’abord le matin avec la reconstitution de la bataille dans la campagne du Bois-du-Loup, l’après-midi défilé des groupes à travers les rues de Ligny, 4 Ha de bivouac représenté, visite du Musée des sentiers de l’Histoire ; le soir, projection sur le mur de l’Eglise (que j’ai bien connue) d’un spectacle son et lumière en trois dimensions :

« Et si ce soir-là », avec effet pyrotechnique.

Entretemps, quelques photos étaient prévues pour compléter mes souvenirs, particulièrement l’arrière de la maison de mes grands-parents maternels, aussi la plaque de l’ancienne gare de Ligny-Sud. Toute autre photo concernant mon reportage sur le village de Ligny se trouve dans les archives de ce blog (colonne de droite) à la date ci-dessus, soit le 29/09/2008.

gare ligny sud.jpg

timbre.jpg

 

 

 

 

 

 

 ancienne gare de Ligny-Sud

ligny 006.JPG

 

ligny 007.JPG

 ligny 042.JPG

Le cours d'eau de Ligny

 

Le matin :

quelque 1.500 figurants de toutes nations, en costume d'époque participent à une reconstitution de la bataille « 1815-2015 » 30 canons, 70 cavaliers se retrouvent sur les champs de bataille. Les différentes phases sont commentées et agrémentées d'effets pyrotechniques.

 

 

Le 16 juin 1815, 150.000 hommes se livrèrent à l’une des batailles les plus violentes dont mentionne l’Histoire, 20.000 hommes s’acharnèrent à se détruire rien que dans le petit village de Ligny pendant 6 H et sous une chaleur accablante.

De l’ouverture du feu de l’artillerie, en passant par l’offensive française, les contre-attaques prussiennes jusqu’à l’engagement de la Garde Impériale et la chute du cheval du Feld Maréchal Blücher, ce sera la dernière victoire de Napoléon, 48 h avant la défaite des armées impériales à Waterloo !

 

ligny2.jpg

 ferme d'en haut.jpg

ligny4.jpg

va.jpg

va1.jpg

rtbf.jpg

ligny 011.JPG

va2.jpg

 

rtbf1.jpgligny 012.JPG

 va3.jpg

 

Les narrateurs commentant la reconstitution de la bataille s'exprimaient dans un français impeccable, j'ai apprécié leurs moindres détails historiques, ainsi que leurs recherches valorisantes de l'Histoire de mon village.

 

L’après-midi :

 

Au Centre historico-culturel "Général Gérard" et le musée, (500 m2) dont la salle polyvalente est transformée en exposition baptisée "Ligny 1815, les sentiers de l'histoire".

Dans toutes les rues, marché paysan et artisanal. A la découverte des bivouacs et de la vie du soldat, relève de la garde, intendance et repas des troupes, soins de santé …

Marché napoléonien : figurines, costumes, wargame, stand du souvenir, confectionneurs, artisans et jeux d’époque.

 

LE MUSEE

 

ligny 016.JPG

ligny 017.JPG

ligny 019.JPG

le moulin Naveau, Observatoire de Napoléon

 

 LES BIVOUACS

  

ligny 020.JPG

 

ligny 021.JPG

 

ligny 027.JPG

ligny 028.JPG

ligny 029.JPG

ligny6.jpg

ligny 030.JPG

 ligny 032.JPG

 

ligny 034.JPG   Napoléon

 

LE DEFILE

 

ligny 008.JPG

 ligny 009.JPG

ligny 010.JPG

ligny 022.JPG

 ligny 023.JPG

ligny 024.JPG

ligny 026.JPG

 

 

Le canon à Ligny

ligny 035.JPG

long de 4,20 mètres et coulé à Douai en 1811, il fut prêté par le musée de la Porte de Hal à Bruxelles; il n'a donc pas servi à Ligny.

ligny 036.JPG

 

Le soir :

 

 

Témoin idéal d’un passé riche et multiple, l’église de Ligny a tout vu et tout vécu, au cœur de la bataille et elle se souvient …

Bien sûr, le bâtiment n’est plus le même, mais l’âme de la vieille église détruite sur les mêmes fondations parle encore en elle.

 

L'église paroissiale fut reconstruite en 1905 à l'emplacement de l'ancienne église fortement endommagée durant la bataille.

eglise.JPG

 

Plantée fièrement au cœur du village, l’église symbolise la population de Ligny qui, ce jour-là, s’est retrouvée littéralement prise entre deux feux, terrée dans ses chaumières.

Les habitants de l’époque, subitement se retrouvèrent plongés au cœur de la tourmente, au cœur d’un conflit qui les dépassaient, mais dont ils furent les premiers à payer le prix.

La façade de l’église se transforme, les murs s’entrouvrent faisant apparaître un nouvel univers, comme tapis à l’intérieur des vieilles pierres et qui soudain se manifeste. Voilà maintenant l’église qui prend feu sous les bombardements, sur sa façade courent les troupes françaises à l’assaut de la ferme d’en bas.

Puis, voici L’Empereur !

 

projection.jpg

 

ligny3.png

 

 

En conclusion, on s’interrogera sur la particularité de cette bataille ; il s’en fallut de si peu pour que la fin ne tourne à la déroute complète des Prussiens. Si tel avait été le cas, la bataille de Waterloo aurait peut-être réservé un tout autre sort à l’Empereur deux jours plus tard. Et là, c’est toute l’Histoire de l’Europe qui en aurait été changée.

 

En 1949, à l'Ecole primaire de Ligny, j'ai déclamé toute seule à la Radio, le poème de Victor Hugo : "Waterloo, morne plaine" ! Lors de la retransmission sur antenne, je me trouvais en vacances à la Côte belge avec mes parents et maman a tout tenté avec le personnel de l'hôtel pour pouvoir m'écouter. Je garde cette séquence dans les souvenirs profonds de mon enfance.

 

 

Ma journée « Ligny » s’est terminée avec cette fois une page importante de son histoire qui restera gravée en moi, dont je serai toujours fière et j’estime qu’il était de mon devoir d’assister à cette commémoration. Elle m'a apporté joie et bonheur de me retrouver sur les traces de mes racines.

 

li 002.JPG