13.05.2012

* NAISSANCE D'UN OCEAN (Afrique)

Cette énorme spirale qui s’élève au-dessus du lac Natron, dans la vallée du Rift en Afrique, est un gigantesque geyser alcalin. Il a jailli du fond des eaux, par une fissure de l’écorce terrestre. Dans quelques millions d’années, un océan séparera en deux le continent africain.

 

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Un univers hostile à toute vie

Sous l’effet du vent, des dunes de cristal de soude se forment le long des parois des alvéoles. De nouveaux geysers jaillissent des fissures.

 

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L’eau du lac atteint une température telle qu’on peut facilement y réchauffer son déjeuner

Avant l’apparition des geysers et la transformation de la montagne sacrée Massaï en cornue bouillonnante, les eaux du lac aux rives blanchies par le sel étaient d’un bleu profond.

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montagne sacrée Massaï

Aujourd’hui, seuls les flamants roses peuvent encore y survivre grâce au dispositif de leur bec.

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En recherchant les causes profondes de la dérive des continents, les spécialistes ont fait une découverte capitale : des chaînes de montagnes sous-marines sillonnent les parties océaniques de l’écorce terrestre ; comme elles sont fendues sur toute leur longueur par de profondes crevasses, on les a nommées les rifts océaniques. Des profondeurs de ces crevasses émerge du magma en ébullition, constituant sans cesse de l’écorce océanique « fraîche ».

Mais la Terre ne peut pas, indéfiniment se gonfler comme un ballon ; il faut donc qu’une partie de sa surface soit détruite à mesure qu’elle se crée. Cette destruction s’opère dans les fosses océaniques, grâce aux mouvements de succion du magma.

La croûte, constituée le long des rifts océaniques, part lentement à la dérive, se refroidit et devient ainsi plus lourde. Lorsque sa densité dépasse celle du manteau de l’écorce terrestre, elle y est engloutie, entraînée par les mouvements de convection descendants, et y est refondue après des millions d’années d’errance.

Les plaques de l’écorce terrestre sont ainsi charriées, comme sur un interminable tapis roulant, depuis les zones de formation jusqu’aux zones de décomposition.

La vallée du Rift africain est née il y a quelque vingt millions d’années. Dans sa partie nord, là où s’est déjà formée la mer Rouge, les plaques s’éloignent d’un à deux centimètres par an et d’environ un millimètre seulement dans sa partie sud en Afrique orientale. Si le processus garde cette cadence, il faudra encore 20 à 30 millions d’années pour que la faille s’ouvre d’un bout à l’autre et que le Kenya et la Tanzanie soient, à leur tour, coupés en deux par un nouvel océan.

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24.02.2012

* DANS LES ENTRAILLES DU RIFT (Afrique)

En Afrique de l’Est, telle une immense balafre, la vallée du Rift pourfend le Kenya du sud au nord. Le continent africain s’ouvre ainsi pour accueillir un océan en formation. Et ce gouffre secoué de convulsions a donné naissance à l’humanité.

 

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 vallée du Rift

 

Un éden englouti sous le désert

A la limite du Kenya et de la Tanzanie, les lèvres de la grande faille dominent les eaux soudées du lac Natron.

La végétation mène une lutte désespérée contre la sécheresse, le sable et le vent dans la vallée de la Suguta. Sous les dunes et les cônes de lave gisent peut-être les fossiles et les outils des plus anciens hominidés.

 

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 lac Natron

 

Un jardin né de l’agonie d’un fleuve

A l’approche du lac Logipi, sans jamais atteindre la mer, un cours d’eau se perd dans les méandres d’un marais. Phénomène assez fréquent au Kenya, l’évaporation et les infiltrations suffisent à absorber les crues de ce « delta intérieur ».

 

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 lac Logipi

 

Un écrin de cailloux pour la mer de Jade

Dans ce cadre lunaire, sur la rive du lac salé qui porte leur nom, les nomades turkanas bâtissent leurs huttes avec des broussailles et des roseaux. Le lac Turkana fut aussi appelé lac Noir, lac Rodolphe et mer de Jade.

 

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lac Turkana

 

 

Dans leurs cases au bord du lac, les femmes turkanas, le crâne rasé, sommé d’une houppette frisée, passent de longues heures à travailler leurs parures de métal, de cuir et de perles.

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 mer de Jade au Kénya

 

Ici la Terre a enfanté l’homme

La vallée du Rift est un paradoxe : la région d’Afrique la plus secouée par les séismes et les éruptions volcaniques est en même temps celle qui aurait vu se lever les premiers hommes.

Du Liban au Botswana, la fracture du Rift déchire la Terre sur plus de 7000 km. La vallée du Jourdain, la mer Rouge et le delta de L’Okavango sont, avec les grands lacs d’Afrique orientale, les conséquences les plus visibles de cet effondrement. Les côtés de la faille continuent de s’écarter de quelques centimètres par an, tandis que le fond s’enfonce de quelques millimètres.

Les plus hauts sommets bordant la fracture sont des volcans éteints nés de l’activité tectonique : le Kilimandjaro, toit de l’Afrique, le mont Kenya. Mais le Rift est également bordé de volcans très actifs, connus pour leurs éruptions tels le Suswa, près de Nairobi, le Lengaï en Tanzanie et l’Erta Alé en Ethiopie.

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volcan Suswa

07.02.2012

* MALAWI (Afrique Orientale)

Petit, peuplé et enclavé en Afrique Orientale, le Malawi est un Etat coincé entre le lac qui lui a donné son nom et ses gigantesques voisins. Ancien Nyasaland britannique indépendant depuis 1964, ce pays a gardé presque toutes les traditions de son colonisateur, y compris celle du port du canotier pour les étudiants privilégiés. Le père de la nation, « président à vie », diplômé de médecine du Royaume-Uni et pasteur de l’Eglise d’Ecosse, a façonné le reste.

 

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Ici, la terre est toujours essentielle aux hommes

Grâce au climat tropical et humide, l’agriculture draine dans les champs malawites 70 % de la population active et génère 37 % du produit national brut : une aubaine pour les 8 millions d’habitants qui, outre le maïs qu’ils consomment jusqu’à l’autosuffisance alimentaire, développent des cultures d’exportation comme le tabac.

 

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Le dieu des Blancs n’a pas arraché les racines noires

Comme dans d’autres régions d’Afrique investies par les missionnaires, les ethnies bantoues du peuple malawite ont été converties pour moitié au protestantisme et au catholicisme. Mais pas plus que l’Islam, ici minoritaire, la chrétienté n’a réussi à éradiquer les vieilles pratiques animistes noires : ouvriers ou cols blancs encravatés continuent de récolter pour le sorcier les ingrédients qu’il réclame.

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Un petit Etat accroché à son sol

Le Malawi reste accroché à ses terres cultivables. Ne négligeant pas de récolter à l’occasion des termites, nourriture riche en protéines, les paysans veillent sur les plantations de thé : le pays en produit 40.000 tonnes par an, chiffre le hissant au rang de 12e producteur mondial.

Capitale d’orgueil pour les villageois

Edifiée sous l’égide de la République sud-africaine, avec qui le Malawi entretient des rapports étroits, Lilongwe, la capitale, étale ses avenues et ses buildings prétentieux. Ses habitants s’y sentent au large, mais loin de cette vitrine, l’habitat traditionnel domine et l’électricité n’a pas encore atteint des cases qui couvrent tout un territoire où la densité est l’une des plus élevées du continent.

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Nation levée autour d’un lac

Coiffé au nord par la Tanzanie, à l’ouest par la Zambie, pris en tenaille au sud par le Mozambique, le Malawi s’étire sur 800 km de long mais ne s’étend en largeur que de 100 à 180 km. Son immense lac fait partie intégrante du territoire national. Véritable mer intérieure, le lac Malawi occupe une portion du grand fossé tectonique de la fameuse Rift Valley qui court sur l’Afrique de l’Est et déchire le pays du nord au sud : après la plaine littorale, la fissure détermine les hauts plateaux du Nord et du Nord-Ouest, tandis qu’au Sud se détachent les montagnes de Dedza. C’est dans ce relief tourmenté que coexistent des groupes ethniques issus de la grande famille bantoue marave, auxquels viennent se joindre les Yaos, anciens trafiquants d’esclaves et des réfugiés zoulous. La majorité du peuple malawite travaille dans l’agriculture, le maïs, l’arachide, le tabac et le thé contribuent à dégager des excédents agricoles, phénomène exceptionnel en Afrique.

 

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08:55 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : malawi, afrique |  Facebook |

19.10.2011

* LES SOURCES DU NIL (Burundi)

A LA DECOUVERTE DES SOURCES DU NIL (Burundi)

Le mystère des sources du Nil a été gardé quelque six mille ans et les controverses n’ont pas manqué de l’épaissir. Déserts, chutes, rapides, steppes, chaos rocheux, grands lacs, montagnes, marais inextricables, hostilité des riverains, maladies tropicales, épuisement dû aux longues distances et aux climats firent obstacle aux expéditions qui tentaient de remonter le fleuve.

 

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L’origine du Nil n’a été élucidée qu’à partir de 1862 et la découverte de sa source la plus méridionale, au royaume du Burundi, ne date que de 1937. La source principale ne fut atteinte qu’en partant de l’Océan Indien. Ce fut l’enjeu d’expéditions au cours desquelles s’illustrèrent les explorateurs anglo-saxons Speke, Grant, Burton, Stanley, Living-stone et plusieurs autres grands voyageurs italiens, belges, allemands et français. Il revient à un explorateur français, Bernard Pierre, le mérite d’avoir atteint par escalade en 1956 la source la plus élevée du fleuve : la Margherita, point culminant du Ruwenzori dont la fonte des neiges alimente la rivière Semliki qui se jette dans le déversoir du Nil Albert, le lac Albert.

 

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Bernard Pierre, fort de ses expériences vécues dans le berceau du Nil et au terme d’une minutieuse enquête historique, retrace dans son ouvrage « Le roman du Nil » l’épopée de la découverte des diverses sources.

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la rivière Semliki

Un autre Français, Jean Laporte, a pour la première fois, en 1950, descendu, en kayak et canoë, le Nil depuis ses sources et il a réalisé un long métrage « Première sur le Nil ».

Il est maintenant incontesté que le déversoir du lac Victoria baptisé par Speke « chutes Ripon » est la source principale du Nil. Mais dit-on que le lac Léman est la source principale du Rhône ? Le Nil, à hauteur du lac Victoria, a déjà parcouru plus de mille kilomètres !

On finit par découvrir que la vraie source du Nil se situait au flanc du mont Kikizi, à deux mille cinquante mètres d’altitude.

 

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le mont Kikizi

 

 

14.10.2011

* SUR LA LUNE D'AFRIQUE

EN MARCHANT SUR LA LUNE D’AFRIQUE

Une cime de neige placée au cœur de l’Afrique et d’où ruissellent les eaux du jeune Nil ; pendant vingt-cinq siècles, le Ruwenzori, à la frontière de l’Ouganda et du Zaïre, est resté un mirage plus qu’une réalité géographique. Ses sommets sont défendus par une des jungles les plus denses du monde. Les « montagnes de la lune » comme les dénommaient les Anciens, portent bien leur nom.

 

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Chaque touffe d’herbe est un véritable monticule, à près de 4.000 m d’altitude se trouve un vaste marécage tapissé de tussocks : énormes touffes d’herbe qui masquent une tourbière d’où émergent aussi des espèces de la famille des composées.

Il pleut plus de trois cents jours par an sur le Ruwenzori. « Faiseur de pluie », c’est ce que veut dire « Ruwenzori » dans la langue des Bakonjo, tribu montagnarde de l’Ouganda. Les sommets, culminant à 5.000 mètres, sont presque toujours enveloppés de nuages. La forêt est comme une éponge gonflée d’humidité. Sur le versant zaïrois, les eaux des neiges et des pluies alimentent la Semliki qui se jette dans le lac Albert. Sur ce côté ougandais, les torrents se déversent dans de petits lacs communiquant avec cette rivière.

 

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le Nil

 

 

L’éperon rocheux de Kabamba à 3.500 m d’altitude. Dans cette forêt qui évoque celle d’un conte de fées fantastique, les lichens pendent comme des barbes à papa aux branches des arbres du genre Rapanea. A une altitude où dans les Alpes on ne trouve plus qu’un désert minéral, s’étage ici un « enfer vert » où les espèces s’enchevêtrent et se superposent et où la densité de végétation est la plus élevée de toutes les jungles connues (208 %).

Dans la nuit verte, les fleurs portent des manteaux d’hiver. Dans une forêt ou à peine dix pour cent de la lumière parvient à percer les frondaisons, les plantes, qui comme ces séneçons atteignent la taille d’un arbre, se protègent du froid nocturne en s’encapuchonnant dans leurs feuilles flétries. Mais d’autres, comme les lobélies, se replient pour stocker la chaleur solaire accumulée dans la journée.

Cendres et neige sur les « montagnes de la lune ».

A 5.000 m d’altitude, étrange conjugaison du feu et de l’eau, comme si la montagne était volcanique. Le glacier Elena enneigé est zébré de coulées noires de suie : celle-ci provient des cendres des incendies qui ont dévasté la brousse et que le vent de la mousson porte sur les cimes.

En raison surtout de ses difficultés d’accès, le Ruwenzori n’est pas très couru par les touristes. C’est pourtant une région légendaire, il devint un miroir aux poètes, un mirage bien plus qu’une réalité géographique.

Des géants et des nains qui sont de même famille.

Seul le faîte des séneçons est visible dans le Ruwenzori. Ils croissent entre les tiges desséchées de leurs ancêtres. Le séneçon commun, une petite plante à fleurs jaunes qui pousse sous nos latitudes comme de la mauvaise herbe et qui ne dépasse pas 30 cm de haut, est apparenté à ces géants.

Trente fois la taille de leurs cousins d’Europe.

Le millepertuis fait 15 mètres, alors qu’en Europe il fait 50 cm de haut. Le gigantisme des tiges prouve en tout cas que leur croissance n’est pas affectée par les extrêmes variations climatiques auxquelles est soumis quotidiennement le massif.

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millepertuis

Dans le Ruwenzori, il n’y a pas de papillons. A cette altitude, ils auraient des difficultés d’oxygénation.

Ce sont les scientifiques qui sont le plus à même de défendre le Ruwenzori ; en témoignant, par exemple, du rôle capital joué par ce massif dans l’équilibre hydrographique de l’Afrique du Centre et de l’Est.