06/06/2012

* CHEZ LES BERGERS DE L'HIMALAYA (Pakistan)

 

Le K2, l’un des plus hauts sommets de l’Himalaya, se détache dans le ciel du Karakoram, nom d’un massif mystérieux qui culmine à plus de 8000 m. Au pied des glaciers grandioses, des rivières irriguent des oasis perdues sous le toit du monde, où le peuple pastoral des Hounzoukouts et des Baltis défend les secrets d’un équilibre difficile avec une nature encore presque inaccessible aux Occidentaux.

 

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De minuscules taches de vie dans un monde minéral

Dans le massif du Karakoram, au Cachemire pakistanais, chaque « trouée » de terre fertile est âprement disputée à la haute montagne, et la moindre parcelle est utilisée, quitte à faire des détours. Khapoulo, sur la rive gauche du Shayock, dans l’un des six grandes vallées du Baltistan, est un village pratiquement coupé en deux par une immense coulée de galets blancs. De chaque côté de la zone stérile s’éparpillent les habitations et les cultures.

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Une gigantesque Babel de roches sombres

Les Turcs n’ont jamais étendu aussi loin leur domination vers l’est. Karakoram signifie en turc « éboulis noirs », ce qui décrit à merveille les caractéristiques de ce massif de granit foncé. Dans ces hautes vallées, la langue véhiculaire est le persan. Mais on y parle aussi une infinité de dialectes tibétains.

 

Hommes et bêtes : une même cordée de grimpeurs

Le glacier de Mulan Guti est un autre obstacle de taille parmi ceux qui jalonnent l’unique chemin de Shimshal. Pendant les deux bonnes heures que dure la traversée de l’immense patinoire, les hommes s’épuisent tout en s’efforçant de ne pas tomber. Pour les animaux aussi, chaque pas est un douloureux effort, surtout pour les chevaux, mal adaptés à ce genre d’exercice et qu’il fait tirer et soutenir. Les yaks, eux, sont beaucoup plus à l’aise sur la surface glissante.

 

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Au pied des plus hautes montagnes de la Terre

Dans le Baltistan, ou « petit Tibet », se trouve la plus grande concentration des sommets dépassant les 8000 mètres, dont le fameux « K2 ». Des alpinistes du monde entier s’y rendent avec l’espoir de vaincre des pics encore inviolés.

 

Une route stratégique pour les Chinois

Le massif du Karakoram n’est plus l’endroit pratiquement inaccessible qu’il avait été pendant des siècles. Une route moderne, le Karakoram Highway, traverse aujourd’hui cette région et relie le réseau chinois au réseau pakistanais. Route d’une grande importance économique, mais surtout stratégique. La Chine, qui a d’ailleurs participé très activement à la réalisation de la route, dispose désormais ainsi d’un accès jusqu’à l’océan Indien, et par-delà celui-ci, aux « mers chaudes », au golfe Persique, à la mer Rouge.

 

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