05.05.2012
* BOMBAY (Inde)
BOMBAY NO GOOD, SAHIB (Inde)
Chaque année, des foules de fidèles hindous se retrouvent à Bombay pour fêter Ganesh, le dieu de l’abondance et patron de la ville. Métropole industrielle et commerciale, Bombay, en effet, semble donner à chacun sa chance. Mais le flux des immigrés compromet sans cesse cette relative et fragile prospérité. Ville des mirages, Bombay, en réalité, n’offre à ceux-là que la possibilité de ne pas tout à fait mourir de faim.

Dans la vieille ville, on dort à vingt par chambre
Hommes, femmes et enfants, ils sont plus de 2 millions de pauvres à vivre dans les « slums », les plus vieilles maisons de Bombay. Les rats, (il y en aurait plus de 70 millions) prospèrent sur toute cette misère.
Pour éviter la famine, des milliers d’Indiens trouvent refuge dans la ville
Chaque jour, 300 familles arrivent à Bombay, espérant y trouver leur subsistance. Première ressource de ces malheureux : les déchets qui encombrent les rues. Ils peuvent y ramasser un peu de nourriture, y récupérer des objets jetés qu’ils pourront revendre pour quelques roupies. Autre gagne-pain, pratiqué par les femmes et les enfants : rouler les bidis, ces cigarillos bon marché, constitués d’une seule feuille de tabac.
Une ville de rêve pour les riches
Un véritable drame a marqué la réalisation du palace victorien, le Taj-Mahal, construit pour le grand Tata, père du trust indien numéro un. Mécontent de son ouvrage, l’architecte se tua en se jetant de l’une des fenêtres les plus hautes de l’édifice. Le Taj-Mahal n’en est pas moins le plus beau fleuron de l’hôtellerie du pays. Bombay compte d’autres merveilles pour les riches : les luxueuses maisons de Malabar Hill et de Silver Beach, où réside notamment la famille du grand chef d’industrie.

Taj-Mahal
Avec ses deux monstres d’un style délirant, l’époque coloniale a laissé sa marque
Le souvenir de l’illustre Victoria, impératrice des Indes, est perpétué par la gare monumentale qui porte son nom. On raille le style « baroquo-gothiquo-bizantino-indo-mauresque » de l’édifice. Mais son vis-à-vis, aux allures de mosquée, a une facture presque aussi surprenante. Ses vastes murs abritent le parlement de l’Etat du Maharashtra, l’administration de la cité et le bureau du maire, élu pour un an, mais sans pouvoir.

Maharashtra
Bombay, vitrine d’un certain essor indien
Les Portugais l’appelaient « Bom Baia ». Erigée sur sept îles, aujourd’hui reliées par des routes, Bombay a connu au 19e siècle, grâce à l’industrie textile, un prodigieux essor. Porte de l’Inde sur l’Occident, métropole économique et administrative, elle a exercé une force d’attraction qui ne faiblit pas. Son port traite la moitié du commerce extérieur indien et ses cinq mille usines emploient 15 % du personnel ouvrier indien. Mais au rythme de sa croissance démographique, elle risque de doubler sa population.

Silver Beach
03:39 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bombay, inde, silver beach, taj mahal |
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11.03.2012
* INDE SACREE
Andhra, Prodesti, Karnataka, Tamil Nadu, Kerala : les quatre Etats méridionaux de l’Union indienne, au-delà des tensions politiques et religieuses qui secouent le nord du sous-continent asiatique, cherchent l’harmonie. Sur cette terre, pourtant, les peuples sont différents et les diverses croyances très vives. Mais tout semble s’équilibrer dans un foisonnement de temples, de palais, de couleurs et de parfums.

Andhra
Un déluge d’offrandes aux pieds des colosses vénérés
A Stravanabelgola, centre de pèlerinage du sud de l’Inde, une statue de granit de 17 m de haut qui représente le descendant du patriarche fondateur du jaïnisme, religion de la non-violence est « soignée » chaque jour par les fidèles. Ils l’aspergent d’eau de rose et de lait, l’inondent de pétales de fleurs avant de réciter, prosternés, des incantations.

Stravanabelgola
Exubérance tropicale au pays des lagunes
Au cœur du pays des lagunes, la chaleur règne et les cocotiers forment un dais majestueux. C’est la paradis mi-terrestre, mi-aquatique : à la différence des Etats voisins, le Kerala a plus de merveilles naturelles que de sanctuaires.
Des bâtisseurs de temple ont émigré des rivages
Sur la côte de Coromandel, femmes et enfants accourent sur la plage de Mahabalipuram pour assister à de grandes régates annuelles.

Mahabalipuram
De ce port, construit au VIe siècle, les souverains Pallava, bâtisseurs de temples, ont exporté leur civilisation vers Java, Sumatra, la Malaisie et le Cambodge.

le cocotier
La marée des pèlerins célèbre le couple divin
Au printemps, lors du Festival Chitrai à Madurai, berceau de la poésie indienne et capitale culturelle du Tamil Nadu, des milliers de pèlerins amènent à la rivière le couple divin, Siva et Minaksi. Pendant dix jours, ils célèbrent les noces mystiques du « Beau Seigneur » et de sa parèdre qui incarne l’énergie féminine du dieu.
La gestuelle gracieuse des jardinières du thé
Dans le Tamil Nadu, sur les pentes des Nilgiri, les « collines bleues », aux environs de Coimbatore et au-dessus d’une étrange forêt de cocotiers filiformes, s’étagent des plantations de théiers. Les paysannes y répètent inlassablement les gestes millénaires des « jardinières du thé » avec l’élégance naturelle dont la femme indienne la plus humble a le secret.

Tamil Nadu
Une culture qui n’est pas coupée du peuple
Climat et migrations historiques ont accentué les différences culturelles entre l’Inde du Sud et celle du Nord. Les habitants de la partie méridionale de l’Union ont un tempérament plus pacifique et illustrent une tradition poétique originale.
L’Inde du Sud est en permanence une région chaude alors que le Nord subit un froid et une chaleur extrêmes, juste séparés par quelques mois tempérés. La partie septentrionale de la péninsule s’étend au-dessus du tropique du Cancer ; la partie méridionale au-dessous, mais sans toutefois atteindre l’équateur. Quant aux peuples, ils sont aussi différents que le sont la géographie et le climat. Les Indiens du Sud, au teint généralement foncé, parlent des langues de souche dravidienne inconnues dans la vallée du Gange. L’Indien du Sud communique avec l’Indien du Nord en anglais, et un peu en hindi, la langue nationale que la plupart des habitants du Sud ne pratiquent pas.
Le Deccan
Sur 1600 km à vol d’oiseau, l’Inde du Sud, qui forme un triangle, pointe en bas, s’étend des monts Vindhya au cap Comorin. Son relief se partage entre le plateau du Deccan qui s’élève à 600 m au-dessus du niveau de la mer, les deux ghats de l’Ouest et de l’Est et les plaines côtières.

le Deccan
10:48 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, kerala, tamil nadu, cocotier |
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24.01.2012
LA PAIX SOIT SUR LES SIKHS (Inde)
En Inde, leur religion fait des sikhs de farouches guerriers qui font trembler le pouvoir. Mais elle prône aussi la fraternité et l’accomplissement de soi par la pureté. Aux Etats-Unis et en Europe, des Occidentaux ont entendu ce message et s’efforcent de le transmettre. Afin que, comme eux, « tous les gens du monde apprennent à se donner la main… »
Devenus « soldats saints » de par leur conversion, les nouveaux sikhs s’exercent au combat sans distinction de sexe. La formation comprend aussi le maniement d’armes à feu. Ils disposent du même équipement que la police officielle et portent l’uniforme de la société de surveillance créée par la communauté.

Rendez-vous annuel dans le calme de la Touraine
Encadrés par des sikhs confirmés, quelque trois cents élèves de yoga tantrique blanc, Français pour la plupart, se réunissent tous les ans début août à Loches (Indre-et-Loire) pour une semaine de recueillement et d’exercices intensifs. C’est là que les vocations se précisent parfois et que certains décident de persévérer dans la voie du sikhisme.
Les forces de l’esprit résident dans les cheveux
Matin et soir, avec des peignes en bois venus d’Inde, les sikhs démêlent et lissent leurs cheveux qu’ils ne coupent jamais. Puis ils les enroulent en les enserrant sous le turban. Pour eux, se coiffer est un acte rituel important car ils considèrent que les cheveux sont un centre de forces vitales.

Plus rigoureux dans les rites qu’en Inde même
Fidèles jusqu’au moindre détail à la religion d’adoption, les sikhs convertis en suivent tous les préceptes, exemple lors des mariages où les époux échangent des fruits. Pour le « prasada », sorte de communion avec des sucreries spéciales.

Le Livre sacré est considéré comme un prophète vivant
Le Granth Sahib, Livre sacré des sikhs, est vénéré par la communauté américaine. Il y a toujours un officiant près du Livre pour psalmodier des prières et refouler, à l’aide de crins de cheval blanc, les impuretés et les influences négatives.

S’enrichir n’est pas un péché pour les sikhs
Comme ceux de l’Inde, les sikhs américains sont doués pour le commerce, il n’est pas rare de les trouver dans les foires et les marchés offrant les objets qu’ils ont fabriqués eux-mêmes : images pieuses, vues du Temple d’or, portraits de leurs prophètes.
L’avenir du sikhisme serait en Occident
Une fois par an, ils se retrouvent tous dans un château des bords de l’Indre. Il n’y a pas beaucoup de sikhs baptisés en France. L’avenir du groupe dépendra des éventuelles conversions.
La baisse de la spiritualité enregistrée en Orient actuellement devrait se traduire par une poussée en Occident.

14:06 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, sikhs |
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15.01.2012
* LE KERALA (Inde)
NUITS BLANCHES AU KERALA (Inde)
Pendant 21 nuits, dans le sud-ouest de l’Inde, à Koonattara, village du Kerala, le théâtre d’ombres est l’épicentre d’un flamboyant pèlerinage hindouiste. Autour du spectacle sacré, millénaire, une énorme foire profane attire les paysans venus se griser de fastes, de tintamarre et de prophéties.
Les feux de la rampe brûlent de la flamme divine
Sans la déesse Kali dessinée sur le sol, jamais les personnages du Ramayana, la geste de Rame, entreposés dans son temple ne pourraient s’animer. Elle inspire les artistes et c’est aux flammes de son autel qu’on allume les lampes qui projetteront sur l’écran l’ombre des silhouettes mythiques. La flamme est transmise aux vingt et une lanternes disposées derrière l’écran du théâtre. Alors, le maître Krishnankutti peut enfin manipuler, à l’aide de baguettes, les bras et les têtes des dieux et des démons.

Ramayana
Toute la lyre des arts, des pompes et des grâces
A Koonattara, la fête nocturne est l’occasion de conjurer la misère des jours. Avant les représentations du théâtre d’ombres, qui durent du soir à l’aube, la musique, la danse et la parade se succèdent et parfois se superposent à un rythme effréné.

théâtre d'ombres
Des orchestres de cuivres et de percussions font vibrer la foule ; des éléphants caparaçonnés la transportent d’admiration. Des ballerines de 8 ans dansent le bharatanatya, la plus célèbre chorégraphie du sud de l’Inde. Leurs yeux, leurs mains, leurs pieds tiennent un subtil discours.

Chevaux de haut vol et diables grippe-sous
Devant le temple de Kali, les kutira, énormes chevaux d’étoffe bourrés de feuillages, défendent les couleurs de divers villages. Sera déclarée gagnante l’équipe de porteurs qui lancera son palefroi le plus haut et le plus longtemps. Coiffés de masques démoniaques, les bhutans sont des parias de la corporation des blanchisseurs. On leur jette de menus billets qu’ils attrapent avec la bouche et même avec les paupières.

temple de Kali
Une tradition née dans le sud de l’Inde
On compte au Kerala 60 % d’hindouistes, 20 % de chrétiens et autant de musulmans. Avec ses 25 millions d’habitants, cet Etat a la plus forte densité de population de l’Inde ; mais aussi le plus fort taux d’alphabétisation. Le Kerala est réputé pour sa richesse culturelle. Le théâtre d’ombres y demeure dans la plus pure tradition. Inconnu au nord de l’Inde, cet art a subi dans le sud de multiples avatars.

10:12 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kérala, inde, kali, ramayana |
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22.02.2011
* L'INDE, un colosse aux pieds d'argile
Pays sous-développé hier, nouvelle locomotive de l’économie mondiale aujourd’hui, l’Inde a changé de visage en une décennie.

Comme la Chine, le Brésil ou l’Afrique du Sud, l’Inde fait partie des pays émergents sur la scène mondiale.

Tout d’abord, on constate que, parallèlement à une légère érosion de la puissance américaine, des Etats (Brésil, Russie, Inde, Chine …) émergent sur la scène économique mondiale. Ce sont en général des pays continentaux, qui comptent comme atouts une croissance économique forte et soutenue, une puissance nucléaire, des capacités militaires en expansion et une importante démographie. Et ces Etats se servent de leur potentiel économique pour tenter de développer un pouvoir politique sur la scène internationale.

En 2007, la banque d’investissement Goldman Sachs avait prédit que l’Inde serait la troisième puissance économique mondiale en 2025, derrière la Chine et les Etats-Unis. Cette évaluation est avant tout fondée sur son dynamisme économique. Depuis le début des années 1990, la croissance indienne a été fulgurante. L’Inde constitue également, avec sa classe moyenne en pleine ascension, un gigantesque marché de consommation pour les biens occidentaux. Mais plutôt que de parler d’émergence, on devrait parler de restauration graduelle car l’Inde a été, dans le passé, une grande nation, un foyer de civilisation et un carrefour d’échanges. Voir la civilisation indienne briller n’est pas nouveau !
Mais la très grande pauvreté de la population indienne ne risque-t-elle pas de freiner l’ascension de l’Inde au niveau mondial ?
Selon les chiffres du Programme des Nations Unies pour le Développement, son indice de développement humain est très faible. La croissance fulgurante engendre surtout de grandes inégalités sur le plan social et régional. Une grande partie de la population active ne dispose pas de sécurité sociale, les investissements dans les soins de santé et dans l’éducation publique sont donc faibles. Ainsi, cette politique économique a creusé des écarts très profonds entre les Indiens. Et la croissance profite surtout aux régions qui jouissaient déjà d’un minimum de tissu urbain et industriel. Ces inégalités pourraient contrarier la croissance, en provoquant des soulèvements de population.
Y a-t-il d’autres faiblesses qui pourraient entraver l’émergence de l’Inde ?
Oui, il y a des faiblesses sur le plan interne : les infrastructures routières et ferroviaires, la rareté des ressources énergétiques propres (pétrole, charbon) et des problèmes écologiques en termes d’émission de CO2 engendrés par son développement (à l’instar de la Chine). Sur le plan international, sa faiblesse est sa situation géopolitique dans un environnement instable.

Plus aucun Etat ne peut se permettre d’ignorer l’Inde qui apparaît à la fois comme un partenaire et un concurrent. L’Union européenne la voit plutôt comme un partenaire commercial. Elle l’a d’ailleurs promue, en 2004, au rang de partenaire stratégique. Et leurs relations s’inscrivent vraiment dans une dynamique de coopération et de dialogue, à travers le partage de certaines valeurs, comme la démocratie, le respect des droits de l’homme… Mais il y a quand même un principe de compétition au-delà de la coopération. Cela se constate notamment sur le continent africain, qui était jusque là la chasse gardée de l’Europe. Il y a une grande diaspora indienne en Afrique et l’Inde peut y trouver des matières premières pour assurer son propre développement.


13:53 Écrit par josiane50 dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : inde |
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