17/12/2009

* JAMBES (Namur)

L'enracinement historique de Jambes

La vaste plaine de Jambes, occupant toute la rive droite de la Meuse, a été détachée du territoire de Namur proprement dit, vers le 10e siècle, pour devenir une seigneurie liégeoise. Elle le restera jusqu'à la fin du 18e siècle. C'est ainsi un prince-évêque (Abéron 1er) qui, vers 1127, a fondé l'Abbaye de Géronsart. Un de ses successeurs (Alexandre de Juliers) y est venu avec le Pape, Innocent II, en 1131, consacrer l'église récemment achevée.

A la fin du 13e siècle, enfin, Jean de Flandre a laissé son empreinte dans la construction d'un petit castel flanqué d'un donjon (l'actuelle Tour d'Anhaive), où il est venu finir sa vie.

Aux points de vue économique et social, la principale caractéristique jamboise a été, dès une époque très ancienne, le morcellement des cultures. La vaste plaine était parsemée de cotelajes (de l'ancien français « cortil » signifiant « jardin ») habités par des Cotelis (en vieux français : Coteliers). Sur la Montagne Sainte-Barbe et ses abords apparaissaient les masuages (de l'ancien français « manse » signifiant « domaine rural »), habités par les Masuis (en vieux français : Masuirs). Les uns et les autres étaient de petits exploitants agricoles.

Les Cotelis ne sont devenus maraîchers qu'au 19e siècle. Autrefois, ils se livraient non seulement à la culture des légumes, mais également aux cultures les plus diverses. Par exemple, il fut un temps où beaucoup d'entre eux avaient un peu de vigne et pouvaient passer pour vignerons.

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A l'époque où les brasseries namuroises étaient très renommées, ils excellaient dans la culture du houblon. Malheureusement, chaque fois que la ville de Namur se préparait à un siège, aux 17e et 18e siècles, l'autorité faisait arracher les houblonnières pour empêcher l'ennemi de s'y dissimuler. Les Cotelis avaient aussi de beaux vergers qu'ils soignaient avec amour. Leur arbre de prédilection était le prunier. C'est à eux que l'on doit la réputation de la « Prune de Namur ».

frairieLes masuis et cotelis jambois

Les masuis ou habitants des masuages ne se distinguaient des Cotelis que par les privilèges dont ils jouissaient. A la fin du 17e siècle, outre leurs activités agricoles, ils ont exploité la houille à la Montagne Sainte-Barbe. Les masuages étaient des terres concédées à l'époque féodale, par le prince-évêque de Liège, à titre précaire, mais elles étaient devenues peu à peu héréditaires. Les conditions à respecter étaient de ne pas les laisser en friche et de payer certaines redevances. En échange, les Masuis jouissaient de divers avantages (le droit, par exemple, de faire pâturer du bétail ou de récolter du bois dans les propriétés de leur seigneur). Le mayeur et les échevins de Jambes devaient, en outre, être choisis dans les familles de Masuis.

Cette règle tombée en désuétude après me Moyen-Age, fut remise à l'honneur au 18e siècle.

masuis

Beaucoup de familles jamboises comptaient des membres à la fois parmi les Cotelis et parmi les Masuis. Ces cultivateurs, au métier si exigeant, n'avaient guère l'occasion de festoyer : la célébration de leurs fêtes patronales n'en revêtait que plus d'importance. Pendant des siècles, des agapes fraternelles ont réuni les Cotelis le soir de la Saint-Vincent, le 22 janvier.

Quant aux Masuis, après leur assemblée annuelle destinée à vérifier les comptes de la communauté, ils se livraient à des festivités et à des libations qui venaient clôturer les jeux populaires et les réjouissances de la Sainte-Barbe.

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22/04/2009

* JAMBES (Namur)

Comment un faubourg a grandi

Il y a deux siècles, Jambes n'était qu'un petit faubourg maraîcher qui n'a cessé de croître.

De 1795 à 1977.

La commune de Jambes, au sens administratif moderne du terme, aura vécu 182 ans : de l'invasion française à la fusion des communes.

Mais durant ce délai, elle sera passée de 769 à 16.341 habitants : une multiplication par 21 !

Cette expansion formidable n'est pas un hasard. Depuis deux siècles et aujourd'hui encore, la plaine de Jambes constitue, face à Namur, la principale possibilité de développement urbanistique de la ville.

Cette mutation s'est accélérée avec l'arrivée du chemin de fer, puis, en 1954, par la construction du pont des Ardennes. Une réalisation dont on parlait déjà dès 1910...

L'histoire ancienne de Jambes avait déjà été écrite.

pont des ardennesLe Pont des Ardennes à Jambes

Châteaux et cité-jardin

La construction du chemin de fer puis du pont des Ardennes ne seront pas les deux seuls événements marquants du développement jambois. La démolition des anciennes fortifications, la canalisation de la Meuse, l'installation de l'éclairage public, la mutation des anciennes activités maraîchères en font également partie.

L'urbanisation prend diverses formes, adaptées aux différentes classes sociales. Des châteaux pour les familles aristocratiques et bourgeoises, l'actuelle Elysette...

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l'Elysette

Des alignements de petites maisons pour employés et ouvriers, mais aussi les premières cités jardins de la région namuroise. De nouvelles églises sont construites, des écoles, une bibliothèque, un port, un centre sportif ...

La fusion de 1976 fut un tournant.

L'hôtel de ville, construit en 1887, laissera la place, un siècle plus tard, au siège de l'administration wallonne.

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l'ancien hôtel de Ville de Jambes, devenu Ministère de la Région Wallonne.

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 le pont de Jambes reliant la Ville à Namur

 

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