20/02/2013

* LA CORSE

Montagne surgie de la Méditerranée, microcosme possédant toutes les séductions de la nature, la Corse est le pays d’un peuple fier. Son drapeau frappé d’une tête de Maure, souvenir des luttes contre les Barbaresques et le roi d’Aragon, flotte comme le symbole du refus de toute ingérence. Mais l’avenir de l’île est une énigme. Ils ont à défendre une qualité de vie menacée par les contradictions du monde moderne.

 

la corse

 

Le village se retranche en citadelle

Laissant le littoral aux peuples de la mer, les Corses ont occupé l’intérieur de l’île. Rien n’exprime mieux ce repli farouche des hommes que les villages-sentinelles de Balagne juchés sur des pitons rocheux. Dans ces forteresses rurales, chaque insulaire peut se sentir le maître de la commune aux maisons plus hautes que larges.

 

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Les vestiges d’un chemin de ronde insulaire

Déchiquetée, surtout au nord, la côte corse est jalonnée de tours de guet comme celle du golfe de Porto. Les génois exercèrent sur le littoral une influence dominante du XVIe au XVIIIe siècle, succédant aux féodaux toscans. Pour se protéger des razzias des pirates barbaresques, les Italiens disposèrent le long des rivages une couronne d’une centaine d’ouvrages de défense crénelés et percés d’étroites meurtrières.

 

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Le poumon maritime de l’île s’ouvre sur l’Italie

L’église baroque Saint-Jean-Baptiste veille sur le vieux port de Bastia. Au XVe siècle, une citadelle avancée sur la mer a donné son nom à la ville. Par le nouveau port, transitent plus de la moitié du trafic maritime de Corse et près de la moitié des voyageurs. Bastia est devenue davantage cité d’affaires que station estivale.

 

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Dans le maquis, les vieux restent, les jeunes reviennent

On peut parler de civilisation de la châtaigne : la farine qui en est extraite a servi d’aliment de base aux insulaires pendant des siècles. C’est surtout dans la Castagniccia que la forêt envahit le paysage. A Nocario comme ailleurs, la récolte est interdite à qui n’est pas du village. La production de fromages de brebis mobilise la jeune génération.

 

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Comme un morceau des Alpes tombé sur la mer

Le navigateur approchant la côte occidentale voit surgir une montagne tourmentée comme une terre volcanique. La Corse est par sa superficie la troisième île du bassin Méditerranéen. Dans le golfe de Porto, les Calanche (calanques) de Piana précipitent à la mer une avalanche de granit rouge. Les falaises de 300 mètres de haut sont tailladées de ravins vertigineux et certains des blocs du chaos, sculptés par l’érosion, évoquent des têtes d’animaux.

 

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L’île des tragédies se termine par un cimetière

Les cimetières sont comme des villages miniatures et la préoccupation des Corses de la diaspora est d’avoir une concession sur la terre natale, tant il est impensable de ne pas y reposer. Sur une île qui défie perpétuellement la mort, il est dans l’ordre que ce soient des tombes qui peuplent sa falaise à l’extrême sud, au bout de la ville haute de Bonifacio.

Même pour un Bastiais ou un Ajaccien, la Corse, par les chemins du maquis et les sentiers de montagne, est toujours une surprise pour les yeux et un sujet de découverte.

 

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